CHAPITRE VII QUI DOIT RÉPANDRE LA BONNE PRESSE
Il nous reste à résoudre une dernière question. Qui doit répandre la bonne presse? Sans la moindre hésitation nous répondons que la diffusion de la bonne presse est l'œuvre collective des laïques et des prêtres.
1. Les prêtres ont le droit et le devoir de répandre la bonne presse. C'est une erreur de croire que l'action du prêtre se concentre et s'achève dans son église, dans sa sacristie et dans son presbytère. Sa mission étant d'insinuer l'Evangile dans toutes les fibres de la société, d'accréditer sur la terre le Vrai et le Bien, de donner Dieu au monde, il est souvent obligé de prendre des initiatives qui le font sortir de son presbytère, de sa sacristie et de son église. Il est le sel de la terre; si le sel reste dans la salière, il peut orner la table et y tenir une place honorable; mais il manque sa destination qui est de saupoudrer les aliments. Le prêtre est la lumière du monde : si le flambeau
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est mis sous le boisseau, il cesse d'éclairer, il n'a plus sa raison d'être, et il ne tarde pas à s'éteindre. Toutes les entreprises qui ont pour but'd'évangéliser conviennent au prêtre. Or Léon XIll, quand il était archevêque de Pérouse, disait : « Je considère le journal catholique comme une mission perpétuelle dans mon diocèse. » Donc la diffusion de la bonne presse est une œuvre apostolique qui entre dans le programme du clergé.
On dit : « Mais, si le clergé se jette dans la lutte, il fera des imprudences. » Evidemment. Lorsque quelques bateliers de la Judée eurent cette surprenante audace de se dresser seuls contre la civilisation sensuelle de l'Orient, de la Grèce et de Rome, et de lui montrer l'image du Crucifié en lui disant : « Voilà votre Dieu ! » humainement parlant, ils étaient de fameux imprudents, mais devant Dieu ils furent de sublimes apôtres, et ils ont changé la face du monde. Et quand Grégoire Vlï arrêta les usurpations de la force et brisa l'insolence des empereurs d'Allemagne, n'était-il pas un imprudent? 11 sauva cependant l'honneur et la liberté de TEglise au prix d'une lutte qui immortalisa son nom en abrégeant sa vie. Et quand Pie VII, vieillard désarmé, disait à Napoléon : «( Sire, je peux bien vous céder mes droits, maisje ne peux pas vous céder mon devoir »,