LA PERSÉCUTION RELIGIEUSE VII
mettent maintenant le budget et les dépouilles du clergé et qui vont encore lui infliger une nouvelle déception, puisque désormais, pour avoir des prêtres, ô peuple de France, tu seras obligé de les payer, puisque fatalement la guerre faite à la religion se tradui ra pour les classes populaires par une di m inution de travail et de charité, par une aggravation de déboires et de privations. Pourquoi donc nous persécuter, puisque nous ne sommes ni les ennemis de la patrie, ni les ennemis de la République, ni les ennemis du peuple ?
Serions-nous des malhonnêtes gens, des criminels, des corrupteurs, des voleurs, des assassins, des incendiaires? Si nous sommes tout cela, qu'on ait le courage de le dire et qu'on essaie de le prouver. Mais, de grâce, qu'on ne nous condamne pas sans nous entendre et qu'on nous accorde au moins le traitement qu'on accorde aux coupables, lesquels ne sont punis qu'après avoir été jugés et convaincus. Non. Il y a une justice pour les bandits et les apaches; iln'y en a pas pour les catholiques; nous subissons les derniers outrages, nous sommes traqués comme des bêtes fauves pour des crimes purement imaginaires, pour des délits qu'on invente exceptionnellement contre nous. Nous sommes d'honnêtes gens, et les plus tarés des citoyens ont un sort meilleur que le nôtre. Pourquoi? pourquoi ?
A cette question angoissante il n'y a qu'une réponse. La haine qui nous poursuit s'adresse, non à nos per-