‹ Å’uvres illustréesChapitre 943 sur 1154 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GINA, entrant par la porte du fond, et ayant l’air de parler à un domestique.

RÉCITATIF

La Signora, dit-on, près de moi va se rendre.

Rien ne [tresse... à loisir ici je puis attendre...

Je rêve à Fabio... Fabio, mon ami!

Et le temps est moins long lorsque je pense à lai !

AIR

Je sais bien qu’il m’adore.

Pourtant il n’ose encore Du feu qui le dévore Me faire enfin l’aveu!

Il veut se taire,

Il a beau faire,

Tout me dit là Qu’il parlera...

J'approuve son silence, ,

Et je le conçois bien :

Mon oncle a l’opulence.

Et Fabio n’a rien !

Mais je sais bien qu’il m’adore, etc.

RÉCITATIF

Puis,- enfin, on est pauvre à présent... mais n’importe! Quand on a du talent... et je sais qu’il en a. .

La fortune un beau jour arrive à Votre porte !

Et Fabio parviendra...

Son opéra réussira!

LA BARCAROLLE

CAVATINE

O rêve doux et tendre.

Dont mon cœur est ravi!

Ait! quel plaisir d’entendro Applaudir son mari!

Et, l’ivresse dans l’âme.

Pendant qu’on dit : Bravo!

De dire : Je suis femme De ce grand maestro!

C’est moi qui suis la femme De ce grand maestro!

Ces cavatines qu’il compose,

£a femme avec lui les dira :

Ah! ah! ah! ah! ah! ah!

Oui, sa femme les chantera,

Car c’est elle, je le suppose.

Qui les inspirera!.,

O rêve doux et tendre, etc.

Quel bruit a retenti soudain?

C’est l’ouvrier, soir et matin.

Fredonnant un joyeux refrain...

Il chante, en revenant chez lui,

11 chante un air de mon mari :

Tra, la, la, la, tra, la, la!

Voyez ce bal si gracieux.

Et dont l’éclat charme les yeux...

L’orchestre, aux sons harmonieux.

Redit les airs de mon mari.

Pendant que je danse avec lui...

Et quand je sors, m’appuyant sur son bras.

C’est son nom qu’en passant on murmure tout bas.

• Peut-être il n’entend pas;

Mais moi... quel bonheur !..

O rêve doux et tendre, etc.

(Regardant vers le fond.)

C’est mon oncle et le ministre !..

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