‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 844 sur 1121 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GUSTAVE, seul. Ah! elle me défie! elle se moque de moi! Une petite provinciale qui ne doit sa tranquillité qu'à ma bonté d'âme et à ma clémence; car, jusqu'à présent, je n'ai pas fait attention à elle, etfran- I chement j'ignore pourquoi je l'ai épargnée; car, maintenant que j'y pense, elle n'est vraiment pas mal. De la tournure, une physionomie expressive et de la fierté! Ah! nous verrons; oui, morbleu, nous verrons. Seulement, comme le disait mon oncle, j'ai mal commencé. Depuis trois jours, n::m'ètre pas occupe d'e le, et tout à l'heure encore, ce déjeuner que j'ai demandé avec tant d'instances...

Air des Amazones.

C'est une faute, on doit aux yeux des belles Paraître toujours assidu; En amour, il faut auprès d'elles, Souvent placer à fonds perdu :

Oui, par une prudence extrême,

Et dût-on ne rien éprouver, Il faut toujours leur dire qu'on les aime; On ne sait pas ce qui peut arriver.

Maintenant pour bien faire, il faudrait refuser ce déjeuner. Oui, mais le moyen. Ah ! j'ai le repas du chasseur, le morceau de pain solitaire. (Le mangeant avidement.) Allons, allons, résignons-nous; en temps de j guerre, il ne faut pas être si difficile, et voilà les hostilités qui commencent. D'ailleurs, j'avais besoin de cela. (Parlant la bouche pleine.) On ne peut pas chas- j ser toute la journée, et ce sera une distraction séden- j taire.

agathe, en dehors. C'est bien, c'est bien .

gustave. La voici, attention. (// met dans sa poche le reste du morceau de pain, s'essuie la bouche avec la main, s'assied vivement près de la table, et prend un livre qui lui tombe sous la main.)

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