SCENE V
MARGUERITE, LA DUCHESSE, LE PRINCE, sortant de l’appartement à gauche.
le prince, apercevant les deux dames qui le salue et jetant sur la table à droite une boîte à portrait qu'il tenait à la main. Pardon, Mesdames, de vous avoir fait attendre. (A la duchesse.) Je suis heureux de vous voir, duchesse.
I la duchesse. Qu’y a-t-il donc?
| le prince, à demi-voix. Je quitte mon oncle, plus inflexible, plus absolu que jamais... il veut que ce mariage ait lieu... non, pas dans trois mois, comme je l’espérais, mais cette semaine...
la duchesse. Ce n’est pas possible !
le prince. C’est ainsi!., un courrier de cabinet vient i de lui apporter le portrait de la princesse Christine, ma
MAITRE JEAN
prétendue, qu’il m’a remis. ( Montrant la boite qu’il a jetée sur la table.)
la duchesse. Et vous ne le regardez pas ! le prince. Rien ne presse... j’ai le temps... mais si vous et M. de Steinberg ne venez pas à mon aide, duchesse, ce mariage... ce maudit mariage...
la duchesse, à voix basse. N’en parlez pas devant Marguerite...
le prince, de même. Et pourquoi donc?
la duchesse, de même. Je lui en ai dit deux mots tout à l'heure, et depuis ce moment elle est toute pensive, préoccupée...
le prince, vivement. En Vérité!
la duchesse, souriant. Je ne serais pas étonnée que son rôle n’allàt tout de travers...
le prince, de même. Ah! dans mon bonheur... dans ma reconnaissance, que pourrais-je donc faire pour elle?
la duchesse. Rompre cette union... C’est, j’en suis sûre, tout ce qu’elle désire... elle ne vous le dira pas ; mais c’est à vous de le deviner.
le prince. Ah! si vous dites vrai-... s’il en est ainsi... un seul de ses regards...
la duchesse. Prenez donc garde. le prince, apercevant Steinberg et Muldorf. Voici ces messieurs.