SCENE II
GERTKUDE, LE BARON, POTTINBERG.
certrude et pottinberg.
Quoi! c’est vous!
le baron.
Oui, c’est moi ; silence, je vous prie ! gertrude.
D'où vient donc votre Seigneurie?
LE BARON
Je viens de ce clocher maudit Où j’ai passé toute la nuit!
Et c’est devant tout le village,
Qu’à l’instant même Léonard M’est venu tirer d’esclavage!
Maudit vieillard ! maudit hasard !
ENSEMBLE
LE BARON
Nuit terrible ! nuit fatale!
De cette eloche infernale Je crois entendre le son,
Qui me donne le frisson !
Dig don! dig don ! dig den !
Oui, de fatigue et de rage,
J’en suis encor tout eu nage;
Quel mélier pour un seigneur Que le métier de sonneur!
Dig don! dig don! dig don!
C’est à perdre la raison !
gertrude et pottinberg.
Nuit terrible ! nuit fatale !
De cette cloche infernale Il croit entendre le son,
Qui lui donne le frisson !
Dig don! dig don! dig don!
Oui, de fatigue et de rage.
Il est encor tout en nage !
Quel métier pour un seigneur Que le métier de sonneur !
LA NUIT DE NOËL
lb B*nox. Oui, nous parlons dans un instant. — Acte 2, scène S.
LE BARON
Et, chose convenue.
Je devais l’enlever!
pottinberg, à Gertrude.
Je vous l’avais bien dit!
LE BARON
Mais lasse de m'attendre au rendez-vous... la nuit...
Elle sera partie !
POTTINBERG.
Où donc?
LE BARON
Dans le village
Elle a trouvé moyen de se cacher...
(A Pottinberg ,)
Et toi.
Il faut me la trouver... lui donner un message...
( Il se met à table et écrit.) Au plus tôt... car hier... la nuit... dans son effroi,
La pauvre enfant attendait!.,, comme moi!..
[Cachetant la lettre qu'il vient d’écrire.) Pour ce soir... à minuit un nouveau rendez-vous!
( Tirant une autre lettre de sapoche.)
Et j’ai là le moyen d’éloigner son époux!
(A Pottinberg, lui remettant le billet.) Cette lettre à la femme !..
Dig don! dig don! dig don!
11 en perdra la raison !
GERTRUDE ET POTTINBERG.
Comment ça s’est-il fait?
le baron, avec embarras.
Par une circonstance
Inutile à vous dire!.. Enfin et malgré moi.
J'ai dù de Léonard acheter le silence!
Et payer ma rançon en subissant sa loi.
Je prendrai ma revanche!.. Et d’abord dites-moi, Henriette?
GERTRUDE
On ne sait ce qu’elle est devenue!
pottinberg.
Je croyais qu’avec vous elle était disparue !
le baron, à demi-voix, en confidence.
Oui vraiment! son mari d’abord l’avait battue!
GERTRUDE ET POTTINBERG, avec joie.
Quoi! battue!
LE BARON
Oui, battue ! !
gertrude, levant le poing au ciel.
Ah! si l’on me battait! ! •
[Remettant un papier sous enveloppe à Gertrude.)
Et quant à celle-ci...
[A part, avec colère.)
Bien malgré moi...
GERTRUDE
Pour qui?
LE BARON
Pour son mari !
le baron, avec colère.
Vengeance! vengeance!
Ta douce espérance Fait déjà d’avance Tressaillir mon cœur !
J'attends sans alarmes L’instant plein de cliarmes Qui doit à mes armes Rendre enfin l’honneur !
GERTRUDE ET POTTINBERG.
Vengeance! vengeance!
Ta douce espérance Fait déjà d’avance Tressaillir son cœur !
Il voit sans alarmes
L’instant plein de charmes Qui doit à ses armes Rendre enfin l’honneur !
POTTINBERG.
Mais- à moi. Monseigneur...
LE baron.
Quant à toi, je t’accorde ( Regardant Gertrude.)
Ma plus haute faveur! mais continue ainsi...
POTTINBERG.
Je le jure ! ..
le baron.
A semer entre eux la deux discorde!
(A part . )
Et ce qu’il fait pour eux... je le ferai pour lui!
ensemble.
LE BARON
Vengeance! vengeance!
Ta douce espérance Fuit déjà d’avance Tressaillir mon coeur!
J’attends sans alarmes L’instant plein de charmes
lb baron. Eh bien! je tous enraène dans mon équipage. — Acte 2, scène 4.
h AG NY
Imprimerie de Yjalat et Ci».
LA NUIT DE NOËL
Qui doit à mes armes Rendre enfin l’honneur!
GERTRUDE ET POTTINBERG.
Vengeance! vengeance1 Ta douce espérance Fait déjà d’avance Tressaillir son cœur!
Il voit sans alarmes L’instant plein de charmes Qui doit il ses armes Rendre enfin l'honneur!
(Le baron sort par la porte du fond.)