SCÈNE PREMIÈRE
LUCIEN, seul. Je n'ai pas dormi de la nuit... je ne sais à quelle idée m'arrèter, ni quel parti prendre... il faut que je parle à Raymond... car, enfin, rien n'est encore terminé!., excepté madame de Guiberlet son mari, personne ici ne sait que ce contrat doit se signer aujourd'hui... Personne ne me connaît pour le prétendu; de ce côté, du moins, j'échapperai aux railleries et au ridicule... Mais sur les propos de ce garçon de bains et de ce Coquenet, le type des badauds de province... renoncer à celle que j'aime, à un mariage avantageux, sans raisons, sans motifs... sans preuves!.. Il est vrai que j'ose à peine interroger... tant j'ai peur qu'ils ne devinent tous l'intérêt que je porte à Cécile... Mais enfin, des preuves... personne n'en donne... il n'y en a pas... et cependant, cela se dit, cela se répète, et... tout à l'heure encore... là... dans ce salon, n'ai-je pas entendu, près de moi, les suppositions les plus extravagantes, sur Cécile, sur
LA CALOMNIE
RI
Raymond. Appuie-loi aur ce bras. — Acle 3, scène 14,
sa famille, sur tout ce qui l'entoure... etune fois que je serai marié, ils ne m'épargneront pas... bien plus, ils diront que je n'ignorais rien... ce Coquenet l'attestera... lui, qui est venu hier tout me raconter, à moi-même !.. Jesavais tout. .. et j'ai passéoutre, parce que Cécile est riche, de haute naissance... pupille du ministre... Ils le diront... je les entends déjà croasser de tous côtés autour de moi.. . J'en ai le frisson. .. j'en ai la fièvre !.. Allons, consultons Raymond, lui seul peut me donner un bon conseil... C'est lui!., quelle contrariété! il est avec sa soeur.