‹ Aux AntillesChapitre 12 sur 39 · FORT-DE-FRANCE · texte numérisé non relu

FORT-DE-FRANCE

Les palétaviers pendant la nuit. — La savane. — La liaiu de Fort-de-France. — Réveil de ta ville.

Il est encore nuit. Les rues de Fort-de-France doivent être désertes et les habitants endormis. A la canrpagne, les grillons, les cabris de bois, tous les insectes qui volent ou qui rampent, pressentant les premières lueurs du jour, ont cessé leurs chants nocturnes. Le plus profond silence va régner pendant une heure encore dans cette ville où tout est éclatant d'ordinaire, la lumière comme le son, le parler des habitants comme la couleur des vêtements.

Descendons a pas de loup du bateau, prépa-* rons-nous a errer dans l'intérieur de Fort-de- France, comme dans le château de la Belle au bois dormant, à visiter en détail tout ce qui est matériel dans cette ville, tant bâti par les hommes que sorti de la main de Dieu; en un mot, tâchons d'examiner le premier décor de la

Martinique avant que la représentation de la comédie humaine aux colonies ne commence avec le jour.

Nous voici installés dans la barque qui doit nous mener à terre. La baie de Fort-de-France où le pqquebot vient de mouiller est non-seulement la plus belle des Antilles, mais encore une des plus belles du monde entier, tant aux yeux des marins qu'aux yeux des touristes. Elle a presque la même étendue que la rade de Brest; elle est assez profonde dans toutes ses parties pour que les plus gros navires puissent y pénétrer sans crainte; d'ailleurs, le fond est sablonneux, et une erreur, à la vérité invraisemblable, fût-elle commise par un pilote, n*entraînerait aucune conséquence désastreuse.

L'ouverture en est assez large, il est vrai, mais elle est tournée vers le sud-ouest ; la baie est donc garantie des coups de vent de la haute mer ou des grandes lames formées par la continuation des vents alizés du nord-est. Si, par hasard, une bourrasque venant du continent parvenait à agiter d'une manière dangereuse la baie de Fort-de-France proprement dite, des portions plus restreintes et mieux abritées, connues sous les noms de baie des Trois-Ilots, cul-

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