PLAIE DE CE MALHEUREUX ON TROUVA DES FOURMIS
Je résume brièvement les nouvelles que je recueille ici. La voie a été coupée ce soir à deux endroits, à Bazancourt d'abord, puis au Châtelet. Il est probable que demain ces communications seront rétablies.
Je vous ai sans doute parlé d'un officier de dragons de Silésie qui, amené blessé à Reims^ est mort et a été enterré au milieu d'un grand concours d'officiers et d'ouvriers.
On a trouvé sur le capitaine de Marcoll des lettres adressées par une demoiselle qui habite, à Paris, la rue d'Aboukir. On ne fit d'abord pas grande attention à cette correspondance, mais un examen plus attentif fit remarquer un singulier détail.
Certaines phrases, certains mots, certaines lettres même étaient piquées en haut avec une aiguille.
Un officier eut la curiosité de rassembler ces phrases, ces mots, ces lettres, et il arriva ainsi à
l32 Aux Avant'PosteS
reconstruire toute une missive, non plus amoureuse, mais remplie d'indications sur les préparatifs , de défense de Paris. | Il est bon de signaler de semblables faits : ils j prouveront que Ton ne saurait prendre-trop de pré- î cautions et se méfier d'un ennemi qui a fait un art j de l'espionnage. i