‹ Å’uvres illustréesChapitre 182 sur 1154 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

BETTY, STROUNN, CARILL, VICTOR, Habillé en courrier il a de larges favoris et est couvert d’an manteau qu’il dépose en entrant.

strounn. Par ici! par ici! monsieur le messager. Victor. Ouf! je n'en peux plus; je suis bien en retard; l’ai cru que je n’arriverais jamais; je me suis perdu dans

vos montagnes... (A part.) Maudit pays, pour mener une intrigue!

strounn. Oh! l’accès du château n’est pas facile.

Victor, s'essuyant lo front. A qui le dites-vous? strounn. Surtout quand on vient pour la première fois, car je ne vous al pas encoro vu.

Victor, Non, ce n’est pas moi qui d’ordinaire porte les messages de Milord; c’est Jakmann, son coureur. carill. Oui, M. Jakmann, un poltron.

krounn. Qui est déjà venu une fois.

Victor. Et qui n’y reviendra pas une seconde, parce qu’il parait que dans la dernière expédition dont on l’avait chargé, il a rencontré deux pillards, qui, le pistolet sur la gorge, lui ont pris ses dépêches; ce qui lui a fait plus do peur que do mal ; et depuis ce temps, c’est moi qui ai pris sa place. ( Lui donnant une lettre.) Voilà co que Milord mon maître m’a ordonné de vous remettre. strounn. C’est bien... y a-t-il réponse?

Victor. Je l’ignore : lise».

strounn, lisant de manière à ce que Victor seul l’entende. « Brave et honnête concierge, c’est aujourd'hui à a minuit quo je me marie, ot que tu auras la récompense u promise. » (S’ Interrompant.) Neuf heures viennent de souner, ainsi ça no sera pas long. (Continuant ) « Afin « que tout soit prêt pour la cérémonie, envoie sur-le- « champ à l’abbaye de Salnt-Dunstan ; car, d’après le lesa taraont do mon oncle, c'est dans cette chapelle, et non u loin de l’endroit où ses cendres reposent, qu’il veut que « ce mariage soit célébré. » (S'interrompant.) A Saint- Dunstan; un quart de lieue d’ici, on y enverra. (Continuant.) « Prépare en outre, au château, un excellent souo per; » ça, J’y al déjà songé « car j’attends cette nuit « une vingtaine d’amis Intimes que j’ai invités au ban- « quet de mes noces. Qu’ils soient reçus dans le château a de Butland avec tout l'appareil et le cérémonial des an- « clens seigneurs Irlandais. Que tous nos vassaux soient | k on costume, et que les ménestrels du pays entonnent o au dessort lo chant nuptial. » Des mônestiels! je ne I connais dans lo cauton quo Tom et Cuddy, deux ivrognes, i dos chanteurs excellents, à la voix près. Carill , cours à | la ohaumièro, et amène-les ici, au château, dans leur ancien costume.

betty. Comment ! vous voulez qu’à une pareille heure, ce pauvre Carill...

VICTOR. Mam’sellc Betty s’y intéresse. (A part.) C’est bon à savoir.

strounn, à Carill. Eh bien ! tu n’es pas parti?

CARILL. Si vraiment, j’y cours. (Il sort.)

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