‹ Aux hommes travail nécessaireChapitre 53 sur 88 · QUI DOIT RÉPANDRE · texte numérisé non relu

QUI DOIT RÉPANDRE

quand il accepta le duel formidable de la colombe contre le vautour, n'était-il pas un imprudent? Et cependant il eut le dernier mot. Et quand Pie X, àTheure présente, prend devant FEglise de France l'attitude que nous savons et que nous admirons, n'est-il pas souverainement imprudent... et souverainement grand? Certes l'humilité de nos efforts ne saurait être comparée à la majesté de tels exemples. Mais ces exemples nous sont pourtant une leçon. Ils nous disent que la vie du prêtre n'est point une vie de soumission résignée aux événements du jour, mais bien une vie d'énergiques résistances et de perpétuelles initiatives. M

En France, prêtres et fidèles, nous sommes, ou du moins nous avons été jusqu'ici trop enclins à regarder la religion comme une branche d'administration. Le percepteur est à son bureau; il attend les contribuables; il encaisse; il fait cela tous les jours de sa vie, il meurt, et il a accompli tout son devoir. Tel n'est pas le prêtre. S'il reste dans sa sacristie, dans son presbytère, au pied de son tabernacle et de son crucifix, il n'a rempli que la moitié de sa tâche. Arrière la vilaine doctrine qui veut exiler le prêtre du milieu de ses semblables et l'enfermer, le cadenasser chfez lui dans une solitude déprimante! Le jour où le prêtre n'entrerait plus dans la société, l'esprit chrétien

serait bien près d'en sortir. « Savez-vous, disait un jour Frédéric de Prusse, ce qu'il faut faire pour tuer la religion catholique? Il faut en faire un hibou. » Ce vil Prussien voyait juste. Le jour où nous resterions comme des hiboux dans nos presbytères et nos sacristies, la religion serait fortement compromise, sinon totalement perdue dans notre société française. Malheur à nous si nous sommes une caste, si nous sommes des isolés, si nous vivons chez nous et pour nous, si nous perdons le contact avec la nation, si nous cessons de nous mêler à tout et à tous !

Hélas ! est-ce que là ne serait pas l'explication de notre faiblesse, de notre impuissance, de nos défaites d'hier et d'aujourd'hui? A voir la place que la religion tient encore dans la vie réelle, dans la vie privée et familiale de nos populations, on pourrait croire qu'elle tient une place équivalente dans leur vie sociale et publique. Il n'en est rien. Nous avons le spectacle d'un clergé puissant encore sur la vie privée des populations et à peu près nul sur leur vie publique. Et cet effacement du clergé est un phénomène lamentable. On nous a pris les votes, on est en train de nous prendre les consciences et de forger des lois qui vont à abolir jusqu'aux derniers vestiges de notre influence religieuse. Pendant que dans l'ombre du

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