‹ Å’uvres illustréesChapitre 358 sur 1154 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LE PRINCE DE NEUBOURG, LINSBERG, à la table, écrivant, WILHEM, entrant par une des portes du fond et tenant une corbeille de fleurs.

le prince. Ah ! c’est toi, Wilhem ; attends-moi. ( Allant à Linsberg.) Allez toujours, je suis à vous; surtout rien de langoureux, parce que ce 11’est pas mon genre.

m. de linsberg. J’aimerais mieux que votre altesse daignât me dicter.

le prince. Non : j’ai beaucoup plus de confiance dans vos talents que dans les miens. J’oubliais de vous dire que la princesse m’avait demandé ce matin un moment d’entretien.

m. DE linsberg. Oui, je le sais.

le prince. Vous pouvez lui rappeler cela. ( A Wilhem.) j Eh bien! mon garçon, mes ordres sont-ils exécutés?

■wilhem. Vous le voyez, Monseigneur; et certainement | des bouquets comme ceux-là dans cette saison, il y a de I quoi faire de l’honneur à un jardinier.

1 le prince. C’est toi qui es celui du château?

wilhem. Nou, Monseigneur, je ne suis encore que sous- | jardinier, et je venons demander à votre altesse s’il n’y a

| pas moyen de supplanter sti-là qui est en chef et de me

mettre à sa place.

le prince. Ah! tu as de l’ambition?

wilhem. Oh! une ambition d’enragé! ça, je peux ben m’en vanter; j’en ai comme un chambellan ; v’ià pas plus de quinze jours que maître Pierre m’a fait entrer dans les potagers de son altesse, et je voudrais déjà me pousser dans les jardins d’agrément, les cascades, les labyrinthes, parce qu’il n’y a que cela pour arriver.

le prince. Oui, je vois que tu es pour les chemins tor •

M. DE LINSBERG.

Cet heureux artifice Peut réussir, je croi.

O fortune propice !

Protége-moi !

wilhem, au prince.

Pour que je réussisse

Il m’ faut d’ l’appui, je croi.

Ah! soyez-moi propice,

Protégez-moü

LE PRINCE

Ce galant artifice Lui plaira, je le croi.

Amour, sois-moi propice,

Protége-moi !

(Après cet ensemble, M. de Linsberg déchire la lettre qu’il vient de faire, et écrit à la hâte quelques lignes sur une feuille de papier qu'il ploie, et à laquelle il met un pain à cacheter.)

le prince, à Wilhem.

Eh bien ! sans déplacer personne,

Je veux, Wilhem, te rendre heureux.

WILHEM

Si c’est possibl’ ! J’ai l’àme bonne,

Et je ne demande pas mieux.

Aussi c’est sur vous que je compte ;

Parlez, disposez d' mes talents.

(j$f. de Linsberg s'approche, et remet la lettre au prince.) le prince.

C’est merveille. Mon cher comte.

Recevez mes remereiments.

ENSEMBLE

M. DE linsberg, avant de sortir et regardant toujours la lettre.

Cet heureux artifice Peut réussir, je croi.

O fortune propice,

Protége-moi!

WILHEM

Pour que je réussisse

Il m’ faut d’ l’appui, je croi.

Ah! soyez -moi propice,

Protégez-moi!

LE PRINCE

Ce galant artifice Lui plaira, je le croi.

Amour, sois-moi propice,

Protégc-moi !

(Linsberg sort par le fond.)

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