‹ Å’uvres illustrées (volume 2)Chapitre 924 sur 1121 · L.V LUNE · texte numérisé non relu

L.V LUNE

poleska, se retournant et le voyant à ses pieds, lui dit d'un ton île reproche. Vous vous trompez, je ne suis point la baronne.

gustave. Que dites-vous?

poleska. Qu'il est des offenses que mon cœur ne peut pardonner : la ruse à laquelle vous aviez eu recours, le rang abject où vous m'aviez fait descendre, j'aurais tout oublié peut-être, mais tout à l'heure, ce nouvel outrage...

Gustave. Il serait possible! la baronne...

poleska. Oui, Monsieur, l'intendant vous a vu ici, il n'y a qu'un instant.

gustave. Grands dieux! (Se reprenant.) Et si lareconnaissance m'avait seule conduit à ses pieds, si sa bonté voulait me préserver des dangers auxquels votre ressentiment m'expose?

poleska. Que voulez-vous dire?

gustave. Qu'en m'aceusant, comme vous l'avez fait, vous avez attiré sur ma tète la juste sévérité des lois; que ce comte de Woronski que l'on attend sera peutêtre inexorable...

poleska. 0 ciel! et c'est moi qui serais cause...

gustave. Non, rassurez-vous, la baronne m'a donné le moyen de m'éloigner, ettouf est prêt pour ma fuite.

poleska. 11 s'éloigne, et je le souffrirais. (Avec abandon.) Nous partirons ensemble.

Gustave. Que dis-tu? réfléchis donc, Poleska, que celui dont tu veux partager les destinées n'est plus le comte de Woronski, qu'il n'a plus de fortune, plus de rang à t'offrir.

poleska. N'importe!

gustave. Tu oublierais tes idées de grandeur et d'ambition ! tu ne penserais plus à cette opulence dont tu étais si fière !

poleska. Je ne dis pas, peut-être encore quelquefois, mais ce sera la nuit, dans mes rêves.

gustave. Oui, mais au réveil?

poleska. Au réveil, je serai près de toi.

GUSTAVE

Air : Dis-moi) mon vieux.

Qu'entends-je, ô ciel! et devais-je m 'attendre

A tant de générosité?

Dans un moment, peut-être, ou va te rendre

Et tes droits et ta liberté.

Tu peux former d'autres nœuds que le nôtre.

POLESKA.

Si j'aime mieux te conserver ma foi ?

GUSTAVE. -

Tu peux trouver le bonheur près d'un autre.

POLESKA.

Si j'aime mieux le malheur avec toi?

En lardant plus longtemps, tu exposes tes jours; viens, te dis-je, partons.

ENSEMBLE

Air : Tout nous sourit (du Maçon).

Oui, de ces lieux Fuyons tous deux, Échappons à leurs yeux.

(Ils vont pour sortir.)

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