SCÈNE
Les précédents, HENRI, quis'avance lentement du fond.
Caroline. Lorsqu'un instant après je rencontre au jardin le comte de Halzbourg; il causait avec le notaire. Il m'aperçoit, s'interrompt, et s'approchant de moi avec un air, une expression que je ne puis te rendre, il me supplie de lui accorder, dans un instant, un entretien particulier ici, dans ce salon.
henri, s' avançant. Comment? un tète-à-tète!
Caroline, souriant en l'apercevant. Ah! vous étiez là?
henri. Oui, Madame; j'arrivais, et j'ai entendu «dans ce salon. » Est-ce pour cela que vous venez de vous y rendre?
Caroline. Eh mais, sans doute.
valérie. Quoi, vous avez consenti?..
Caroline. 11 faut bien l'entendre pour savoir ce qu'il veut.
henri, très-ému. Je le saurai avant vous, Madame, car c'est moi qui me charge de le recevoir.
Caroline. Eh mon Dieu oui, l'aire une scène ! Je déclare, Monsieur, que s'il y a entre vous la moindre explication, je me rétracte, je n'ai rien promis...
henri. Mais enfin, Madame, c'est un rendez-vous...
Caroline. Oui, Monsieur, que je lui ai accordé... pour le congédier; car je ne sais comment moi, qui suis la moins coquette des femmes, je me trouve ainsi entre deux adorateurs. (Remontant le. théâtre A droite.) N'est-ce pas lui? [Elle regarde avec crainte par la porte du fond.)
HENui, à voix basse, s'approchant de Valérie. Eh bien?
VALÉRIE. 297
Valérie. 0 mon Dieu! je te rends grâce. — Acte 3, scène
valérie, de même. Je ne puis le croire encore, et à moins que je ne rentendelui-mème... Dites-moi, Henri, est-ce mal que decouter ?
henri, vivement. En pareil cas, c'est V action la plus louable, la plus légitime.
Caroline, à Valérie et à Henri. 11 vient; laissez-nous.
valérie, bas. Conduisez-moi vers ce cabinet qui doit être... là à gauche. [Arrivée près du cabinet, elle s'arrête, et dit à Henri.) Venez -vous?
henri. Qui, moi? [Montrant Caroline.) La confiance... le respect... Mais écoutez pour nous deux, et ne perdez pas un mot. [Valérie sort par le cabinet à droite du spectateur, Henri par le fond.)