I.A Marquise, à part. O ciel
galifard. Et qui; content du sort que vous lui faisiez, h 'aurait péht-êiro Tien exigé davantage, sans ce déjeuner* fie cé ni.il'tl 3 qhi, pac u«t attention délicate, devait être moii dShiieF’ repas*
la marquise. Vous pbbrriez supposer?..
galifard, vivement. Mais, aussi habile que vous, j’avais les moyens de rendre nulle votre générosité. Je vous conseille donc à l’avenir de renoncer à me faire des présents, c’est du bien perdu. Comme celte tabatière en or, dont vous m’avez gratifié en sortant de table. (La tirant de sa poche.) Elle contient uumacoubac, terrible peut-être pour tout autre amateur, que Dieu bénisse; mais pour moi tout à fait innocent. Ainsi, vous le voyez, nous pouvons nous dire mutuellement ce que disait l’autre jour le chevalier de Grammontà un joueur aussi adroit que lui : « Nous ue nous ferons rien, payons les cartes. » la marquise. Monsieur! .
galifard. Après cela, yous lêl paierez peut-être un peu clierj’c’est voire faute. Mais Voici mes conditions : vous n’épouserez pas M. de Saint-Rrice.
la marquise. QUe dites -vous?
galifard. Parce que je vous destine un autre parti. la marquise. Quel est-il ?
GALIFARD. Moi.
la marquise. Une telle infamies,.
galifard. Ne doit pas vous étonner. Vous avez Une immense fortune ; je li’ai rien que mes talents, et entré associés...
la marquise. Jamais, jamais'; plutôt mourir. El quand vous connaissez mon amour ; quand voug savez qu’il était le but de toutes mes actions, et le seul espoir de ma vie.. .
galifard, souriant. Oui, cela change un pdu vos plans. (Sévèrement;) Mais il le faut; jè le Veux, Du j’ai là les moyens de vous perdre. (TiMnt son portefeuille ) Ces ordres que vous m’avez donfiês pàV écrit, et dont le sens, quoique détourné, serait aisément Compris Où expliqué; ces lettres de vous quo j’ai gardées...
LA MARQUISE DE BRINVILLIERS. 3
la marquise. Ali! traltfê que tu es ! c’est là ce qui fait ta force. Eh bien! livre-moi, tu le peux, tu en es le maître.
galifard, froidement . A quoi bon? et qu’y gagneraisje? vous me supposez des intentions que je n’ai pas. Je ne demande rien, je vous l’ai dit, qtle ce mariage, secret si vous voulez, qui aura lieu en Italie, en pays étrangeij, |où cela vous conviendra. Mais vous m’appartiendrez, votre fortune du moins. Après Cela, et quoique Italien, je ne suis ni exigeant, ni jaloux; et une fois marié, je ne serai pas ridicule; vous n’aurez à craindre de moi ni infidélité, ni indiscrétion ; et pour encourager Votée confiance, je commencerai, je vous donnerai l'exemple. Je m’en rapporte à votre bonne foi et à votre générosité. ( Lui tendant le portefeuille.) Voici vos lettres.
LA MARQUISE. Est-il pOSSiblê !
galifard. Elles y sont toutes; vous pouvez les examiner à loisir. (Voyant la marquise qui se hâte de Serrer le portefeuille.) Mais pour cela, vous n’en êtes pas moins en mon pouvoir; vous renverrez M. de Saint-Brice; il retournera à Paris, seul et sans vous.
la marquise. M’imposer de telles conditions I galifard. Vous les tiendrez, s’il vous est. cher; car à la moindre infraction à nos traités, je me venge sur lui par les mêmes moyens que vous m’avez enseignés.
la marquise, tremblante et s'appuyant sur un fauteuil. C’est fait de moi!
galifard, l’examinant et avèc joie. Ab! vous l’aimez bien ! car je vous ai fait trembler; je ne me croyais pas tant de pouvoir. Alors, pensez à lui, car le voici.