‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 1014 sur 1121 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

CAROLINE, puis EDOUARD, le fusil à la main.

Caroline. Voilà un pauvre garçon, qui, dans ce moment, n'a pas dégoût pour le mariage. (On entend tirer un coup de fusil.) Ah! mon Dieu! qu'est-ce que c'est que cela ?

édouard, encore en dehors. Apporte, apporte; est-il maladroit! (Il entre.) Dieu ! ma marraine! (Il va poser son fusil au fond, auprès de la croisée à gauche.)

Caroline. Oui, Monsieur, c'est moi qui suis très en colère, très-mécontente. Qu'est-ce que cela signifie de me faire des peurs comme celle-là?

édouard, troublé. Je vous demande pardon, ma marraine. Je croyais que vous dormiez encore.

LA MARRAINE

Caroline. Et c'est pour cela que vous venez tirer des coups de fusil jusque dans ce salon?

édouard. J'ai tort, sans contredit. Mais quand on est une fois emporté par l'ardeur de la chasse...

Caroline. Et pourquoi aimez-vous la chasse? Vous savez bien que je ne l'aime pas. Il faut que les hommes soient bien méchants pour faire du mal à de pauvres bêtes qui ne leur font rien. Comme si on ne pouvait pas rester chacun chez soi. Et c'est pour cela que, depuis ce matin, vous avez tout bouleversé dans mon parc; que vous avez abîmé mes plantes, mes arbustes, mes camélias; des fleurs sur lesquelles je comptais pour me parer.

Edouard. 0 ciel !

Caroline. Et sur ce chapitre-là, je ne plaisante pas. Voyons, Monsieur, quand vous resterez là en silence, les yeux baissés, qu'avez-vous à dire ? qu'avez-vous à répondre?

édouard. C'est un grand malheur, ma marraine, que la perte de ces fleurs ; mais vous n'en aviez pas besoin pour être jolie.

Caroline. Une belle excuse !

Air : Si ça t'arrive encore de Romagnési).

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