SCÈNE XVII
Les précédents, D'HÉRISSEL.
d'hérissel, entrant sur les derniers mots de madame de Sainte-Agnès. Eh! mais, qu'entends-je? on se dispute. (A madame de Sainte-Agnès.) De l'émotion, de la colère, vous, Madame !
madame de sainte-agnès. Ah! mon Dieu ! me voilà compromise de toutes les manières.
d'hérissel. J'avais su échapper à votre mari, et j'accourais... (Voyant Anatole qui est près de la table, la tête entre ses mains.) Mais, qu'a donc mon jeune cousin?
anatole. La forcer d'entrer au couvent! quelle indignité!
d'hérissel. Au couvent! eh! qui donc?
anatole. Mademoiselle Irène.
d'hérissel. Il serait possible !
anatole. Oui, mon cousin; exprès pour me tourmenter, pour me rendre malheureux; mais les obstacles augmenteront mon amour, et dès qu'on me la refuse, cela suffit; car je suis obstiné.
d'hérissel. Qu'est-ce que tu dis là? tu l'aimais?
anatole. Oui, sans doute, ça m'est revenu, et plus fort que jamais.
d'hérissel. Eh bien ! mon ami, apprends qu'elle t'aime aussi, elle me l'a avoué.
anatole. Eh! mon Dieu, je le sais bien, et c'est pour cela que Madame veut nous séparer, veut nous désunir, veut l'envoyer au couvent.
d'hérissel. Tu te trompes; déjà, ce matin, Madame m'avait dit qu'elle renoncerait à ces idées-là.
madame de sainte-agnés. J'ai dit, Monsieur, que je verrais, que je consulterais.
d'hérissel. Mais, depuis, j'ai pensé que vous étiez décidée. »
madame de sainte-agnès. Qui a pu vous le faire croire?
d'hérissel. Une lettre que j'ai là, et dont nous pouvons prendre connaissance.
madame de sainte-agnès. Du tout, Monsieur, du tout, ce n'est pas nécessaire; je n'ai jamais prétendu contrarier les inclinations de ma nièce.
d'hérissel. C'est ce que je me suis toujours dit. {Bas, à Anatole.) Laisse-nous, maintenant le reste me regarde.
anatole. Comment, vous croyez...
d'hérissel. Va-t'en, te dis-je, je me charge de tout. (Anatole sort.)