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SCENE IX

ALBERT, sortant de la porte du château à gauche.

•Sortons de ce château, j’y suis assez resté!

De ma promesse je suis quitte !

(. Regardant autour de lui.)

Retournons au logis... traversons au plus vile Ce lieu sinistre et redouté!

DUO

Sous ce feuillage funéraire,

Malgré moi j’avance en tremblant ;

Je crains que du sein de la terre N’apparaisse un fantôme blanc!

A chaque tombe, à chaque pierre,

Je crois voir un fantôme blanc !

(Il passe à droite sous le bosquet de cyprès qu’il traverse et se dirige vers le fond du théâtre, pendant qu’Benriette , sortant de la gauche, se dirige aussi en ce moment vers le fond ; tous deux se rencontrent au milieu de la scène. Ils sont vêtus de blanc, couverts de neige, la lune éclaire leurs visages pâles. Tous les deux poussent un cri et ferment les yeux.)

ALBERT

Ah ! l’ombre de ma femme...

L ombre de mon mari...

( Tous deux redescendent rapidement le théâtre ; Albert rentre dans le bosquet de cyprès, à droite, et Henriette s’est rapprochée de la porte du château à gauche .)

Henriette, tombant sur le banc de pierre près le pilier • ou contrefort qui la cache.

L’effroi £tace mon âme...

ALBERT

Je reste anéanti...

ensemble, tombant à genoux.

De terreur je frissonne,

La force m’abandonne,

Que le ciel me pardonne,

Je l’implore à genoux ...

(En ce moment le vent souffle avec violence.)

Ah! j’entends ta tourmente Qui souffle menaçante...

Ombre qui m’épouvante,

Désarme ton courroux...

I (Albert, se hasarde à retourner la tète et à s’avancer vers le fond du théâtre.)

Henriette, toujours assise prés du pilier à gauche qui la cache.

Son ombre menaçante a fui loin de ma vue !

Courons à la chapelle!..

| (Elle quitte le pilier à gauche, traverse le théâtre et va se réfugier sous le bosquet à droite, où elle s’arrête un instant en s’appuyant contre la porte du clocher.)

albert, qui est redescendu du fond à gauche vers le pilier sur le devant du théâtre à gauche.

Mais c’était son image... ah ! je l’ai reconnue...

HENRIETTE

C’était bien son fantôme, et j’en frémis, grands dieux! Tant ii avait, hélas! l’air pâle et malheureux...

' ensemble, et toujours immobiles à la même place.

De terreur je frissonne,

La force m’abandonne,

Que le ciel me pardonne.

Je l’implore à genoux !

Ah! j’entends la tourmente Qui souffle menaçante...

Ombre qui m’épouvante,

Désarme ton courroux...

(On entend en ce moment le baron qui sonne dans l'intérieur du clocher.)

HENRIETTE ET ALBERT, écoutant.

Dieu! qu’entends-je? ô terreur extrême...

La cloche sonne d’eiie-mème...

HENRIETTE, à part.

Miracle effrayant et nouveau !

ALBERT, à part.

Je n’oserai plus, je l’atteste.

Retraverser ce lieu funeste...

Sortons, sortons par le château!

(L’orage et le son des cloches redoublent.) ensemble, dans le plus grand effroi.

Oui, oui, la cloche sonne.

L’éclair au loin sillonne.

Le ciel qui gronde et tonne...

Mon Dieu, pardonnez-nous!

Ah! ma frayeur augmente...

Vision menaçante,

Ombre qui m’épouvante.

Désarme ton courroux!

(Albert épouvanté se précipite à gauche dans le château. Henriette, dans le bosquet de cyprès, chancelle et tombe évanouie sur les marches du clocher. La toile tombe.)

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