‹ Å’uvres illustréesChapitre 480 sur 1154 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

LEICESTER, AMY, RALEIGH, paraissant dans le fond.

amy. Quelqu’un vient vers nous.

leicester, mettant la main sur son épée. Qui ose nous surprendre?

amy. Que vois-je! Walter Raleigh!

leicester, à part, avec colère. Raleigh! (Se retournant froidement.) Ma présence en ces lieux doit étonner sir Raleigh ; il ne s’attendait pas sans doute à m’y trouver RALEIGH. Au contraire, Milord, je venais vous y chercher! leicester. C est être fort habile que d’avoir deviné que la nuit et le mauvais temps me forceraient de demander ici un asile.

raleigh. Non, Milord, vous n’êtes point homme à vous arrêter en chemin pour si peu de chose; un hasard; dont moi seul ai connaissance, m’avait fait soupçonner que votre seigneurie devait être ici; (Regardant Amy.) et quelque pénible que lût pour moi une certaine rencontre* en rival dédaigné, mais généreux, j’ai faittairemon amour! propre pour ne songer qu’à vos intérêts et aux dan°-ers qui vous menacent; dans quelques heures la reine sera dans ces lieux.

leicester. Elisabeth?

raleigh. Elle-même! elle doit demain se rendre avec toute sa cour à Kenilworth, ce superbe château qu’elle a donné au comte de Leicester; mais c’est peu de faire un tel honneur à son favori, elle a voulu y joindre le plaisir de la surprise ; l’auberge que j’habitais est déjà remplie des officiers de sa maison ; un de ces messieurs, qui a daigné me reconnaître, m’a mis au fait de l’itinéraire royal Comme on a beaucoup vanté à Sa Majesté les ruines et les environs de la vieille abbaye de Cumnor, elle doit demain matin s’y arrêter pour déjeuner.

amy. Il serait vrai! la reine vient déjeuner ici' leicester, l’interrompant. C’est bien, c’est bien- je

LE1CESTER.

vous remercie de l’avis important que vous venez do medonner, et j’en profiterai. Amy, je vous rejoins a 1 instant, dés que j’aurai causé avec Raleigh sur le parti qu il faut prendre.

amy. Quoi! vous voulez lui confier?.

leicester. 11 en sait trop pour lui rien cacher ; d’ailleurs, de tous mes partisans, Ralcigli m’est le plus dévoué, et quoiqu’il me doive tout, je crois qu’au jour de la disgrâce je pourrais compter sur lui.

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