CHAPITRE V
VINSTBUCriON RELIGIEUSE DANS LES OEUVRES DE PERSÉVÉRANCE
La paroisse bien organisée ouvre à Fenfance des écoles chrétiennes et la conduit au catéchisme pour lui distribuer l'instruction religieuse. Mais, à douze ou treize ans, l'enfant quitte l'école et le catéchisme de première communion ; il entre dans les crises de l'adolescence et de la jeunesse. La paroisse va-t-elle le délaisser à l'heure même oii ses besoins deviennent plus pressants? Non. A l'adolescence et à la jeunesse nous devons ouvrir, et nous ouvrons, des OEuvres de persévérance, qui sont non seulement des abris pour la vertu menacée, mais encore des réservoirs providentiels où. vient s'alimenter et se fortifier la foi combattue. Etudions de près ces belles institutions de la paroisse moderne.
L Après la première communion, de treize à vingt ans, le jeune homme et la jeune fille doivent conserver et auermenter leur instruction relierieuse. C'est plus nécessaire et plus difficile que jamais. Car
dans ces jeunes âmes la foi est sérieusement menacée. Elle est menacée au dedans par les passions qui naissent, par les orages du cœur qui envoient à la tête les vapeurs et les ténèbres du doute, par les révoltes des sens qui appellent vite à leur secours les complicités de l'esprit. « Bien des hommes, dit François Goppée, conviendraient, s'ils étaient sincères, que ce qui les éloigna d'abord de la religion, ce fut la règle sévère qu elle impose à tous au point de vue des sens, et qu'ils n'ont demandé que plus tard à la raison et à la science des arguments métaphysiques qui leur permettent de ne plus se gêner. » Et, de son côté, un autre académicien, Paul Bourget, dit à peu près la même chose : « Je n'étonnerai aucun de ceux qui ont traversé les études de nos lycées en affirmant que la précoce impiété des libres penseurs en tunique a pour point de départ quelque faiblesse de la chair accompagnée de l'horreur de l'aveu au confessionnal. Le raisonnement arrive ensuite qui fournit des preuves à l'appui d'une thèse de négation acceptée d'abord pour les besoins de la cause. » Dans la jeunesse, c'est très souvent la volupté qui fait chavirer la foi. Ce sont aussi les tempêtes du dehors. Les souffles du monde sont mauvais : souffle glacé de l'indifférence, souffle me-
DANS LES ŒUVRES t>E PERSÉVÉRANCE
poisonné du doute, souille furieux de Timpiété. De toutes parts le jeune homme est assailli par les plaisanteries de Tatelier, du bureau ou du magasin, par les lectures et les gravures perfides, par les conversations et les exemples... De tout cela il se dégage une saveur pestilentielle qui asphyxie les croyances les plus robustes et la piété la plus vivace. — Disons ici toute la vérité. Souvent, hélas! après la première communion, les familles elles-mêmes s'ingénient à démolir l'édilice religieux qui a été si laborieusement construit dans Fâme de l'enfant. Lorsque le jeune homme et la jeune fille, après leurs années réglementaires d'école et de catéchisme, rentrent à la maison, ils y entendent des discours antichrétiens, et ils y voient des exemples en opposition directe avec la loi de Dieu ; et, les passions de la jeunesse se développant précisément alors, d'accord avec ces influences domestiques, ils risquent d'abandonner bientôt et totalement les pratiques d'abord, et ensuite les croyances religieuses. A'ssez fréquemment c'est dans la famille que se trouve le plus redoutable obstacle à la vie chrétienne de l'adolescence et de la jeunesse. Que faire? La paroisse peut-elle se désintéresser d'une situation si compliquée et si dangereuse? Elle ne le peut pas. Elle doit venir au
secours de ses enfants menacés. Et elle y vient.
II. D'abord elle institue des catéchismes de persévérance. Elle en a pour les garçons, et elle en a pour les jeunes filles. Là, pendant les années qui suivent la première communion, aussi longtemps que possible, le prêtre soumet la jeunesse à une série de pieux exercices, parmi lesquels l'instruction religieuse tient une place importante. La prière en commun ouvre et ferme le catéchisme de persévérance. Des avis multipliés, très courts, très précis, très incisifs, très pratiques sont adressés à l'auditoire captivé; on exécute de beaux cantiques. Une homélie de dix minutes vient réchauffer la piété et suggérer de bonnes résolutions. Une instruction solide est donnée chaque dimanche, de manière qu'en trois ou quatre ans la doctrine chrétienne tout entière soit offerte à l'attention et à la méditation des jeunes auditeurs. Ils écoutent, ils prennent des notes, un bon nombre font un résumé écrit, dont il est rendu compte publiquement à la réunion suivante. De temps en temps dans l'année, le catéchisme de persévérance a ses fêtes, marquées par une communion générale le matin, et par la parole d'un prêtre étranger invité à la réunion de l'aprèsmidi. Et à la lin de l'année, dans une séance so-