‹ Å’uvres illustréesChapitre 507 sur 1154 · C.OYERLY · texte numérisé non relu

C.OYERLY

Le prince admirait scs appas!

MISS RÉGINALD

Mais leur est-il toujours fidèle?

SUNDERLAND

La gazette n’en parie pas.

Non... elle n’en parlo pas.

Mais ce que je vois do certain, c’eàt qu’ils s’amusent it la cour... ils s’amusent sans nous !

coverly. Le roi Jacques si près de ce château 1 Par saintGeorge ! si son mauvais génie pouvait l’y amener ! . .

miss réginald. Il n’aura garde... Quelle différence d’avec feu son auguste frère, S. M. Charles II, qui ne faisait pas un voyage dans le Cumberland sans s’arrêter dans ce château!.. Mais aussi, quelle galanterie! que d’exploits brillants!., on lui a connu au moins deux cents maîtresses. ( Baissant les yeux. ) Sans compter celles qu’on ne connaissait pas.

sunderland. Et sous son règne, quels bals ! quelles fêtes! quels banquets! c’était là un souverain!., un cœur... et un estomac vraiment royal !.. Mais sous ce nouveau règne, on ne sait pas vivre.

miss réginald. On supprime toutes les places de la cour.

coverly. Ou renvoie tous les gens de tète et de mérite.

sunderland. On nous destitue, on nous exile dans nos terres; moi, ancien maître des cérémonies! coverly. Moi, ancien soldat parlementaire! miss réginald. Moi , ancienne demoiselle d’honneur !

sunderland. Cela ne peut pas aller ainsi. coverly. Cela ne peut pas durer.

Miss réginald. Il nous faut un autre roi. (Ils se lèvent. Lord Sunderland enlève la table, et la place sur le côté à gauche.)

coverly. A quoi bon? celui-là ou un autre, ce sera toujours la même chose, il y aura toujours des gens plus riches que moi; car je n’ai pasunschclling! Parlez-moi du lord Protecteur, de feu Cromwell...

Air du vaudeville de l’Ecu de six francs.

Il n’était pas très-monarchique ;

Mais quoi honnête homme !

miss réginald.

Allez-vous

Nous vanter ce temps anarchique ?

COVERLY.

C’était là le bon temps pour nôlïs,

Oui, c’était le bon temps pour nous!

Car les plus riches à la ronde

Etaient ceux qu’on voyait sans bien,..

Avec ma bonne épée, j’étais reçu et choyé partout; voire beau château de Sunderland m’aurait convenu, je m’y installais, et vous aviez la bonté de vous en aller en criant : Vive Cromwell!., et chapeau bas, encore; sinon, je faisais sauter le chapeau, et souvent la tète avec. On était heureux alors! on était libre!

miss réginald, à part. Dieu ! que ces gcns-là ont mauvais tort !

coverly. Maintenant, des shériffs, des constables, des lois, tout l’attirail de la tyrannie. Pauvre Angleterre ! où en es-tu réduite !

miss réginald, mystérieusement. Cela changera peutêtre bientôt.

coverly. Vous croyez?

miss réginald. Je l’espère; et comme on peut se confier à vous, comme vous êtes un homme de cœur...

sunderland. Dont nous avons peut-être besoin, je vous ai invité à venir prendre le punch, ce soir, avec nous.

coverly. Comme vous voudrez, mon voisin ; je ne refuse jamais. Vous êtes riches, vous autres, et nous ne le sommes pas, c’est notre part que vous avez ; alors les dîners que vous me donnez souvent, l’argent que vous me prêtez quelquefois, j’accepte sans façon, parce que cela tend à rétablir l’équilibre'... ( Lui tendant la main.) Et l’égalité avant tout : voilà comme je suis. sunderland. Vous ôtes bien honnête.

coverly. Eh bien ! vous disiez donc...

sunderland. Que nous passons Ici, entre amis, notre temps à conspirer.

coverly. Ça ne peut pas nuire.

miss réginald. Et cela occupe. (On frappe en dehors, à la porte du fond.

'sunderland. Ah ! mon Dieu ! qui peut frapper ainsi ? miss réginald. Je suis toute tremblante. sunderland. Si c’étaient des émissaires du roi? (On frappe de nouveau.)

houert, en dehors. Ouvrez-moi donc!

miss réginald, allant ouvrir. C’est sir Robert, un des nôtres.

coverly. Le seigneur du château voisin; ce vieil avare puritain que je ne puis souffrir.

sunderland. Ni moi non plus!., nous ne sommes jamais d’accord; mais quand on conspire, ça ne fait rien. (Pendant ce temps, miss Réginald a été ouvrir la porte du fond, et est entré sir Robert, qui l'a saluée.)

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