NATURE DES LÉSIONS MUSCULAIUES
dans l'acide acétique en même temps qu'elles résistent à l'étheri. (
Vint ensuite M. Virchow qui réclama en faveur de la d^'g-énération graisseuse et renchérit même sur les opinions déjà émises, en annonçant ce fait, fort exact, d'ailleurs, que la graisse ne prend pas naissance seulement au sein du faisceau musculaire, mais qu'elle envahit aussi parfois le tissu conjonctif interstitiel ou. péi^îmysium.
Il est facile de reconnaître aujourd'hui que, dans ce débat, on avait laissé passer à peu près inaperçu le fait essentiel. En effet, dans l'amyotrophie progressive spinale, comme dans l'atrophie infantile, la dégénération granulo-protéique, de même que la dégénération granulo-graisseuse des faisceaux musculaires, n'est qu'un pJiênomhie accessoire. C'est ce que prouvent les observations de M. Hayem et les observations multipliées que nous avons pu faire à la Salpêtrière.
Le fait capital, dans l'espèce, c'est une atrophie simple du faisceau musculaire avec conservation de la striation en travers. Celle-ci persiste jusqu'aux dernières limites. Cette amyotrophie, sur quelques points, s'accompagne d'ordinaire d'une prolifération plus ou moins marquée des éléments cellulaires du sarcolemme. Dans un certain nombre de faisceaux musculaires, la multiplication peut être poussée assez loin pour que les éléments de formation nouvelle s'accumulent dans la gaine du sarcolemme de manière à la distendre et à refouler la substance musculaire. Celle-ci se segmente alors et prend l'apparence de petits blocs qui conservent toutefois, jusqu'aux dernières phases de l'altération, l'apparence striée.
Pourcequi est des éléments cellulaires nouvellement formés, quelques-uns prennentle développementdecellulesavecproto-
1. Ch. Robin. — Comptes rendus et Mém. de la Soc. de Uologie, 1854, 1). 201.
NATUKE DES LÉSIONS MUSCULAIRES Jàô
plasma, mais c'est le cas le plus rare. La plupart avortent dans leur évolution et tendent à s'atrophier, en même temps que la substance musculaire fragmentée se divise de plus en plus et quelquefois disparaît sans olfrir la moindre trace de dég-énération granulo-g-raisseuse. Toutes ces particularités ont été étudiées avec soin dans le travail de M. Hayem.
Enfin, le périmysium subit, lui aussi, dans une certaine mesure, un travail de prolifération qui constitue une sorte d'esquisse de la cirrhose musculaire. A son tour, la Upomatose interstitielle peut intervenir et aller même jusqu'à la li2Mmatose luxuriante. Ce dernier fait mérite d'être particulièrement mentionné parce que la surcharge graisseuse peut, pendant la vie, rendre méconnaissable l'existence de l'atrophie des masses musculaires et masquer ainsi le principal symptôme de la maladie.
Telles sont. Messieurs, les altérations musculaires dans l'amyotrophie progressive protopathique. Nous allons voir qu'elles n'appartiennent pas en propre a cette forme pathologique et qu'elles se retrouvent avec les mêmes caractères dans les amyotrophies symptomatiques qui, maintenant, doivent nous occuper.