TRIO EN CANON
gina.
Le matin j’y rêve,
J'y rêve le soir!
Jamais ne s’élève Plus loin mon espoir !
Cet aveu sincère Est mal, je le voi ..
Hélas! j’ai beau faire.
C’est plus fort que moi!
Mais toujours de même Pour lui mon cœur bat :
C’est lui seul que j’aime Dût-il être ingrat!
fabio, à part, toujours sur l'escalier.
N’est-ce pas un rêve Qui vient m’émouvoir!
En mon cœur s’élève Sombre désespoir!
Quel remords extrême M’accable et m’abat!
J’accuse, et, moi-même.
Je suis un ingrat!
CAFARINI.
C’est un mauvais rêve !
Je crains de trop voir...
Faut-il donc qu’il m’enlève Ce cœur, mon seul espoir!
Quoi ! c’est lui qu’on aime Et, dans mon état.
J’élevai moi-même Ce rival ingrat!
gina.
Oui, sur lui je veille Et préviens ses vœux,
Pendant qu’il sommeille.
Travaillant pour deux,
J’amasse en silence;
O sort fortuné!
Pour lui je dépense L’or que j’ai gagné;
A lui, je le donne,
A lui, mon ami ;
Si j’avais un trône,
11 l’aurait aussi !
Grisette ou duchesse',
Pour lui mon cœur bat...
A lui ma tendresse,
Dût -il être ingrat!
REPRISE DE L’ENSEMBLE
FABIO
N’est-ce pas un rêve , etc.
CAFARINI.
C’est un mauvais rêve, etc.
CAFARINI.
Moi, j’ai de la richesse !
GINA
Pour d’autres gardez-la!
LA BARCAROLLE
CAFARINI.
De l’or, de la noblesse !