SCENE V
Les précédents, SAÏNT-BRICE, MADELON.
madelon. La voiture de Madame est à ses ordres. (A Saint-Brice.) Et puisque VOUS partez avec elle... saint-brice. Oui, je suis prêt à l'accompagner. la marquise, cherchant à cacher son trouble. C’est bien... pas encore... tout ij l’heure... je suis à vous.
galifard, bas. Ce n'est pas là ce dont nous sommes convenus.
saint-brice. Auriez-vous différé votre départ? la marquise. Oui, pour quelques instants. ( Galifard tire de sa poche la tabatière d’or et frappe légèrement dessus avant de l’ouvrir ; la marquise voit ce geste.)
la marquise. O Ciel! (A Saint-Brice.) Il faut d’abord que je vous voie, que je vous parle.
saint-brice, vivement. Disposez de moi. (Madelon pendant ce temps, range tout dans V appartement, prend la corbeille qui est sur une chaise , la met sur la table et regarde ce que contient le bouquet , etc.)
la marquise, le regardant avec crainte et tendresse. Oui, je reste auprès de vous; je ne vous quitterai pas. Il le faut, je le dois; je dois veiller sur vous.
galifard, qui a ouvert froidement la tabatière, la présente à Saint-Brice .) Monsieur le comte veut-il me faire l’honneur... (Saint-Brice, sans lui répondre, ôte son gant et se dispose à prendre dans la tabatière. Mais avant que ses doigts y aient touché, la marquise se jette entre lui et Galifard.)
la marquise, vznêntewf. Partez, partez sur-le-champ. saint-brice, étonné. Comment... et ce que vous me disiez tout h l’heure?
la marquise, cherchant à se remettre . Certainement; moi je reste, j’ai des motifs, qui jusqu’à demain me retiennent ici. Mais vous, c’egt différent; vous savez bien, et c’était convenu, qu’il faut vous éloigner à l’instant. Nous nous reverrons plus tard.
galifard, froidement et jouant toujours aveé ta boité. C’est bien!
la MARQutSË. Mais il y va de Ce que j'ai de plus cher ; partez sans moi; je le veux, je l’exige.
SAiiy-SRiCE. J’obéis; mais auparavant...
la marquise. Non, sortez de ces lieux, tout de suite ; je lè demande. Adjeu. ( Saint-Brice s’incline.)
galifard, remettant la tabqtière dans sa poche.) A la bonne heure! (La marquise veut encore se rapprocher de Saint-Brice, mais elle rencontre un regard de Galifard qui la force à s’éloigner.)