‹ Å’uvres illustréesChapitre 960 sur 1154 · TRIO EN CANON · texte numérisé non relu

TRIO EN CANON

gina.

Le matin j’y rêve,

J'y rêve le soir!

Jamais ne s’élève Plus loin mon espoir !

Cet aveu sincère Est mal, je le voi ..

Hélas! j’ai beau faire.

C’est plus fort que moi!

Mais toujours de même Pour lui mon cœur bat :

C’est lui seul que j’aime Dût-il être ingrat!

fabio, à part, toujours sur l'escalier.

N’est-ce pas un rêve Qui vient m’émouvoir!

En mon cœur s’élève Sombre désespoir!

Quel remords extrême M’accable et m’abat!

J’accuse, et, moi-même.

Je suis un ingrat!

CAFARINI.

C’est un mauvais rêve !

Je crains de trop voir...

Faut-il donc qu’il m’enlève Ce cœur, mon seul espoir!

Quoi ! c’est lui qu’on aime Et, dans mon état.

J’élevai moi-même Ce rival ingrat!

gina.

Oui, sur lui je veille Et préviens ses vœux,

Pendant qu’il sommeille.

Travaillant pour deux,

J’amasse en silence;

O sort fortuné!

Pour lui je dépense L’or que j’ai gagné;

A lui, je le donne,

A lui, mon ami ;

Si j’avais un trône,

11 l’aurait aussi !

Grisette ou duchesse',

Pour lui mon cœur bat...

A lui ma tendresse,

Dût -il être ingrat!

REPRISE DE L’ENSEMBLE

FABIO

N’est-ce pas un rêve , etc.

CAFARINI.

C’est un mauvais rêve, etc.

CAFARINI.

Moi, j’ai de la richesse !

GINA

Pour d’autres gardez-la!

LA BARCAROLLE

CAFARINI.

De l’or, de la noblesse !

Page 1