‹ Å’uvres illustréesChapitre 1123 sur 1154 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

PEPITO, GIANINA, REBECCA, FÉDÉRIC.

gianina. Suivez-moi, Signora... ces corridors-là me connaissent.. je suis de la maison.

féoeric. La nièce du geôlier...

gianina. Hélas! oui... et c’est surtout depuis quo mon oncle vous a pour locataire, que je suis désolée qu’il oit cette vilaine placc-là.

fédéric. Vous êtes bien bonne!.. ( S'adressant à ilebecca qu'il salue avec bonté.) Mademoiselle vient pour voir son père ?

rebecca. troublée. Oui... oui, Monseigneur... gianina. Qu’ils lui ont onlevé '.(lias, à Fédéric.) Heureusement que tout va mal... ça ne peut pas durer... On parle d’émeute... de renversement,.. ( Pepito , qui, depuis le commencement delà seine, est resté immobile à regarder Gianina, laisse tomber en ce moment son trousseau de clés, et sort de sa rêverie.)

gianina, effrayée. Ah! mon Diou !.. est-ce que ça commence?

pepito. C'est moi... qui étais là à vous regarder, que j’en oubliais... mes clés et mes prisonniers. fédéric, à Pepito. Rassure-toi... je rentre. rebecca, vivement, Déjà... I Elle s’arrête et baisse les yeux.)

FÉüEnic. Adieu, Mademoiselle. Croyez, quel que soit mon sort, que votre père et vous, avez en moi un véritable ami.

rebecca, troublée et le suivant des yeux. Oui... oui, Monseigneur...

pepito, refermant la porte de la chambre n° 1, où vient d’entrer Fédéric. Ah! et le permis de Mademoiselle? (Il laisse à la serrure son trousseau de clés, et va à Rebecca, qui tire de sa poche un papier et le présente à Pepito, sans cesser de regarder la porte n° \ .)

pepito. Je vais le faire viser... je le rapporte, et vous conduis près de votre père. (Il fait quelques pas pour sortir.) Et mon trousseau que j’oubliais ! (Il va reprendre son trousseau de clés à la porte de la prison de Fédéric.)

gianina. Qu’est-ce qu’il fait? qu’est-ce qu’il fait?.. pepito. Tenez, Gianina, vous ne devriez jamais vous présenter à moi quand je suis dans l’exercice de mes fonctions... aujourd’hui surtout que je commande en chef... Ça me trouble... je ne sais plus ce que je fais!

Air : Je voulais bien. (Fra Diavolo.)

Je suis plus malheureux que ceux Que je tiens ici sous ma chaîne!

Leur peine est moindre que la mienne Je suis pris et pincé mieux qu’eux!

J’suis amoureux! j’suis amoureux!

Oui, je le suis de telle sorte.

Que quelquefois j’ouvre la porte Au lieu de la fermer sur eux!

Qu’ les prisonniers sont donc heureux Quand les geôliers sont amoureux !

Que les prisonniers sont heureux Quand les geôliers sont amoureux!..

(On entend du bruit du côté du corridor à gauche. — Pepito crie :)

J’y vais!

(Se retournant vers Gianina.)

J’ suis amoureux !

(Il s’élance par le corridor à gauche et disparait.)

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