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IL NE FAUT PAS LIRE LA MAUVAISE PRESSE

La liberté illimitée de la presse est tellement entrée dans nos mœurs qu'il faut un certain courage pour en dire les dangers et les pernicieux résultats. Il semble presque impossible de convaincre nos contemporains qu'ils n'ont pas le droit de tout lire. Est-ce un motif de les laisser faire et de ne rien dire? Pas du tout. « Je ne connais rien de plus dangereux, a écrit Frédéric Le Play, que les gens qui propagent les idées fausses, sous prétexte que la nation ne voudra jamais y renoncer. Si elle n'y renonce pas, elle périra; mais ce n'est pas un motif pour accélérer la décadence en adoptant Terreur. Il n'y a pas d'autre règle de réforme que de chercher le vrai et de le confesser, quoi qu'il arrive. » Dans cette étude sur la presse, nous cherchons le vrai et nous le confessons; c'est notre unique préoccupation. Aujourd'hui, le mauvais livre et le mauvais journal sont dans toutes les mains : le jeune homme oisif, l'ouvrier à ses heures de repos, la jeune femme

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frivole, la ménagère, la demoiselle de magasin, le touriste et le voyageur de commerce, le citadin et le paysan en font leur lecture favorite. Or, nous prétendons que l'exemple de tous ne justifie personne, et que le devoir consiste à obéir à sa conscience, et non à l'entraînement universel. Pour nous faire mieux comprendre et pour aboutir à des conclusions plus précises, nous allons parler successivement des mauvais livres et des mauvais journaux.

I. Il ne faut pas lire les mauvais livres. Dieu, l'Eglise et la conscience le défendent. L'Eglise met à l'index certains livres qui sont contraires à la foi et aux mœurs, et il suffit d'un instant de réflexion pour comprendre sa conduite, d'un peu de bonne foi pour admirer sa sagesse. Mère très aimante, elle avertit et protège ses enfants; c'est là une prudence élémentaire , au moins aussi louable que celle en vertu de laquelle l'autorité civile exige que la vente des substances vénéneuses ou autres matières dangereuses soit entourée de certaines précautions.

Il est d'ailleurs une multitude de livres qui ne se trouvent point nominativement inscrits sur le catalogue de l'Index, et dont cependant la lecture est interdite par la loi naturelle et divine. Dieu et la conscience défendent de lire un livre impie et

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