SCÈNE VII
Les précédents, AMBROISE.
henri. Que demande Ambroise?
ambroise. M. le comte de Halzbourg n'est pas ici?
henri. Que lui veux-tu?
ambroise. C'est que le notaire qu'il a envoyé chercher en grande hâte vient d'arriver. 11 est là...
valérie. Un notaire! el pourquoi?
ambroise. Vous ne le devinez pas? Ce n'est déjà plus un secret dans notre petite ville. C'est tout naturel, un si beau parti !
henri. C'est cela même. Déjà le contrat de mariage! 11 ne doute de rien, et veut terminer à l'instant.
Valérie, à Ambroise. Quoi! c'est pour cette raison qu'il a fait demander un notaire?
ambroise. Ah! mon Dieu! il m'avait défendu d'en parler. Mais à vousdeux qui êtes les amis de la maison, on peut tout dire, il n'y a pas de risque. Et M. lé notaire qui attend. (Ilsort.)
henri. C'est évident. Ils s'entendaient ensemble. Madame de Blumfeld elle-même ne cherchait qu'un prétexte pour oi'abuser, pour m'éloigner. Mais je ne le souffrirai pas. Je cours trouver le comte de Halzbourg...
vAi.ERiK. 0 ciel! perdre Caroline! la compromettre! Henri, en avez-vous le droit?
henri. Non. — Aussi, ce n'est pas pour elle, — mais pour vous dont je dois être l'appui, le défenseur; je nie reprocherais toute nia vie de vous avoir laissé outrager ainsi, et bien certainement je ne le souffrirai pas.
Valérie. Ah! peu m'importe à présent! Qu'ils me laissent tous deux! qu'ils s'éloignent! Je n'aime plus rien au monde; rien que la nuit qui m'environne et qui me sépare d'eux tous. Moi, recouvrer la lumière! Jamais, jamais! Ve-
nez, venez, Henri! vous, du moins, ne m'abandonnez pas! (Ils sortent.)