‹ Å’uvres illustréesChapitre 251 sur 1154 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

DARMENTIÈRES, puis DELAROCHE.

darmentières. Pauvre garçon ! il ne se doute pas de ce qu’il va y rencontrer; et alors, émotion, explication, déclaration, cela les regarde; là finissent les droits de la Faculté... Ah! voilà mon autre malade. (A Delaroche qui entre.) Eh bien! comment nous trouvons-nous? delaroche. Ah! docteur, ah ! mon cher ami !.. darmentières. Je savais bien que je vous forcerais à me donner ce nom ; et tantôt cependant, si je vous avais laissé faire, vous me mettiez à la porte, vous refusiez mes prescriptions qui ne vous ont pas trop mal réussi. Le teint est meilleur, la poitrine moins oppressée.

delaroche. Oui, je respire, et me voilà, grâce à vous, délivré d’un grand poids pour aujourd’hui; mais après-demain... mais dans quelques jours...

darmentières. Ce que nous appelons des rechutes; ce qui est souvent plus terrible. Il faut alors, en médecin habile, couper le mal dans sa racine.

delaroche. Et le moyen?

darmentières. N’avez-vous pas confiance en moi? et si, dès ce soir, en suivant ma nouvelle ordonnance, vous trouviez le moyen de faire face à vos engagements et de rétablir vos affaires ; s’il vous arrivait cent, deux cent mille francs, ce que vous voudrez.

delaroche. Vous riez de moi.

Darmentières. La Faculté ne rit jamais, Monsieur. delaroche. Etcommentuntelmiracle pourrait-il se faire? darmentières. Par un seul mot de vous! en disant : Oui, à un de mes malades, à un jeune homme bien portant, riche, aimable, qui aime votre fille, qui en est aimé, et qui vous la demande en mariage.

delaroche, hors de lui. Vous ne m’abusez pas? Ma fille, ma chère enfant... Ce mariage... vous en êtes sùr?..

darmentières. Je le crois bien! c’est moi qui l’ai prescrit; et, s’il y avait une justice, la mariée me devrait quelque chose pour mes honoraires.

delaroche. Je ne sais si je veille, et je n’y puis croire* darmentières. Tenez, tenez, voilà votre fille qui va vous donner de bonnes nouvelles.

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