Charcot. — Leçons de la Salpêtrière
LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA MOELLE ÉPINIÈUE 211
c'est-à-dire qu'il s'agit de lésions inflammatoires qui, intéressant à la fois l'axé gris et les faisceaux blancs, n'occupent cependant qu'une petite étendue de la hauteur de la moelle. Mais souvent elles se propagent très rapidement au-dessous du point primitivement affecté, jusquà l'extrémité du renflement lombaire, par exemple, si la lésion a porté sur un point de la région dorsale-, la propagation en question se fait dans les faisceaux blancs, suivant une loi bien connue, le long des faisceaux latéraux tandis que, dans la substance grise, ce sont les colonnes formées par les cornes antérieures qui sont envahies. Cette extension descendante des lésions spinales transverses, dans les cornes grises antérieures, n'est pas une simple vue de l'esprit; je l'ai tout récemment reconnue nettement à l'examen de pièces provenant d'un cas de myélite aiguë transverse sur lequel je reviendrai. Elle seule permet de comprendre, — je l'ai déjà fait remarquer ailleurs^, — comment une lésion spinale, en apparence limitée à un point circonscrit de la région dorsale, peut déterminer dans les membres inférieurs paralysés du mouvement, l'atrophie aiguë des muscles, et en un mot tous les phénomènes, qui, ainsi que le montre l'analyse physiologique de la paralysie infantile, relèvent de l'atrophie aiguë des cellules nerveuses motrices.
1. Cliarcot. — Leçons sur les vialadies du système nerveux, t. I, p. 6î5, note 1.