SCENE III
REBECCA, seule et le regardant sortir. Parti!.. C’est égal!., il m’aime, j’en suis sûre; mais il y a quelque chose qu’il voulait m’avouer... et ii n’osait pas! C’est | comme moi!., je n’ai jamais pu lui dire que je l’aimais j de toute mon àme, que je l’avais toujours aimé!.. Ça allait venir quand il s’en est allé!.. Pourquoi s’en est-il allé?., et aussi brusquement?., sans même achever ce rapport... ce travail si important!.. (S'approchant de la table.) Si je regardais où il en est resté!., rien que pour voir! ( S’arrêtant .) Oh! non... c’est un secret d’Etat... et je lui ai dit que je n’étais pas curieuse... ( S’approchant de la table en détournant la tête et emportant le rouet.) C’est vrai... je ne suis pas du tout curieuse... Qui vient là?.. Ah ! mon Dieu! il est jour depuis longtemps.
REBECCA, UN LAQUAIS, en grande livrée.
(Le laquais s’approche de la table où brûlent encore les bougies , il les éteint, les emporte, et, en se retournant, aperçoit Rebecca.) le laquais, auec étonnement. Madame la marquise! (.4 part, avec malice.) Déjà levée! et déjà dans son boudoir... je ne m'y attendais pas! (Haut.) Je viens prendre les ordres de Madame...
rebecca. Je n’en ai pas à donner... Prenez ceux de Monsieur...
le laquais. Une jeune fille demandait à parler à Ma
REBECGA
dame... j’ai dit que Madame n’était pas visible et ne recevait pas de si bon matin.
«edecca. Eh! pourquoi donc?., quel est son nom? le laquais. Gianina!..
rebecca, à part. Quel bonheur!
le laquais. Gianina Pepito.
rebecca. Pepito?... Comment!., est-ee qu’elle aussi serait mariée?.. Qu’elle entre! qu’elle entre... ( Le laquais va à la porte et fait signe à Gianina d’entrer... Rebecca court au devant d'elle.) C’est donc toi... te voilà !
gianina. Oui, madame la marquise.
rebecca. Ah! marquise, pas pour toi! (Au laquais, d’un air poli.) Laissez-nous, Monsieur, je vous prie.
gianina, de même. Oui... si ça ne vous gène pas. . ça nous fera plaisir. (Le laquais s’incline et sort.)