Je constate un fait historique : je ne l'approuve pas
ne l'est pas ; c'est un fait. Que peut-elle opposer aux grands noms européens, aux superbes iutelligences de notre race? Peu de chose. Que serait-elle devenue livrée à elle-même, sans l'aide, sans le secours de ces blancs abhorrés? Rien. Les hordes barbares de l'Afrique Centrale en sont un témoignage. Ces hommes, ces esclaves, que les blancs transportaient du Soudan aux Antilles, que faisaient-ils, sinon changer de maître, simplement passer d'une domination atroce, à une autre plus éclairée? Il faut bien qu'elle Tait été, puisqu'en définitive elle aboutit à leur libération. Ces quelques métis envieux, qu'ils regardent du côté de l'Afrique où vivent encore leurs frères ;ils seraient tels si « ces boucaniers, ces flibustiers » n'avaient pas existé. Sans les puissants navires aux immenses voiles gonflées qui les entraînaient par delà Tocéan, seraient-ce dans leurs pirogues chancelantes qu'ils auraient pu quitter les rivages du Congo? Qui pourrait reprocher à ces blancs créoles, haïs aujourd'hui, dont on bafoue les aïeux, de se retourner dans un mouvement d'humeur, et de dire avec un juste orgueil ; « Vous insultez nos ancêtres. Leur peine, leur audace pourtant vous ont donné un monde \ >
1. Et la réponse paraît bien modérée à l'article odieux que je viens de citer.
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Mais peut-être, dira-t-on, ces blancs autrefois nécessaires, deviennent inutiles aujourd'hui. Rouages superflus dans l'administration de la colonie, comme en France l'ancienne noblesse à la fin du xviir siècle, ils l'alourdissent, ils la gênent. — Quelle erreur! En toute sincérité je ne crois pas encore la race nègre suffisamment maîtresse d'elle-même pour se passer, sans préjudice pour elle, de l'influence d'une race, malgré tout, et dans sa généralité encore supérieure*. L'exemple de Saint-Domingue en est la preuve. Quel fut l'effet de l'extermination des blancs dans cette île : la ruine, la désolation pour tous. — Un gouvernement ridicule, des lois absurdes, des révolutions constantes, des haines de race plus intenses peutêtre séparant les métis à la peau fauve des métis à la peau plus claire, tel est le bilan de ce prétendu aflranchissement. Voilà près d'un siècle que ce grand crime eut lieu, et ce pays n'a pas encore repris son aplomb.
L'argument le plus abominable, parce qu'il est à la fois le plus efficace et le plus perfide, dont on se sert pour combattre les békés (c'est ainsi qu'on
1. Surtout par ses grands esprits comme je l'ai dit plus haut. Puis, il y a des exceptions. Je connais pour ma part certains nègres fort intelligents et supérieurs à la moyenne des blancs.