MYÉLITE AIGUË CENTRALE GÉNÉRALISÉ R
rég-ions centrales de la moelle épinière, la substance grise surtout, et tend à envahir une grande partie de la hauteur du -cordon nerveux, de telle sorte que, par exemple, la région -dorsale et la région lombaire seront atteintes simultanément dans toute leur longueur. Dans la substance grise, elle intéresse les cornes grises antérieures et, par^ conséquent, les cellules motrices, mais elle ne s'y limite point, et elle attaque ^ussi bien les cornes grises postérieures et les commissures. Enfin, elle se répand toujours, en outre, çà et là, d'une façon inégale, sur les divers faisceaux blancs.
Le début s'opère souvent brusquement, et il peut être marqué comme dans la paralysie infantile, par un appareil iébrile plus ou moins intense. Si l'on compare, d'ailleurs, les deux affections sous le rapport des symptômes locaux, on remarquera que plusieurs leur sont communs. D'autres -n'appartiennent qu'à la myélite aiguë diffuse. Les symptômes communs sont : la paralysie motrice avec flaccidité complète, .amoindrissement hâtif de la contractilité faradique reconnue dans plusieurs observations de myélite dès la première semaine et enfin, l'atrophie des muscles rapidement développée. La théorie indique qu'ils dépendent de l'altération -des cornes grises antérieures. Par contre, les symptômes nouveaux surajoutés, n'appartenant qu'à la myélite diffuse, révèlent la participation des autres régions de la moelle. Ce .sont des altérations plus ou moins marquées de la sensibilité et particulièrement une anesthésie cutanée plus ou moins profonde des membres paralysés, la paralysie de la vessie et du.rectum, l'émission d'urines alcalines, purulentes, enfin la formation d'escarres non seulement à la région sacrée mais -encore sur tous les points des membres paralysés soumis à une pression un peu prolongée.
1. Obseuvations de M..Mannkopf. - AmtUch. Bericht ilher die Versamluna .Ucutscher JS alurforscher imd Acrztt zu Hannover, p. L'yl, 186G
CiiAKCOT. Œuvres complètes, t. II
210 KÉMATOMYÉLIE
Ces escarres, qui, comme les autres phénomènes précédemment cités, font absolument défaut dans la paralysie infantile, sont, au contraire, un fait vulgaire dans la myélite aiguë généralisée. On sait qu'elles s'y produisent souvent avec une rapidité singulière, 4, 6, 10 jours après le début des premiers accidents et qu'elles contribuent puissamment à déterminer l'issue fatale.
Jj'hématomyélie, ou, en d'autres termes, VJiémorragle intra-spinale, se prête à des considérations semblables. Dans nombre de circonstances, son histoire symptomatique se confond, en effet, pour ainsi dire sur tous les points, avec celles de la myélite aiguë généralisée-, ainsi, pour ne parler que de la contractilité faradique, on l'a vue disparaître dès le quatorzième \ dès le neuvième jour-, et il est fréquent, d'un autre côté, que de vastes escarres se déclarent rapidement au siège. L'hémorragie intra-spinale, ainsi que M. Hayem^ et moi-même* nous nous sommes efforcés de l'établir, ne serait d'ailleurs qu'une sorte d'épiphénomène de la myélite aiguë centrale. Il paraît certain que, à peu près toujours, l'épanchement de sang se forme là, au sein de parties préalablement modifiées dans leur texture par le fait de l'inflammation.
Les lésions traumatiques de la moelle épinière, qu'elles résultent d'une fracture de la colonne vertébrale ou d'une plaie par instrument tranchant, peuvent, elles aussi, déterminer l'amyotrophie aiguë avec tous ses accompagnements, en un mot, la formation d'escarres à développement rapide. Les altérations spinales, dans ces cas de traumatisme, sont, à l'origine du moins, celles de la myélite aiguë transverse,
1. Observations de Levier. — Baitrag sur Pathologie des Miickemnarks Ajpoplexîe. Inaug. Dis. Bem. 1864.
2. Observations de Duriau. — Union médicale, 1859, 1. 1, p. 308.
3. Hayem. — Des hémorragies intra-rachidiennes, 1872, p. 133.