‹ Aux avant-postes, juillet 1870-janvier 1871Chapitre 10 sur 16 · COMBATS DE CHATILLON ET DE CHEVILLY · texte numérisé non relu

COMBATS DE CHATILLON ET DE CHEVILLY

Paris, i5 septembre 1870.

Je vous écrisj mollement étendu dans un pied de boue sur le glacis des fortifications. Nous sommes tous soldats aujourd'hui.

A rheure même où les bataillons de la garde nationale se rendaient sur les boulevards pour assister à la revue passée par le général Trochu, le II 6®, dont j'ai l'honneur de faire partie, prenait son poste de bataille aux bastions de Saint-Oûen. .

C'était plaisir de voir tous ces braves citoyens marquer le pas comme de vieux soldats.

La plupart de nous recevaient leurs fusils lundi à quatre heures et demie. A cinq heures, nous nous

t'i^ ' Aux Avant'Postes

rendions à Texercice jusqu*à sept heures. Le mardi matin, à six heures, nous étions déjà à la manœuvre, à onze heures, nous prenions les armes pour passer la revue du commandant, à trois heures enfin, nous partions pour les fortifications, commandés pour un service de vingt-quatre heures } tous les quatre jours, même corvée ou plutôt même fête.

Vous souvenez- vous de toutes les . moqueries, de toutes les blagues dont on a poursuivi cette infortunée garde nationale? Il y avait Téternelle légende du citoyen qui, voyant un de ses voisins partir du pied gauche, tandis que l'autre préférait le pied droit, se demandait avec aniiété comment il devait faire pour n'imiter personne.

Aujourd'hui cela est bien changé. Jeunes, vieux, nous manœuvrons tous comme des grenadiers, et c'est la Marseillaise aux lèvres que nous partons pour les fortifications. •

Pas un homme ne prend un instant de repos.

Nos soldats se sont laissé surprendre par l'ennemi, il ne faut pas que les Prussiens trompent la vigilance de nos gardes nationaux. Les patrouilles, les rondes, se succèdent ; pour un soldat 'que Ton demande, il s'en présente vingt.

La pluie tombe drue et serrée. Bast ! on se reposera plus tard.

A deux heures du matin, une violente détonation retentit.

— C'est le canon !

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Et chaque homme saute sur son fusil.

Tudieu ! la belle troupe I quel entrain et quelle joie I

Malheureusement, ce n'est qu'une fausse alerte!

Comme bien vous le pensez, on ne se fait pas faute de cause? et de raconter les exploits de nos héroïques soldats.

Deux faits me sont affirmés avec assez d'insistance pour que je croie .devoir vous les transmettre.

A Lagny, des habitants auraient crénelé trois maisons, épuisé leurs munitions, puis se seraient fait sauter aux cris de Vive la République !

Les Prussiens avaient embarqué leurs plus gros canons à bord de bateaux destinés à débarquer les terribles engins non loin de Paris, mais des torpilles adroitement placées auraient fait couler les canons.

On m'assure enfin qu'un Américain, Jonathan..., l'autre nom m'échappe, le Vauban des États-Unis, aurait, après un examen attentif des fortifications, déclaré que Paris était absolument imprenable.

Un mot encore en terminant. Il m'est venu, sur le rempart, une idée que je crois essentiellement pratique.

Pourquoi n'imiterions-nous pas les Belges qui, en très-peu de temps, arrivent à dresser des pigeons qui parcourent des distances énormes ? Nous avons tous lu dans les journaux les exploits de ces intelligents oiseaux. Ce sont de véritables courses, au

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sujet desquelles des paris considérables sont en gagés.

Quatre ou cinq heures suffisent aux pigeons pour venir de Paris à Bruxelles, et sur quarante ou cin • quante, deux ou trois à peine s'égarent.

Quels services ne nous aurait pas rendus ce moyen si simple de communication, si on y avait songé au début de la guerre I

Bazaine ne serait pas si loin de nous aujourd'hui, si nous pouvions lui faire savoir combien la défense de Paris sera énergique. *

Mac-Mahon peut-être aurait renoncé à son plan si funeste pour la France, si les communications n'avaient pas été interrompues.

Il est trop tard pour empêcher ces désastres, soit, mais il est temps de s'opposer à, de nouveaux malheurs.

Si Paris est investi par l'ennemi, comment pourrons-nous correspondre avec nos généraux? Qui organisera la défense sur la Loire, dans le Nord, partout enfin?

Le moyen que j'indique, si simple et si facile, me semble répondre à ces objections.

Il a le mérite de ne rien coûter, et ce n'est pas là une mince Considération.

Qu'on ne m'objecte pas que les pigeons peuvent tomber aux mains des Prussiens. Ce serait là un ennui sérieux, non un malheur, car il serait facile d'imaginer des signes assez compliqués pour que l'ennemi ne pût ni les comprendre, ni les imiter.

Combats de Châtillon et de Chevilîy iSj

Paris, i6 septembre 1870.

Une idée très-juste vient de m'étre suggérée. La garde nationale est appelée à faire des sorties; ou du moins, si le mot paraît trop ambitieux, à s'avancer en dehors des remparts. Plusieurs d'entre nous seront donc certainement faits prisonniers.

Or, nous connaissons la manière expéditive des Prussiens. Tout homme pris les armes à la main est fusillé sur place, lorsqu'il ne peut justifier qu'il est soldat.

Comment les gardes nationaux prisonniers établiront-ils leur qualité ?

Les trois quarts d'entre nous n'ont pas d'uniforme.

Ne pensez-vous pas qu'il y aurait lieu d'adopter une mesure très-simple qui présenterait encore de sérieux avaatages ?

Les mairies de Paris distribueraient à chaque citoyen- enrôlé dans la garde civique un livret qui établirait sa qualité.

C'est seulement après avoir minutieusement examiné les livrets de tous les mobiles pris à Vitry-le- Français que le général prussien est revenu sur sa résolution barbare de faire fusiller les prisonniers.

En outre, les espions qui, paraît-il, affectionnent tout particulièrement le costume de garde national, seraient obligés de renoncer à ce déguisement, car

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la simple demande de leur livret ferait reconnaître leur triste identité. '

Cette précaution ne serait pas iniitile, s*il est vrai, comme on me l'affirme, que cinq ou six factionnaires de la garde sédentaire, placés la nuit sur les remparts, ont été tués ou blessés par des Prussiens qui avaient pu s'approcher d'eux grâce à leur costume.

Enfin, cette pièce officielle servirait, la bataille finie, à désigner ceux qui sans motif avouable ont déserté Paris à l'heure du combat.

Avant peu, nous allons procéder à des élections d'autant plus importantes qu'elles mettront fin aux agitations stériles, en déterminant nettement quelle forme de gouvernement la nation prétend adopter.

N'est-il pas juste que ceux-là seuls soient appelés à voter qui ont fait acte de civisme en se battant sur les remparts ? Quant à ceux qui, au moment du danger, ont abandonné leur poste, ils ne doivent plus être comptés comme citoyens.

Tout droit, disait très-justement la constitution de 1791, est corrélatif d'un devoir. Ceux qui n'ont pas rempli leurs devoirs ne peuvent exercer leurs droits.

Il serait par- trop bizarre, par exemple, que le maire d'Épernay, qui a lâchement abandonné sa ville et trahi ses concitoyens, eût la faculté de vemr déposer son bulletin dans l'urne, au même titre que lés braves ouvriers qui ont défendu la gare à coups de pics et de marteaux.

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On me signale à propos des maires des faits tellement monstrueux que je n'oserais les imprimer, si je n'avais pas moi-même été témoin de semblables lâchetés.

Dans plusieurs villes à quelques lieues de Paris, les maires auraient fait proclamer que tout citoyen qui tirerait sur les Prussiens serait fusillé.

Dans cinquante localités, le maire a fait désarmer les gardes nationaux huit jours avant l'arrivée de l'ennemi, afin d'empêcher toute tentative de résistance.

Pendant que j'étais à Reims, le fait suivant m'a été raconté. Deux braves paysans, apprenant que trois uhlans se reposaient non loin de leur village, parvinrent à s'emparer de ces ennemis.

Triomphalement ils se rendirent à la mairie avec leurs prisoaniers. Le maire ordonna aux habitants de délier les Prussiens et les fit remettre en lib^té, malgré l'énergique résistance de quelques citoyens indignés.

L'Empire se contentait de révoquer ces infâmes fonctionnaires; la République aura-t-elle la même faiblesse ?

II faut bien comprendre que le paysan a un rôle important à jouer. Lorsque l'armée prussienne, si elle est repdussée de Paris, se mettra en retraite, il faut que chaque bouquet d'arbres, chaque buisson abrite un fusil.

De tous ces envahisseurs, pas un ne doit repasser la frontière.

Pour cela, le Gouvernement de la défense nationale doit prendre des mesures énergiques.

Nous sommes en guerre, la France tout entière est en état de siège : ce sont les tribunaux militaires qui doivent juger. tJn niaire, en ce moment, a la même responsabilité et quelquefois la même importance qu'un commandant de place. S'il abandonne lâchement son poste, s'il trahit, il ne s'agit plus de le révoquer, mais de le faire passer devant un conseil He guerre.

En terminant, pour nous reposer de toutes c^s lâchetés, laissez-moi vous raconter un acte héroïque qui m'est garanti par un soldat de Kf^c-Mahon.;

Pied à pied, les régiments écrasés par les obus reculaient vers Sedan.

Soudain, au plus fort de la mêlée» à loo mètres de l'ennemi, les soldats s'arrêtent. Q^est qu'une même pensée est venue à ces hommes d'acier.

Ils peuvent mourir; mais que deviendra le drapeau ?.

Le cœur saigne à la pensée que ce glorieux trophée va tomber dans les mains de l'ennemi.

Que faire ?

Le temps presse : comme une meute acharnée, les dragons sont sur les flancs de la colonne ; la mitraille abat des files entières.

Alors une idée Sublime vient à Tun de ces héros. La fumée est telle qu'à trois pas on ne peut rien distinguer.

Un soldat tire un couteau de sa poche et coupe

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la glorieuse étoffe en cent morceaux. Chacun cache sur sa poitrine un lambeau.

Puis, la baïonnette au bout du fusil, ils se précipitent sur Tennemi; les trois quarts tombent, mais quelques-uns parviennent à traverser les lignes ennemies.

De Sedan à Paris, la route est longue à travers les uhlans. N'importe, ils arrivent, et leur premier soin est de recoudre tous ces lambeaux informes.

Le drapeau compte plus d'un trou : c'est la place des morts.

Tel qu'il est, il flottera encore glorieux au-dessus du brave régiment.

20 septembre.

Le premier combat sous les murs de Paris vient d'avoir lieu, et le résultat n'a malheureusement pas été satisfaisant.

Au sud de Paris, en avant des forts de Vanves et de Montrouge, se dresse le plateau de Châtillon. Haut de 162 mètres (au moulin de la Tour) le plateau domine tous les environs ; sur ses derrières il domine et surveille tous les bois, il est protégé en avant par le village de Bagneux. Maître de cette position, on peut défier l'ennemi retranché

dans les bois, et notre artillerie peut envoyer ses obus jusque dans Choisy-ler-Uoi, ainsi que dans lés villages qui s'étendent aux pieds de la colline. Il était donc d'une importance extrême de conserver à 'tout prix cette position; malheureusement les travaux n'avaient pas été poussés avec assez d'activi;té et la redoute de Châtillon, inachevée, sans canons, ne pouvait nous offrir aucun appui.

Depuis plusieurs jours l'ennemi tournait autour de la hauteur. Masquant habilement leurs mouvements derrière les bois, les Prussiens réunissaient à la hâte des forces considérables.

Une reconnaissance envoyée il y a deux jours signala ces mouvements.

Il était dès lors urgent d'agir.

Le général Ducrôt prit le commandement de quatre divisions et fit commencer le feu dès k point du jour.

Les Prussiens ne répondirent pas d'abord à notre artillerie. Peu à peu leurs troupes, un instant surprises, se formèrent en lignes et ouvrirent contre nous un feu terrible. Notre droite eut surtout à souffrir de cette fusillade d'autant plus meurtrière que caché derrière les arbres, l'ennemi ne se montrait pas et tirait à coup sûr.

Vers dix heures, l'artillerie prussienne ouvrit le feu avec une telle violence que notre droite, malgré tous les efiforts des officiers, se mit en retraite. Le régiment provisoire des zouaves donna le signal, et nos soldats se débandèrent rapidement. Ce n'était

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là sans doute qu'une panique bien excusable de la

part de jeunes troupes, mais cette débandade, en

nous forçant à la retraite, devait avoir de désastreuses ■* *

conséquences.

Nos pertes sont minimes; heureusement pas une de nos pièces de canon n'est restée au pouvoir de l'ennemi, grâce au dévouement et à l'énergique bravoure de nos artilleurs, mais la hauteur de Châtillon n'est plus à nous. C'est le point le plus rapproché du rempart qu'occupe l'ennemi.

Cette triste journée aura du moins donné à nos mobilisés l'occasion de se montrer. ,Un bataillon de la Seine et deux bataillons bretons ont tenu tête héroïquement à l'ennemi et fait le coup de feu comme de vieilles troupes.

3o septembre.

Ce matin, à trois heures, les hommes de service frappèrent aux tentes qui se trouvent devant le fort de Bicétre. On ne voulait pas sonner le clairon pour ne pas donner l'éveil.

La veille au soir, nos troupiers ne savaient pas qu'ils devaient donner^ mais chacun conûprit de quoi il s'agissait. En cinq minutes, tout le monde fut sur pied.

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Le général Vinoy commandait les régiments qui se mirent en marche.

Pas de chants, pas de bruit.

C'était un spectacle saisissant que celui de ces troupes marchant silencieusement dans la nuit.

Au bout d'un quart d'heure environ, le 93» de ligne, déployé en tirailleurs, Jbrûla ses premières cartouches. Sur notre aile gauche, les Prussiens ont été absolument surpris; quelques-uns d'entre eux ont été tués endormis.

La lignedeJbataille était très-étendue et séparée par quelques villages où les Prussiens avaient crénelé les maisons; l'aile droite et l'afle gauche de notre petite armée ne pouvaient que difficilement communiquer.

Il faut dire d'ailleurs que l'avantage de la po* sîtion était en notre .faveur du moins du côté gauche : le canon des forts et de la redoute de Villejuif fouillant constamment les rangs ennemis.

Au premier coup de feu, l'aile gauche se porta en avant. J'ai distingué les 70®, 93®, 27® et surtout le 90® qui s'est vaillamment comporté. Il convient d'autant plus de signaler ce régiment, qu'à l'affaire de Châtillon quelques-unes de ses compagnies avaient lâché pied.

Malheureusement, l'aile droite rencontra plus de résistance. Conduits par le général de Guilhem, les 35® et 42® de ligne refoulèrent l'ennemi dans Chevilly. Les Prussiens se réfugièrent dans les maisons crénelées et ouvrirent contre nos troupes un feu

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d'une violence inouïe* Le général de Guilhem fut tué. Toute résistaqce devenait impossible^ d'autant plus qu'à chaque minute^ il arrivait à l'ennemi des renforts considérables.

Il est assez difficile de préciser les pertes essuyées par nos troupes. Je ne crois pas cependant exagérer en estimant à quatre cents le nombre d'hommes tués et à douze cents Iç chiffre des blessés. Le 90® de ligne seul a perdu plu^s de quarante-huit à cinquante-cinq hommes.

La plupart de nos blessés ont été transportés à Montrouge ; le collée des Jésuites, pour sa part, on a reçu près de cgit cinquante.

Les Prussiens ont recueilli cinquante de nos blessés; ils paus ont fait savoir qu'ils rendraient les soldats, mais garderaient les officiers. De leur côté , ils doivent avoir éprouvé des pertes sensibles. Un chirurgien m'assure que, contrairement à ce qui s'est passé chez nous, le chiffre des morts est chez eux prçportionnellement bien supérieur à celui des blessés.

On me rapporte que le bataillon de marche du 35® de ligne a perdu la moitié de son effectif.

Quelles ont été les causes de ce combat ? Il en est trois que j'ai entendu citer; je ne puis que les répéter, sans m'en porter garant.

D'après nos soldats, il s'agissait de donner la main au général de Polhès, qui attaquait en avant de Choisy-le-Roi. Je n'attache, pour ma part, aucune créance à cette version, mais ce bruit était si bien

accrédité parjui nos troupiers, que, vrai ou faux^ il mérite au raoin» d'être rapporté.

Quelques ofBciers sj^périeurs m affirment que le combat de ce matin avait pour but de détruire le pont de Choisy-le-Roi. Ce pont n'ayant pu être coupéj les Pjfussiens faisaient passer de ce côté leurs approvisionnements. ^ ^

Enfin, d'après une autre version, d'importants convois de bestiaux et de munition» se trouvaient arrêtés sur la. ligne d'Orléans, à une dislance assez peu éloignée de Paris. Les Prussiens ne s'en étant pas emparésj on aurait médité cette attaque qui, en débarrassant la ligne,* aurait eu pouir résultat' de permettre l'entrée à Parh de tous ces convois*

Je me borne à signaler ces trois Versions, tout contrôle étant impossible.

Maintenant peut-oû considérer cette affaire comme un triomphe pour nos ariûes? Évidemment noh. Nous n'avons pu parvenir à couper les communications de l'ennemi, et il nous a fallu nous mettre en retraite. ,

De là à une défaite, il y a loin cependant. Nous ne sommes plus aU ig : nos soldats ont une vigueur, un courage qui permettent d'espérer que bien conduits^ ils ne tarderont pas à disputer et à gagner la victoire.

Je ne veux pas examiner si, comme on le dit, nous n'avions pas une artillerie suffisante. Je crois, et cette opinion est partagée par beaucoup de nos officiers, que le général Trochu n'a pas voulu don-

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ner à cette affaire les proportions d'une bataille. Il faut avant tout aguerrir le soldat, l'habituer à la fusillade et au sifflement de Tobus. Bans quelques jours^ ce sfara fait, et il sera possible alors de prendre sérieuseitietlt roffensive...:.

Chaque jour «mène le récit de nouveUès truàulés. Ici ks Prusdens violent^ là ils assassinent, partout ils pillent^ voletlt, détruisent;

De {ilaines fertiles, ils font des déserts : fcs blfoj les arbres, les maisons, tout est anéanti. •

A lire les sinistres exploits de ces banditSj on croirait que la France combat les légions d'Attila I

Et ce sont les Alteniands, les prudes Teutons qui baissaient pudiquement les yeux en entendant raconter nos fredaines^ qui se conduisent sTinsi 1

Pour châtier tous ces maïigèurs de choucrdute, nous avons les canons de nos remparts, les teïonnettes de nos fusils !

Mais suffit-il de chasser ces hoitles barbares, pour que le souvenir de toutes ces infamies disparaisse ?

La paix signée, tendrons-nous une main loyale à ceux qui se sont fait des armes de la déloyauté et de l'assassinat ?

Ils ont voulu,. ces Germains stupides, détruire le nom français ! Hs ont bombardé Strasbourg, l'héroïque cité, ils ont passé comme une nuée de sau^ terelles sur nos plaines fertiles.

Par eux, la moitié de la France est ruinée pour vingt ans peut-être;

Ces souvenirs-là ne s'effacent pas;

Intef roge^Ceux qui ont ru la première invasion : iU vous raconteront les sinistres exploits de ces dignes alliés, lefe Prussiens et les Cosaques.

La paix signée, il faut que chaque Français conserve au fond du cœur le souvenir de Tin jure I

Il faut que c|îacun de nous s'engage à ne jamais acheter à un marchand allemand, il faut que les patron^ ne prennent pas dans leurs chantiers un ouvrier de la nation allemande. Il faut enfin que nos manufacturiers ne fassent rien venir d'au delà du Rhin. ^-

Taiît qiïô l'Allemagne ne sera pas une nation maritime — et il s'écoulera longtemps sans doute avafit que cela soit — elle ne pourra avoir de commerce^séri«Cix qu'avec la France. Contre la nation parjure à tous les traités, oublieuse des lois de l'hu- * manité et de l'honneur, il faut ressusciter le blocus continental.

En i858, les Autrichiens défendirent aux Italiens de fumer d'autres cigares que les cigares allemands. De ce jour, pas un Milanais^ pas un Vénitien ne uma: ^ ! • •

N'aurions-nous pas la même énergie que les Italiens?

Nous savons, que toute cette légion de bottiers, de tailleurs, etc., n'était pas occupée seulement à nous exploiter. Là où nous ne voyions que des industriels cherchant à vendre leurs marchandises aussi cher que possible^ il y avait en réalité des espions.

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Tous ces mouchards à tête carrée, que nous croyions occupés uniquement à nous, prendre jnesure d'une paire de bottes, scrutaient les moindres recoins de Paris, voyaient tout, rapportaient tout.

Par eux, la Prusse connaissait l'ojiat exact de nos forces j la résistance que poâVait offrir chacune de nos villes.

On comprend!* maintenaftt'isiourquoi sur la frontière^ des légions d'ouvriers allemands envahissaient nos usines, se contentant d*un salaire Qjinime.

De semblables faits ne doivent phis se reproduire.

11 faut que. l'Allemagne ne trouve aucun débouché pour ses produits.

Contre elle qui s'est Içvée en fixasse pour nous voler et nous égorger^ il fajtt que nous notis levions en masse, pour lui infliger la correction qu'elle mérite.

Tant que la guerre durera, nous aurons des balles dans nos fusils pour ces détrousseurs de grands chemins; la paix signée, il i^e faut pas que le voleur disparaisse, et que tous ces industriels viennent reprendre chez nous leur industrie en partie double.

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