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SCENE XL

ALBERT, HENRIETTE, POTTINBERG, LÉONARD, assis dans le fauteuil à gauche; GERTRUDE, debout devant lui, lui parlant bas et l’empêchant de voir ce qui se passe sur le devant du théâtre.

FINALE

pottinberg, portant un gros bouquet.

On. nous attend. Au bal il faut partir!

Henriette, avec joie et vivement.

Au bal!

albert, avec colère.

Au bal!

pottinberg.

Voici l’heure qui sonne.

Et monseigneur le baron, en personne,

A la belle Henriette, ici m’envoie offrir Ce superbe bouquet, le plus beau de sa serre...

gertrude, bas, à Albert.

Prenez bien garde ! il a des desseins !

albert, de même.

Je comprends.

pottinberg, à Henriette, qui admire le bouquet. Fleurs rares ! quand la neige au loin couvre la terre ! albert, bas, à Henriette.

De l’accepter je te défends!

Henriette, prenant le bouquet des mains de Pottinberg. S’il en est ainsi, je le prends!

albert, de même.

En vain tu me braves tout bas,

Car à ce bal tu n’iras pas.

Henriette, à voix basse, mais s'animant peu à peu. J'irai! j’irai!

albert, de même.

Tu n’iras pas !

Henriette, de même.

Moi, je le veux!

albert, de même.

Je ne veux pas!

Henriette, parlant plus haut.

J’irai! j’irai!

Albert, effrayé, et voulant la faire taire.

Tais-toi !

Henriette, de même.

Je ue veux pas plier!

ALBERT

Mais devant Léonard!..

Henriette, éclatant.

Devant le monde entier!

(Léonard a écarté Gertrude qui l’empêchait de voir et d’entendre, il s’est levé du fauteuil où il était assis et vient se placer entre Albert et Henriette.)

ENSEMBLE

Henriette, avec force.

Ah ! j’ai du caractère !

Et bien loiu de me taire.

Devant la terre entière Je dirai : Je le veux!

Oui, c’est insupportable!

Je suis trop misérable ;

Et du joug qui m’accable Je briserai les nœuds.

albert, hors de lui.

Voyez quel caractère!

Comment la faire taire?

Redoute ma colère.

Car je suis furieux!

Oui, c’est insupportable!

Je suis trop misérable ;

Et du joug qui m’accable Je briserai les nœuds.

léonard, stupéfait.

D’où vient cette colère?

Que prétendez-vous faire?

LA NUIT DE NOËL

UMRT. Ah! l’ombre de ma femme. — Acte 2, scène 9.

Ecoutez ma prière.

Ecoutez mes seuls vœux !

Changement incroyable!

Qui de douleur m’accable!

D’un joug insupportable Vouloir briser les nœuds!

GERTRUDE ET POTTINEERG , « part.

Quelle union prospère !

Quel joli caractère !

Tous deux laissons-les faire;

On ne ferait pas mieux !

(Haut.)

Ah ! c’est insupportable !

Dans un malheur semblable.

Du joug qui vous accable Il faut briser les nœuds !

LÉONARD

Qu’est-ce donc, mes enfants?

Gertrude, à Léonard.

Ils n’osaient l’avouer... pour finir leurs tourments Us voulaient divorcer!

léonard, levant les mains au ciel.

Grand Dieu !

GERTRUDE

Leur mariage

Fut contracté sans l’aveu des parents;

Et grâce au ciel, il est nul !

POTTINBERG.

Nul!

LÉONARD

Non, mes enfants!

Cette bonne nouvelle, et cet heureux message,

Que j’apportais lier et content...

C’est que j’avais fléchi leur cœur inexorable.

HENRIETTE ET ALBERT

Qu'entends-je?

LÉONARD

Oui, mes enfants, votre hymen est valable. (Montrant Henriette.)

Ses parents ont signé, j’ai leur consentement.

• GERTRUDE

Qu’avez-vous fait?

ALBERT

Quel enfer!

HENRIETTE

Quel tourment!

Enchaînés pour jamais!

HENRIETTE ET ALBERT, UCCC désespoir.

Pour jamais ! pour jamais !

LA NUIT DE NOËL

ÎM

Ah! c’en est fait, je sens qu’à présent je te hais!

Je te liais! je te hais!

ENSEMBLE

HENRIETTE ET ALBERT

O comble de misère !

Hélas! que vais-je faire?

Quoi ! pour la vie entière Enchaînés tous les deux !

Supplice insupportable !

Le sort inexorable Du joug qui nous accable Ne peut briser les noeuds.

LÉONARD

Du Dieu qui nous éclaire,

De ce juge sévère Désarmez la colère,

Ou tremblez tous les deux!

Craignez qu’iDexorable,

Son pouvoir redoutable Ne frappe le coupable,

Et n’exauce scs vœux!

GERTRUDE ET POTTINBERG, à part.

Quelle union prospère!

Quel joli caractère !

Tous deux laissons-les fa'ic;

On ne ferait pas mieux!

Ménage insupportable !

Dont l’aspect favorable D'un séducteur aimable Doit combler tous les vœux!

GERTRUDE BT POTTINBERG.

Partons! partons!

Henriette, hors d'elle-même.

Ah! je suivrai vos pas.

albert, la retenant fortement parle bras.

Non! non! je suis le maître!., ici tu resteras.

ENSEMBLE

HENRIETTE BT ALBERT.

O comble de misère !

Hélas! que vais-je faire?

Quoi ! pour la vie entière.

Enchaînés tous les deux!

Supplice insupportable!

Le sort inexorable Du joug qui nous accable Ne peut briser les nœuds.

LÉONARD

Du Dieu qui vous éclaire.

De ce juge sévère Désarmez la colère.

Ou tremblez tous les deux!

Craignez qu’inexorable Son pouvoir redoutable Ne frappe le coupable.

Et n’exauce ses vœux!

GERTRUDE ET POTTINBERG, à part.

Quelle union prospère !

Quel joli caractère !

Tous deux laissons-les faire,

On ne ferait pas mieux!

Ménage insupportable,

Dont l’aspect favorable D'un séducteur aimable Doit combler tous les vœux !

(Albert entraîne presque de force Henriette dans l'appartement à gauche. Gertrude et Pottinberg sortent par la porte du fond, et regardent un instant les deux jeunes gens avec un air de joie et de triomphe. Léonard, debout au milieu du théâtre, aperçoit le mouvement de Gertrude et de son compagnon, lève les yeux au ciel, et fait un geste d’espoir.)

A gauebe du spectateur on aperçoit une aile du château dont les croisées sont illuminées. Au dessous des croisées, une porte. A la suite de la porte plusieurs piliers

ou contreforts qui soutiennent les murs du château. A droite du spectateur, sur le premier plan, la tourelle d’un clocher dont la porte est ouverte. Du môme côté, sur le second plan, un bosquet de cyprès. Au fond du théâtre, et se perdant dans le lointain, un cimetière de village couvert do ucigo et semé de distance en distance de bouquets d’arbres verts. La lune éclaire uno moitié de la décoration et laisse l’autre dans l’obscurité.

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