SCÈNE XII
tour, une table couverte Je papiers; du côté opposé, une autre petite table et deux chaises.
ZAMBARO, LIONEL, ARTHUR, Officiers américains, en uniforme,
lionel. Venez, mes amis. (Au fond.) ferrai z les portes, poussez les volets, et que plusieurs des noires veillent autour de la maison. (Les rassemblant autour de lui.) Grâce au ciel, le moment est arrivé, et tout semble favoriser nos desseins. (Présentant Zambaro.) Le voici ce généreux Français. A la tète d'une jeunesse avide de combats et de gloire, il n'a pis bésilé à baverser les mers pour partager nos dangers; monlronr.nous dignes d'un si noble i fit rôt; plus de délais, brisons nos fers.
tous, avec élan. Nous sommes prêts.
zambaro. Trop heureux de verser mon sang pour une si noble cause !
uosEL, rapidement. Ne p, rions pas un instant. Tandis que nous allons arrêter nos dernières dispo sitions, (A un officier.) vous, qu'à cinq beure; le fanal de Be.icon-Hill -soit allumé ; c'est le signal convenu pour appeler â nous tout le Connectieut et les villages voisins.
zambaro, .sur le devant à droite, à part. Le fanâb
lionel, à deux autres. Smith et Andrews, courez à Lexington, ras-cmblez les milices provinciales...
zambaro, à part. Lexingion.
lionel. Qu'elles marchent toute la nuit. (A Zambaro.) Baron, vos hommes sont prè'S à débarquer, je vais vous indiquer le point le plus favorable. (A Artkur.) Vous, Arlhur, pendant que j'irai visiter les postes, vous m'attendrez dans mon appartement ; j'ai à vous donner quelques instructions, une lettre (A voix basse.) pour nia mère, si je succombe. [A haute voix.) A sept heures, Messieurs, l'attaque générale.
zambaro, à part. A cinq ils seront tous pris.
Lionel, avec orgueil, Et demain...
tous, avec enthousiasmé . Liberté!
lionel, à Bathilde qui entre en ce moment. Ab ! Madame, vousèieslà, partagez" irotrê joie; ce jour est le plus beau de ma vie.
bathilde, d'une voix tremblante. Colonel, mes vœux vous suivront partout.
lionel, la regardant. Ah! Madame! aujourd'hui mes instants sont comptés; ils appartiennent tous à mon pays; mais demain, demain, peut-être, il me sera permis de penser à moi.
bathilde, à fart, cl douloureusement. Demain ! (Des valets traversent le théâtre, et portent dans la pièce voisine des plateaux avec du punch et des verres.)
lionel. Mes amis, voici de quoi porter notre toast chéri à la liberté de l'Amérique!
ARTiiun. A la mort de ses oppresseurs !
lionel, aux officiers. Entrez. (A Bathilde.) Madame, soyez notre ange protecteur, priez pour noas, le ciel vous exaucera.
13ATHILDE, à part. Prier pour lui ! et nous l'avons livré! (Elle entre, dans la cliambre à droite en se cachant la tête dans ses mains, tandis que Zambaro, Arthur et les officiers suivent Lionel du côté opposé.)