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SCENE II

(Toute la cour s’est retirée. — Abayaldos, resté avec quelques esclaves , leur fait signe de s'éloigner et retient par la main une femme qui allait les suivre.)

ABAYALDOS, ZAYDA.

abayaldos, regardant autour de lui.

Nous sommes seuls!

zayda, levant son voile.

Hélas ! sur la terre africaine.

Seigneur, que ne me laissiez- vous?

Pourquoi sur cette rive étrangère et lointaine M’avoir forcée à suivre mon époux?

abayaldos, avec une fureur concentrée.

* DUO

C’est qu’en tous lieux, comme une esclave.

Nuit et jour tu suivras mes pas !

Ce cœur perfide qui me brave.

Ainsi ne me trahira pas!

zayda.’

D’où viennent ces transports et cette frénésie,

Quand je vous ai donné ma main, mon cœur, ma vie?.. abayaldos.

Oui, j’ai reçu ta main, oui, j’ai reçu ta foi!

Mais ton cœur, Zayda, ne tut jamais à moi !

ENSEMBLE

En tous lieux et comme une esclave,

Nuit et jour tu suivras mes pas!

Ce cœur perfide qui me brave.

Ainsi ne me trahira pas!

zayda.

Frappez donc, la mort que je brave,

Moins que vous est cruelle, hélas !

Prenez pitié de votre esclave,

Qui vous demande le trépas!

ABAYALDOS.

Les larmes qu’en secret sans cesse tu répands...

ZAYDA.

Attestent la douleur! non le crime...

ABAYALDOS.

Tu mens!

DOM SÉBASTIEN

Uno nuit, Zayda, près de toi qui m’os clirre,

Pensif, je veillais!.. Toi, dans un rêve adultère,

Tu murmurais un nom... qui u'était pas le mien!

ZAYDA.

Moi! grand Dieu!

ABAYALDOS.

Ce chrétien!.. C’en est un...

(Avec rage )

Ce chrétien,

Je l’atteindrai!., fût-ce au bout de la terre I zayda, vivement.

Et s’il n’est plus !

ABAYALDOS.

Mou amour offensé,

Même après le trépas, est jaloux du passé!

Mais non... non!..

ENSEMBLE

ABAYALDOS

En vain pour lo soustraire A ma juste colère.

Ton cœur perfide espère Me tromper, me fléchir...

Oui... je veux, par vengeance,

Croire à son existence...

Rien qu’à celte espérance Mon coeur bat do plaisir.

zayda, à part.

Dieu Seul en qui j’espère,

Dieu si longtemps sévère,

Par dics pleurs, ma prière,

Laissez-vous attendrir!

Et si c’est une offense D'avoir, dans ma souffrance,

Gardé sa souvenance...

C’est moi qu’il faut punir !

(Haut, élevant la main vers le ciel.)

Ah! croyez-en du moins à ce serment suprême...

ABAYALDOS.

Non! vos serments ne sauraient m’attendrir,

Je n’ai plus confiance à présent qu’eti moi-même!

A ces yeux, pour tout voir...

(Montrant son poignard.)

A ce fer... pour punir!

ENSEMBLE

ABAYALDOS.

Ne crois pas le soustraire,

A ma juste colère;

En vain ton cœur espère,

Me vaincre ou me fléchir!

Je veux, dans ma vengeance.

Croire à son existence...

Et ma seule espérance.

Sera de le punir!

zayda, à part.

Dieu seul en qui j’espère,

Dieu ! si longtemps sévère.

Par mes pleurs, ma prière,

Laissez-vous attendrir!

Et si c’est une offense D’avoir, dans ma souffrance,

Gardé sa souvenance...

C’est moi qu’il faut punir!

(Des seigneurs dupalais entrent et montrent àAbayaldos les appartements à droite, qui sont les siens. — Il y entre avec Zayda.)

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