‹ Å’uvres illustréesChapitre 780 sur 1154 · GASTON · texte numérisé non relu

GASTON

Y pensez-vous?

M. DE GOURNAY

Ah! c’est une imprudence !

J’aurais dû ne pas t’en parler.

Pour te causer encore une surprise...

Mais celle-là... j’espère, est encor loin...

Et le seul point dont je me formalise.

C’est de ne pas en être le témoin...

De ne pouvoir en être le témoin!

gaston. Ah! Monsieur...

m de gournay. Ainsi, tu ne pars pas.. . j’ai besoin de toi et de les talents... Tu excelles dans tous les arts... tu es bien heureux ! Peintre et musicien !

gaston. Musicien!., qui est-ce qui ne l’est pas maintenant?

m. de gournay. Moi, d’abord! mais, grâce à toi, nous

allons produire à nous deux des effet# étonnants... Tu me feras des dessins, des transparents, des devises. . Et puis, je t’ai entendu acoompaguer sur le piano à livre ouvert. gaston. Des romances... des cavatines...

m. de gournay. C’est ce qu’il nous faut. Écoute-moi bien, tu vas te présenter à ces dames comme un accompagnateur qui arrive de Paris... envoyé...

gaston. Par qui?

m. de gournav. Par un inconnu.

gaston. Un inconnu! J’entends... Fidèle à votre habitude... encore quelque surprise que vous préparez à ces dames.

m. de gournay. Oui, mon garçon ! cela ne t’oblige à rien qu’à voir de jolies femmes et à passer une soirée agréable. A propos, tu n'as pas rencontré en roule un feu d’artifice que je fais venir de Paris?

gaston. Non, Monsieur!

m. de gournay. Ce sera pour ce soir... dans ces bosquets... Pif! paf! des fusées, des pétards...

Air : L’amour emporte *ur ses ailes. [Puits d’Amour.)

Si je n’inventai pas la poudre.

Du moins je sais bien m’en servir;

D’autres lancent avec la foudre Le trépas .. et moi le plaisir!

Dans l’air je veux qu’elle jaillisse Pour charmer et tromper les yeux!

gaston, souriant.

Et vous n’employez l’artifice Que pour rendre les gens heureux !

ensemble. *

On peut employer l'artifice...

Quand c’est pour faire des heureux.

m. de gournay. Chut! on vient... Entre dans ce salon et amuse-toi à lire ou à dessiner... jusqu’au moment où l’on te dira de paraître ; et surtout n’aie pas l’air de me connaître.

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