SCENE IV
FABIO, seul, et le regardant sortir. Adieu, adieu, frère... Ce nom, que tu ne rougis pas de me donner, restera là... (Montrant son cœur.) Entre nous... je ne veux pas qu’une telle parenté fasse tort au noble comte de Fiesque!.. Car voilà un seigneur! en voilà un!.. De l’esprit, du cœur et du talent... (Montrant le papier qu’il tient.) Jamais mon professeur de contre-point, le signor Cafarini, n’en ferait autant... Car, malgré sa modestie, ces paroles-là ne sont pas plus mauvaises que d’autres... et son motif est très-bien... pour un grand seigneur! surtout quand je lui aurai fait un accompagnement à orchestre, pour qu’à son prochain concert nous exécutions cela en présence de cette belle dame, sa passion... Car, par une sympathie que j’admire, il est comme moi... il est amoureux... L’amour et la musique, il n’y a que cela de bon au monde!.. (Vivement.) Et mon opéra à moi que ça me fait oublier! Allons, au travail... et pour que personne ne vienne me déranger..
(Il va fermer la porte du fond, puis il place devant le pupitre la feuille de papier où sont écrites les paroles.)
Vite à l’ouvrage! et du courage!
A moi trombone, à moi clairon !
Avec du bruit et du tapage.
On peut, dit-on, se faire un nom!
Ici je mets des clarinettes
Que je soutiens par le basson.
Pon ! pon ! pon ! pon !
Et puis l’appel de la trompette,
Tron! tron! tron! tron!
C’est magnifique! Allons, courage!
Ah! quel orchestre! Ah! quel tapage!
Ah! la belle partition!
Pon! pon! pon! pon!