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DANS LA PAROISSE

ront entendre chaque dimanche l'exposé complet, impeccable, vivant, de la doctrine chrétienne, et, en suivant régulièrement les prônes de leurs prêtres, ils en sauront assez pour résister aux attaques incessamment renouvelées de l'ignorance et de la mauvaise foi.

Dans la paroisse moderne, les hommes qui sont à la tête de la société recevront un enseignement religieux approprié à leurs besoins particuliers.

Enfin la paroisse moderne, sortant de ses temples, ira au dehors atteindre ceux qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas encore venir à l'église ; elle instituera pour ces chrétiens qui n'ont plus de dimanche des réunions et des conférences spéciales en dehors des lieux ofliciels du culte.

A l'action de la parole la paroisse moderne ajoutera Faction de la presse, et à tous ceux qui cherchent la vérité elle présentera des lectures intéressantes' et sérieuses.

Telle doit être la paroisse moderne. Elle conserve et elle perfectionne tous les anciens moyens d'évangélisation, et elle les complète par des institutions nouvelles que nécessite l'heure présente. Nous allons étudier successivement chacun de ces organismes qui composent la paroisse moderne.

La paroisse bien organisée doit suffire à l'instruction religieuse des paroissiens. Et d'abord elle doit offrir à l'enfance des écoles oii la science de la religion soit en honneur.

I. L'école neutre, c'est-à-dire l'école sans Dieu, est certainement la blessure la plus vive, la plus profonde, la plus dangereuse qui aitéié faite à la religion depuis vingt ans. C'est une invention récente. On en reviendra, si on ne veut pas en mourir.Mais, en attendant, l'institution fonctionne, injurieuse pour Dieu, dommageable à l'enfant, inquiétante pour la société. Vainement on essaierait de la justifier en prétendant que l'éducation religieuse est l'œuvre exclusive des prêtres et de la famille. Cette prétention n'est qu'un sophisme. Le prêtre ne reçoit pas l'enfant assez tôt et ne le garde pas assez longtemps. Son action tardive et transitoire ne peut pas aller bien avant. Et la famille, que désire-t-elle, sinon que l'œuvre ébau-

chée à la maison se continue à l'école? Les parents envoient leurs enfants à l'école pour qu'on cultive dans ces jeunes âmes les premiers germes de vie chrétienne que le baptême y a déposés. Chose lamentable! on a décrété et institué l'école sans Dieu à l'heure même où l'école devrait être plus chrétienne que jamais, à une époque de légèreté et d'indiiïérence oii la plupart des familles sont impuissantes h former religieusement l'enfance. L'école neutre ne répond nullement au vœu des familles chrétiennes ; elle favorise et elle consomme l'insouciance religieuse des familles qui ne sont plus qu'à moitié chrétiennes. Je laisse parler ici un académicien, François Goppée : (( J'éprouve, dit-il, une véritable colère contre les malfaiteurs qui, pris d'une démence inconcevable, prétendent déchristianiser la France. Certes, ils n'y parviendront pas. Mais est-il, en vérité, une plus mauvaise action que de ravir au peuple la foi et la prière? Hélas ! à l'heure qu'il est, un mal énorme a été fait, il s'aggrave tous les jours, et Ton nous prépare des générations de malheureux qui s'agiteront entre la révolte et le désespoir. Comment ne pas s'alarmer devant un pareil avenir? Comment ne pas s'indigner surtout, à la pensée que ceux qui concourent à cette œuvre funeste ne sont même pas tous de bonne foi, et

que tel politicien bourgeois, prêt à voter tout ce que l'on voudra pour chasser Dieu de l'école, s'étonnerait que « sa dame » et n sa demoiselle » n'eussent pas de religion, comme il dit dans son plat langage? Puisse le fait que je lui signale aujourd'hui, ces innombrables enfants sauv. baptême, sans ombre de pensée religieuse, faire un peu rentrer cet homme en lui-même; et, si un soir, dans l'intimité de la famille, il se surprend à s'attendrir devant le tableau — toujours auguste et charmant — de sa femme faisant apprendre à son dernier-né quelque prière enfantine, puisset-il rougir de son hypocrisie, et songer avec horreur que ce pain de l'âme qu'il accorde aux siens, il l'arrache aux pauvres gens ! »

II. En présence de tels dangers, en présence de l'école sans Dieu, devenue logiquement et pratiquement l'école contre Dieu, l'Eglise a ouvert partout des écoles chrétiennes. Elle a été fidèle à son passé, à sa vieille méthode qui consiste à restaurer le christianisme par l'éducation. Dès les premiers siècles, quand les pouvoirs ennemis obligeaient les enfants des fidèles à suivre les écoles païennes, l'Eglise enjoignait à ses prêtres d'instruire l'enfance. Au moyen âge elle a ouvert les écoles presbytérales, épiscopales, monacales,

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