‹ Aux incrédules et aux croyansChapitre 12 sur 19 · PAR DES FAITS INCONTESTABLES · texte numérisé non relu

PAR DES FAITS INCONTESTABLES

Dans rétat présent de Thomme , la parole étant Tunique moyen de communication entre !es esprit."?^ il ei>t naturel, aiiisi que nous l'avons déjà dit dans le Chapitre quatrième^ que , si Dieu a révélé le Christianisme , il ait employé ee moyeti. Nous avons à examiner maintenant cette question de fait : Dieu a-t-il révélé le Christianisme par le mojen de la parole Iqaesiion dont la solutimi se trouve iié<"essairement dans la démonstration delà divinité de la mission de Jésus-Christ ^ fondateur de cette religion. Or , pour démontrer la divinité de la mission de Jésus-Chriîfct , il suffit de constater les &its divins qui en sont les titres.

Par faits divins nous entendons ici des faits contraires aux lois constantes de la nature , opérés > au nom de Dieu, en faveur d'une religion.

Ces fails prennent le nom de prophéties, quand ils sont contraires à la loi constante de l'intelligence humaine, d'après laquelle < naturelleihent , elle ne peut découvrir avec certitude l'avenir qui dépend des volontés inconnues de Dieji ou des vor Ion tés libres des créatures; ils prenneiït le nom de

, (2fO)

miracles , quand ils ^ont coiitraîrcfs aux attires loî* constantes de la nature.

De tels faits sont divins ^ en ce qu'ils ne peuvent être que rœuvi*e de Dieu, puisque celui-là seul qui a établi les lois de la nature peut y déroger; et ils sont une démonstration conTaincante de la vérité d'une religion , puisqu'il répugne (|iie Dieu agisse pour favoriser l'erreur , surtout relativement aux hommages qu'il exige de rhomme , et qui sont le premier devoir de la créature'raisonnable. Ainsi, en matière de religion , un fait àivinn^esi qu^un syllogisme en action : une religion en preuve de laquelle Dieu opère un fait contraire aux lois constantes de la nature, est vraie et divine: or Dieu a j[>péré etc. donc etc.

Mais de tels faits sont ils possibles « demande l'in-^ crédule?... « Cette question sérieusement traitée , » répond Jean- Jacques^ serait impie, si ellenetaic » absurde : ce serait faire trop d'honneur à celui » qui la résoudrait négativement, que de le punirj » il suffirait de l'enfermer, f Lettres écrites de la » montagnCyp* 104.J ». Qu'est-ce» en effet, tju'une exception aux lois constantes de la nature ^ sinon un décret éternel de f)ien, lié, dans rorùre général , pour une fin sage , aux lois qu'il a établies» D'où il .siiit que bien loin de supposer eu Dieu aucun changement, aucune faiblesse, aucune in-* conséquence , comme a osé le dire Voltaire C Dict^ philos, art, miracles. ) , cette exception n'est que l'accomplissement de sa volonté éternelle ^ et la

m^tiirestation de sa sagesse etlie sa puissance inn-* hîes. Or, n'est- il pas absurde et impie d'avancer que les décrets de Dieu n'ont pi» être qu'absolus > et <^i'en les portant il â été isoumis à une nécessité fatale j qui ne lui a permis,' même pour une fin sage , aucune exception «^ Noti ^ Dieu n'a pu perdre son domailre souverain sur ses ouvrages, ni l'un des moyeps les plus frappants de manifester son pouvoir et sa protection ; s'il en était autrement ^ te serait le monde qui asset'virait Dieu > et ce ne serait plus Dieu qui gouvernerait à son gré le u>onde : n'est-ce point là un véritable blaspbême?..; D'ailleurs, qu'on nous dise en qù<» il répugne, par exemple, que Dieu rende la vie à un mort. Qu'estce (jue la mort? La cessation du mouvement vitale et la séparation de l'ame et du corp. Et poui quoi Dieu ne pourrait-.il pas unir de nouveau une atae à un corps pour rendre la vie, comme il les avait Unis d'abord pqur la donner? En quoi l'un seraitil plus difficile que l'autre? Pourquoi celui qui donne le mouvement ne pourrait-il pas le rendre? Quand ce serait une seconde création, où est l'obstacle? Quoi 1 Dieu n'aurait pu créer qu'une seule fois? Mais il crée sans ces»e^ disent^ de concert , l'Ecriture et la Philosophie : le métaphysicien enseigne que la conservation de l'univers est une création continue , parce qu'elle stippose l'acte continu de la volonté de création ^ et le Psalmiste dit avec son énergie ordinaire : Retirez votre esprit créateur , et tout cesse de vis^r^ ; envoj^z de nou^

(21?) veau le souffle de lu vie , et tout est créé de nou^ veau{^V%, 133. )- Sans doute \ la résuiTection ne peut avoir lieu qiae par le retour du mouvement vital et la nouvelle union de Tame avec le corps , parce que telle est Vessençe de la vie humaine; et voiln ce que Dieu ne saurait changea tandis<|ue rien ne s'oppose à ce qu'il déroge à l'ordre ici-bas établi, d'après lequel le mouvement vital, une fois détruit^, ne »e ranime plus, et i'ame ne rentre plus dans le corps une fois qu'elle en est sortie.

Mais , poursuit l'iiicrédule , comment peut -on

discerner les faits divins des faits naturels? Par

la raison et rexff^Tience qui nous donnent la connaissance certaine des lois constantes de la nature. Ne suffit*il pas de connaître une loi pour reconnaître ce qui y est opposé , de connSiitre la règle pour reconnaître l'exception ? ( 1 )

( 1 ) Voici commeRt raisonne Jean-Jarqucs , ponr montrer qu'on ne peut pas discerner si une prophétie est ou fait divin ou humain : a Puis- . » que la clarté d'iine prédiction faite au liasard nVn rend pas l accom-' » plissement impossible» cet accompHssement , qn^nid il a lieu , ne )).rou- » ve rien , à la rigueur , ponrcdui qw Ta prédit , ( Emile , livre IV f h p. 23 et 24 , édit. de 1793. ) ». On ne saurait donc , d'a|:vcs lui , ctre certain qu'une prophétie est iiifine, que lorsque IVcouiplissement en est impossible j d'où il «uit évidemnient , d'un côté y que , s'il y a prophétie divine , il es( impossible qu'elle s'accomplisse , et de l'aiilre, que , si elle s'accomplit , ce n'est pas une prophétie divine , puisque l'cTènemeiit prouve que l'accomplisseraent était possible. ÇnelUi logique .'....

Qu'il nous soit possible , au reste ^ d'être certains que raccomj)lissèment d'une prof^hétie n'est pas uii simple effet du hasard , Rousseau lOi-méme en fournit la preuve dans un autre endroit de son Emile , où il dit i « Je ne dois point être surpris qu'une chose arrive lorsqu'elle est » possible , et. que la difficulté de l'événement est compensée far la qvaiH

( 213) Maïs pour affirmer qu'un fait est une exception aux lois de la natme, ne faùdrait-il pas les connaître toutes? « Car une seule qu'on ne connaîtrait » pas, dit Rousseau, pourrait, en certains cas in- » connus aux spectateurs , changer l'effet de belles )) qu'on conhsAtraiitjf Lettres écrites de la Monta- » gncy p. 107. J ». Or , qui peut se vanter de connaître toutes les lois de la nature?... S'il (était possible qu'un fait contraire aux lois constantes de la nature fût produit par une loi inconnue , il faudrait dire que les phénonlènes les plus contradictoires sont également conformes aux lois de la nature , que par consé({uent ce monde Cf^t régi par des lois contradictoires; or, cela est impossible sous un Dieu infiniment sage. Un homme meurt , c'est une loi de la nature ; on l'en terre , il tombe en dissolulion ; au bout de quatre jours , à la vchx d'un autre homme, il ressuscite; c'est, peut-être, dira-t-on ,

4f titë des jets , j'en conviens.' G'penclaDt , si Ton me venait dire que dos » cararlcre» d'imprimerie , projettes an hasard , fwit donné FÉiit^idé tout » arrangi^yjo ne daigni^rais pas faire un pas pour sJiïvt ViVifier le litenson- » ge. Vous oubliez, me dira-t-on , la quantité dos j<Vts ; mai« ^ ces jets-là » combien faut-il que j'en suppose pour rendre la combinaison vraisem- ' » Mable ? Four moi , qui n en vois qu'un seul, j'ai Tinfini à parier contre » un , qiic son j>roduit n'est pas l'effet da hasard ( Emile , iiv. IV , tome » II , p. 312.') ». De son aveu, ub fait peut donc être tçl , qu'il y ait Vinfini à parier contre un , qft'il n'est pas le produit du hasard. Or , Tâocomplissement d'une prophétie peut exiger un tel concours de circonstance» , qu'il y ait aussi V infini à parier contre» un que la prudence hu* maine n'a pu le prévoir ; donc il p<.'ut y avoir Vinfini à parier contre un • qu'une prophétie est divine. Mais quand il y a Vinfini à parier contre un, . cela w^rouve-t'il rien , même aux yeux de Rousseau , qui tire de c€ princi(>c la démonstration da rcxisteuoe du SouTcraiâ-Être ?

(2U) nrie autre loi de la nature. Etrange solution , e» T'alite ! Qit*aj)pel&-vous.loi delà nature , sinon uuç «rause permanente qui se manifeste par des effets constans dans les mêmes circonstances? Les cir-^ confiances demeurant les mêmes, arrive-*t-il que l'effet change , qu'il est tout opposé a l'effet ordi-* nairé? Il existe une cause de ce changement , sans doute ; maia ce n'est pas une cause permanente , ,. puisqu'on ne peut reconnaître la permanence d'une cause que par U constance de l'effet dans les mê^ mes circonstances, Cç n'est donc pas une. loi de la nature qui est'cause de ce changement. Donc il n'est pas nécessaire de connaître toutes les lois de la natiu'e pour affirmer qu'un fait est surnaturel , divin; il suffit de voir que ce fait n aurait pas eu Jieu, si les lois connues avaient conservé leur cour» et leur influence. ( 1 }

Mais ne peut^il pas y avoir des êtres interme'diaires entre Dieu et l'homme, qui produisent des faits contraires aux lois constantes de la nature ? Nous n'avons donc jamais le droit d'affirmer qu'un fait contraire aux loia constantes de la nature est divin Sans entrer dans le fond de cette question^

( 1 ) Voyez, d'ailleurs, k quellet horribles conséquences mènerait le iKUSonnement de Rousseau , en le supposant exact. Si on^ ne peut affirmer qu'un fait est contraire aux lois de I4 nature physique, sans en connaître toutes les lois , on ne peut non plus affirmer qu'uu fait e$t contraire aux lois de la nature morale , si Ton ne connaît pa$ toutes les lois de l'ordre moral. Or qui peut se vanter de les connaîtra toutes ?.... Aucun homm» • p'a donc le droit d'affirmer d'aucune action quW««si just«ouinj«ftt«^ ^eçt-À-dire qu'il n'eû«te ni criuM «à rwtiu

il eat évident que ces êti^es intermédîaîres entre Dieu et rhomme sont des bréatures , dépendantes de l'Etre-Si^rèine ; que par con^quent ils ne peuvent changer Feffet des lois constantes de la nature^ qu'avec la permission du Créateur. Or il est impossible que Dieu, Suprême Vérité, jpefmette qu'en invoquant son nom ils cfaàugent cet effet en faveur d'une fausse religion et pour tromper les hommes , à moins ' qu'il ne donne en m)ème temps aux hommes un moyen sûr de ne pas se. laisser tromper : aulremtent l'erreur retomberait «ur Dieu même. Quel ser^^it ce mojeti , daDS cette hypothèse ? Seraient'ce , eu faveur de la vérité, «les faits plus éclatans^ que l'erreur ne pourrait imiter?... Peu nous importe de le savoir. Il est certain que Dieu ne manquerait pas de moyens; et il est certain aussi qu'il uous en donnerait un : cela ne doit-il pas nous suffire? ( 1 )

( 1 ) Rousseau prétend : l». qute , d'après TEcriturc et les Théologien^ le seul inojen de discerner les vrais miracles des faux prodiges , cVst r Examen de la doctrine en faveur de laquelle ils sont opéréi , en sorte que le uiiraele prouve la doctrine , et la doctrine , le mît'acle , ce <fui est un cercle vicieux ; et il invoque, à ce sujet , les paroles de Moïse , au chapitre XllI du Dcuttfronome ; — 2^. que quand il n'y aurait pas , en cela , cercle vicieux , les simples ou pauures d'esprit , que Jésus-Christ a déclarés bienheureux , seraient incapables de cet examen , ('Emile, liv. IV, tome III , p. 1 5. )

1**. Nous pourrions , d'abord , nier le sens qu'il suppose aux paroles de Moïse , dans lesquelles il s'agit , au lien d'un faiseur de miracles , d'un /orgeur de songes , qui veut faii'r servir ses rêves à rendre les Hébreux idolâtres^ Mais , en lai accordant sa fausse supposition , il est fdkcile de le

vaincre de sophis««. L'absurdité tvidtntc d'une doctrine , OK ^'^fP^

MaU enfifi , comment peut-on s'assurer de Texi»teijce des faits dwins y quand on ne peut les voir soi-même?.. Parle témoignage humain, moyennant certaines conditions que nous allons indiquer et expliquer.

Observons , d'abord ,- qu'à laide de la réflexion nouî» découvrons en nous deux espèces de certitude appropriées à nos besoins ; la* certitude métaphysique , par laquelle nous possédoi^k» la A^érité des objets purement intellectuels , et la certitude physitpie , par laquelle nous possédons celle des faits qui tombent sous nos sens. Mais il y a une infinité de choses qu'il nous importede oonnaître, et dont nous ne pouvons nous assurer ni par nos

aition d'une doctrine à une autre d(^J4 démontrée divine par des miraclca înroxitestaMes , seraient une raison suffisante d'attribuer an démon des; )!ro<licr<'8 ofx^rés en faveur de cette même doctrine ; et dans ce cas , Dieu i\K\ devrait ps aux homme{> d'autre mojen d'éviter l'erreur , parce qu'il suffit d'être raisonnable pour voir c[ve Dieu ne favorise pas l'absurdité y et qu'il ne se contredit pas lui-même. Voilà pourquoi , si Moïse avait te^ un aux Hébreux le langage que lui prête Rousseau , il aurait pu très-sen^ sèment leur dire que l'absurdité de l'idolâtrie et l'opposition de ce culte à sa doctrine déjà démontrée divine à leurs yeux par d'éclataus miracles, devraient leur faire rejeter comme des prestiges les faits extraordinaires que pourrait opérer un apôtre du paganisme. Et voilà aussi dans quel fUHis les Théologiens enseignent que la qualité d'une doctrine pourrait , en certains cas , être le moyen que Dieu donnerait aux hommes pour éviter l'erreur. Mais où est , en cela , le cercle vici^x ? Kousst^au ignorait-il qu'il n'y a cercle vicienx , que lorsque deux propositions servent

récijrocjuement l'ime à l'autre de preuve sous le même raj>port? On

voit , d'après cette explication ^ que l'histoire des Magiciens de Pharaon , qu'il appelle \ $on secours , ne présenté aucune difïîi ulté , même en admettant qu'ilç avaient pour objet de confirmer nue doctrine ^ ce<|ui n était paç a9$\irément. Et d'ailleurs , dans cette hypothèse , Dieu doomi

6ens, ni par Dolre seule htisoïi : nouâtes apprenons par le témoignage iles autres hommes, el nous les apprenons avec ceitilude, quand ce témoignage réunit les qualiiés qui la produisent.

En jetant les yeux sur le monde , je vois la société entière réglée par cette certitude appelée morale. Cest elle qui (licte les lois : les législateurs en règlent les dispoèilions d après la connaissance des inclinalions, des passions, des intérêts, des vices, des vertus des hommes , «t des moyens les plus propres à les éloigner du mal et à les porter au bien* C'est par elle que le juge se détermine à prononcer les arrêts qui décidtint de l'honneur , de la fortune, de la vie des citoyens: il n'est pus lui-même témoin

un moyen sur de re«)nnaitre la vérité , puisqu'il mit duns la main de Moïse , son envoyé , des miracles que 1rs Magiciens no purent imiter , et qui les forcèrent à avouer que la puissance do Dieu n'était })Our rien dans ce qu^ils avaient fait : Digîlus Dei est hic. ■ 2". En passant à Jean-Jacques le contre-sens des paroles de Jtsus-Clirist,"' dans lesquelles il s'agit de ceux qui ont l'esprit détaché des bii'us de ce monde , et non pas de ceux qui ont peu d'esprit, nous lui répondrons que les simples peuvent en avoir assez pour connaître l'évidente absurdité • d'une doctrine , on l'opposition d'une doctrine à une autre déjà démontrée divine pai d'cclatans miracles , et que , par conséquent , ils seraient capables de discerner l'œuvre du démon , supposé que Dieu ne leur lais« sât pas d'autre moyen d'en juger. Il y a plus: ce discernement serait bien moins difficile aux simples , même que la connaissance certaine de l'exis* tence de Dieu, selon Rousseau : car pour croire en Dieu, seloi» sa méthode , quel appareil , quelle étude ne faut-il pas apporter ! Quel appareil et quelle étude , pour connaître les différens devoirs de la Religion naturelle dont il se fait l'apôtre, et de laquelle il affirme |)08iti veinent que tous les hommes , ( et par conséquent les simples ) , sont rigoureuse* meut obligés de la connaitrt et d« l'observer .'

^ (213) aes faits; il faut donc que les sens d'uutrui sup- ])léent aux siens. C'est sur elle que reposent les droits civils : ils sont établis dans des actes rédigés ^d'après lé témoignage humain, et dont l'authenticité i/a pas d'autre base. C'est elle encore qui fait fikulir les sciences: il y en a qui portent tout entières sur ce fondement j et dans celli^s qui portent sur la certitude, soit métaphysique , soit phjsique , quel homme eî)< assez instruit pour n'avoir pas besoin de s^aider des connaissances des autres? Quel savant a fait tous les raisonnemtns et toutes les expériences? Enfin, la certitude morale dirige tou4 tes les actions de la vie privée : c'est la cobnaissauce des espiils et des caractères , ^souvent acquise par les relations d'autrui , qui unit ou sépare^ qui forme ou dissout les liens de société.

Dans les plus importantes affaires, et en gêné» rai dans leur conduite , les hommes agissent sur la supposition de la vérité de faits dont ils n'ont pas été eux-mêmes lés témoins. Je les vois remonter à des siècles antérieurs ; je les vois comparer des évènemens de nos jours à d'autres évènemens de l'antiquité; je les entends dire, ( sans hésiter et sans craindre que l'histoire les trompe par ses portraits), des Tibère j des Caligula , des Néron , des Domitien, qu'ils étaient des pionstres indignes de régner; des Tite, des Trajan , des Ântonin , qu'ils ont fait la gloire du trône et le bonheur des peuples.

C'est que pour tout homme de bonne foi la certitude morale équivaut a la certitude physique.

(219) ' Ltes choses que j'aurais vues , entendues et tcmchées, si je m'étais trouvé sur les lieux , l-ont été par les hommes pre'sens; ceux-ci en ont eu la certitude physique, et ils peuvent, par leur relation ^ me la transmettre telle qu'elle est en eux, sa»<î qu'elle perde de son poids en passant , pour moi , de l'ordre physique à l'ordre moral. La certitude physique a pour base ce principe: // est impossible que tous mes sens réunis et bien disposés s'accordent pour me tromper. La certitnrle morale est , en grande partie j fondée sur cet autre principe : Il est impossible qu'une multitude d'hommes gui ne sont ni desjourbes ni des fous , se réunissent pour me tromper sur un fait quils ont i^u. Les deux impossibilités sont d'une espèce différente , mais elles sont égales entre elles , puisque l'accord de cetta multitude pour me tromper est aussi moraleme*nt impossible que l'accord de tous mes sens, pour m'induire en erreur. Par exemple, je suis certain que Louis XVI a existé, parce que je l'ai vn ; et je suis également certain que Louis XIV , mort longtemps avant ma naissance , a .existé , parce que plusieurs témoins oculaires m'ont transmis , sur son existence, leur certitude physique : je ne puis pas plus <louter du second fait que du premier. ( 1 ) Il est vrai que je suis plus virement frappé d'un

( 1 ) On peut même dire que la certitude que le témoignage nous donne d^nn fuit est plus grande, que celle qu'en pourrait acquiirir un seul individu par ses propres yeux. Je me suis persuadé , par exemple, sur It rapport d« m«s reux, qu'un Lommc est aveugle ; mais ensnitt deux eu.

fait fjue je vois, que d'vin fait qui m'est attesté par des témoins ociiFaires; mais il ne faut pas confon- <lre l'impression qu'un fait produit sur moi avec la certitude qu'en a ma raison. ,

11 est vrai encore que , pour former une certitude morale , il faut un plus grand concours de circonstances que jx)ur former la certitude physique ; mais quand cen cuTonstances sont réunies , la certitude qui en résulte est aussi forte et^exclud aussi absolument tout doute pour la raison y que la certitude physique. Ainr^i nous sommes aussi persuadés de la réalité dé la bataille de Pharsaleet de celle de Fontenoi, que de la réalité des évènemcns que nous avons sous les yeux.

La réunion des circonstances nécessaires pour exclure tout doute, lorsqu'il s'agit défaits anciens, se trouve dans la tradition orale j l'histoire et les . m.onumens, qui sont comme trois canaux par lesquels la certitude physique des témoins oculaires nous est transnme.

La tradition orale est sûre , lorsque par une série non interrompue de générations , dont chacune transmet un événement pviblic et important comme attesté par la génération précédente , elle 1 emoute jusqu'à la génération contemporaine , et,

trois porsomics viennent me dire : ce Nous avons aussi observé cet hom- » me f et nous avons reconnu qu'il n'est point aveugle » ; je commence au moins à douter, tt si plusieurs autres personnes sensées viennent me confirmer le témoignage des premières , je finis par croire que je me suib trompé dans mon jugement. Ainsi le témoignage peut fournir une certi* tilde plus complète d'un fait , que si on l'aviàt vu soi-même.

par elle, jasqua un grand nombre de tëmams oculaires. En effet I Jes dépositions* nnanîmes de ces^ témoins oculaires ne peuvent avoir tjue la vérilé pour centre , |)uis(|ue étant nom^breux , et i'évene, ment él.7nt publie et im})ortant , il est imjmssihle qu'ils soient tombés dans une erreur universelle et uniforme des setts , et que , différant Bécessairement entre eu:x de caractère, d'opinion, de pas^ sions, d'intérêts, il est impossible qu'ils se soient tons accordés dans une imposture, el (ju'ilsy aient tous également persévéré ^ sans qu'aucun se soit démenti : l'impossibilité dp. mensonge etst encore plus évidente, quand il s'agit d'un événement relativement auquel l'imposture serait contraire aux intérêts des témoins , et entraînerait la perte de leur honneur, de leurs biens et de leuryie. Oc, la tradition orale dont je tiens actuellement un des bouts, peut me conduire infailliblement à ce cercle de témoignages rendus par des témoins oculaires. Car plusieurs de cevix qui.ont vécu à Tépoque de l'événement, et qui* l'ayant appris de la bouche même de ces témoins^ ne j^uvent en douter , passent dans lage suivant , et portent cette certitude avec eux. Ils racontent Té vèneraent à C/eux de cet âge, qui peuvent faire , qui feront à leur égard le raison némejat que firent ces contemporains , lorsqu'ils ajoutèrent foi aux témoins oculai res. Ceux ihi troisième âge feront aussi par rapport a ceux-là le même raisonnement: et ainsi de suite.

tlflnârtjtiéfc qu'il ii y a pns (U point fixe (\&tk^ W tejnp, qui ne forme 60 ou 80 ans de génération^ Ïj la fois > à fcottlmcîncer depuis rénfance jusqu'à la vieillesse la plus avancée i or < ce mélange perpé-* tnel de tant de géuératiotis à la fois enchaînées les unes dans les autres ^ rend la fraude impossible sur i:n fait public et important* Vouleî^^voUs supposer cpi'à une époque détermihée lous les hommes de quarante a^s ont cons[)iré pouf tl^omper la poslélité? Je vous 1 accorde, quoique tout m autorise à iiier la possibilité de ce complot* Dans ce cas, n'esta il pas évident que tous les hommes qui composent, a la même époque, les générations depuis 40 jusqu'à 80 ans , réclameront contre le mensonge 7 Voulez- vous appliquer lliypothèse à la plus ancienne génération ? Dans ce cas, les hommes qiiî compo* sent les générations postérieures auront nécessai* 1 ement dit aux imposteurs i Nous aidons s^écu long* temps ai^ec à)os contemporains > et jamais ils rie nous ont parlé dunfait si intéressant j pourquoi ^ous-mémes Va\^ez^vous jusqu^ aujourdhui .gardé dans le silence? Tous les âges se ressemblent par le nombre des générations; la fraude est donc impossible dans lous les âges > et par conséquent la tradition orale remonte avec certitude jusqu'aux témoins oculaires^ Ainsi ^ quoiqu'un événement ancien, bieti prouvé, fasse beaucoup moins d'impression sur nous qu'il n'en fit sur les contemporains > la conviction de la réalité de cet événement n'est pas moindre , puisqvie-la force des preu-

(223)^ Tes qnî rétablissent , est la même.

L'histoire a de graiwls avantages même sur les témoins oculaires. Qu'un seul témoin vous appreu-' ne un fait / quelque connaissance que Vous ayeu de ce témoin , le fuit ne sera pour vous que plu» ou moins probable ; et vous n'en serez véritable-* ment certain que lorsc}ue plusieurs témoins se seront accordés sur ce même fait , et que vous aurez combiné leurs passions et leurs intérêts. L'histoire vous fait marcher d^un pas plus sûr , lorsqu'elle vous rapporte un fait public et important : aloi*» ce n'est pas l'historien seul qui vous l'atteste ; il a élevé la voix , il s'est fait entendre de tous ses contemporains; s'jls n^oni pis réclamé , il est évident cjti'ils se joignent à lui pour confirmer son témoignage* Il n'est pas nécessaire que les hommes inté" rfssés à ne pas croire ce fait, ou à ce qu'on ne le croie pas , déposent formellement en »a faveur : il lufiit qu'ils se taisent y et ne laissent rien qui (luis^e en prouver la fausseté ; car si je ne vois , de la part des éontempominsy que des raisonnemens contre ca fait, tandi.«» qu^ils auraient pu , s'il eût été faux , donner dé» preuves invincibles de rimposture, la raihon me dit (|ue je dois m'en tenir à l'historien qui le rappoi le*

Ce que nous disoiïS de lliistoire est invariable* ment confirmé par l'expérience universelle* Personne, par exemple, ne- doute des conquêtes d'Alexan-^ dre, quoique Quinte-Curceaitvécuplusieurssiècle» après le vainqueur de l'Asie ; ni des principaux

, (22Î) étenemenvS du règne d'Auguste ou rîe celui <le Ttbère , quoique nous n'ayons aucun bistorien contemporiiin île ces deux empereurs. Sî un seul historien , itiéme postérieur aux cvènemens , est d'un tel poids 9 comment pourrait-on rai>oanabIenient douter , ]orfK|ue plusieurs htstoriens,. contemporains^ quelque»-uns même témoins oculaires, rapportent unanimement les mêmes fat t. ^?

Les faits publics et importans ont toujours des suites: ils changent Li face des affaires d'un jwiy» étendu. Les peuples jaloux de transmettre ces faits à la postérité eïi perjéiuent la mt moire j>ar de» monumens. Si ces monumens sont érigés dans le temps des faits , ils ont un caractère 4c vérité incontestable: car ils ne sauraient être faux , sans que le» contemporains eussen^t été trompés, ce qui est visiblement impossible sur (les faits publics et importans. Si l'élection d'un mon umen t n^a pas eu lieu à répoque de l'événement , il faut que cet év^ne» ment ait été publiquement connu à l'époque de l'érection ^ que les générations d'alors en aient été instruites parles générations précédent«8 , et que kjS traditions historiques remontent depuis l'érection jusqu'à révèuemenl. Moyennant ces condi* tions j il est clair que le nxonumieut confirme la vérité do fart.

Lorsque la tradition orale , l'hisfoirc et les m«K nuniens attestent k la fois des*£irits publics et im^^ portant , ces faits sont aits&i certains que possiUe;^ et de xfiféfne que dés démonstrations et des com^bi^

Hâisons inl^ncctnelles, nous cotuluipent h une» pleine cerUtudc par leur exactitude, parleur justesse, ' les témoignages de la traditton omle^ de riiistoire, et des monumens , nous y conduisent par leur qualité, parleur nombre, par leur accord. Les moyens diffèrent parce c{ii'ils se rapportant à des vérités qui ne se ressemblent pas ,*mais le but cî^t • également alleînt ; et comme nous ari'ivons aux vérités géométriques en comblant re8])ace qui npus en sépiire par des démonstrations abstraites , ainsi nous arrivons aux vérités de fait en comblant Tespace pur des témoignages*

Prouvons maintenant que l'autorité du témoignage liumain^, et celle de la tradition c^ale , de riiistoire et des monumens qui nous transmettent

Ml-

ce témoignage , suffisent pour constater des faits divins» '

Un fait divin nV^st pas telleiaipnt au*deFsus de l'orarè établi qu'il ne puisse être rendu sensible et certain par des moyens natiirels , c'est à-dire , par des moyens ou par des preuves adaptés à notre nature, l^ spectacle d'un être à figure humaine qui, avec une* seule parole, rendrait la vie à un mort de quatre jofirs , serait sans doute un fait divin 'y mais n'est-il pas clair que de nombreux •

témoins pourraient , avec leurs sens , véi'ifier l'existence de ce pliénomène aussi facilement et aussi sûrement que s'il était naturel? INVst-il pas clair que si ces témoins réunissaient les qualités f^je

nous avons requises pour les faits naturels, leur

témoignage serait également irrécusable? L'UIusion des sens , (lans des témoins ï^ombrcuX iViin fait ^^ivin y comme dans 'ceux cran fait ordinaire ^ serait un prodige contre nalitre ; leur imposture le serait aussi; « Uii fait , po\ir être contraire aux lois )) constantes de la nàtii)*e , n'en est que plus frap* » pant, plus rêraarqujible , et par conséquent plus i) examine. Qu'un homme ait été frappé de mort }) devant un certain nombre de témoins, qui ^ sans )) avoir aucun intérêt à me tromper, vienBent me » raconter ce fait uniformément; je ne doute pas » un instant de leur rapport. Mais qu'un tbauraa- » Uarge, au milieu de la pompe fiaièbie ,' vientje » rendit à la vie le mort déjà tn é|at de putréfac- » ÙQBy rétonnement proclamera partout cette mer- )) veille: chacun voudra la contempler de ses yen x, » elle excitera la curiosité, et fixera l'attention gé- » nérale. Pourquoi donc la résurrection de cet » homme serait-elle moins incontestable que sa » mort? Les témoins sont les mêilnes et en plus » grand nombre; les mêmes causes ', et de plus » fortes encore s'opposent à toute sur pi'ise comme » à toute collusion de leur part ; ils ne peuvent » pas plvis se tromper ni me trom))er sur ce fait » que sur le premier, puisque , d'un côté, ï'exa- » men a été plus grand , plus univerf»el , et que de » l'autre , l'imposture étant plus hardi*'; , devrait I) aussi êtie plus facilement découverte: n'y au- » rai t- il pas de la folie à me défier ici de leur té- » moignage , quand J'ai dû précédemment le croire

( 227 ) » au-<lessiis Ae tout soupçon f Accord de la foi avec la raison , chajpitrc Vlll , des miracles , p. 301. J?» Enfin , n'est-il pas claîr que si 1 autorité (le la tradition orale, de l'histoire et desmonu^ niens nous garantissait , en faveur d'un fait ï//vin y l'existence d*un témoignage revêtu des qualités requises pour donner certitude , la raison nous défendrait le doute sur l'existence de'ce témoignage, aussi bien que sur tout autre fait naturel?

Cest pour .échapper au poids accablant des témoignages sur lesquels reposent les preuves du Christianisme , et dont Fexistence est plus certaine que celle des faits dont personne ne doute, que Diderot a "dit <îans ses Pensées philosophiques : « Tout Paris m'attesterait qu'on vient de voir un » mort feàsuscité , je ne le croirais pas ». I^e Sceptique avoue que tout Paris a pu sassui-er de la mort de cet homme, et qu'il peut y ajouter foi sur le témoignage unanime de cette grande ville, parce que ce fait n'est pas impossftie physiquement. Qu'un homme soit mort , semble-t-il nous dire, il n'y a rien qui m'étonne ; mais qu'un homme ait été ressuscité , c'est ce qui effarouche et révolte ma raison. Voilà pourquoi la possibilité que' tout Paris se soit trompé ou ait voulu m'en imposer sur lu résurrection de cet lîonime, me fait une impression d'incrédulité dont je ne saurais me défendre.

Examinons le merveilleux qui effarouche et révolte sa niîson , et faisons-le disparaître à ses yeux. Ce n'est, au fond, qu'un fait naturel que toutPa-

(228) ris lui propose à croire, savoir que cet homme est plein de vie. Il est vrai que sa mort é\i\ï\t déjà cerlaine , sa vie prcsente supposé ur.e i ésiirrection ; mais .s'il ne peut douter de Je vie de cet homme sur, le témoiguaije de tout Paris, puisque c'est un fait naturel , il ne Faucait donc douter de sa résnrre(!tîon : Tune ad liée nécessairement avec lautre. Le miracle se- trouve renfermé entre deux faits naturels j la mort de cet liQmme et sa vie présente; ainsi , nous pouvons dire que le miracle n'e.:>t que la conclusion de deux faits naUrrels, On jieut s'assurer de ces deux faits naturels., le Sceptique Tavoiie; le rairt^le est donc la conséquence de deux faits (k)nt on est sûr. Il suit de là que ce tpje le Sceptique me conteste est, pour ainsi dire , composé de trois choses qu'il ne prétend pas medisputer: de deux faits naturels, qui sont la mort de cet homme et sa vie présente , et d'une conclusion meta physrque qu'il ne conteste pas ,- fet qui étahlit l'intervention delà piiissance divine; car lorsqu'il s'agit d'uTi fait surnaturel, ce n'est pas dtins la nature qu'il faut en chercher la possibilité. Joignez donc h la résurrection d'un mort la puissance divine qui en est la cause, et alors Vimpossibililé naturelle ne .s'oj)posera nidlement aux raispns que vous aurez de croire ce fait, le suppose que plusieuis témoins dij»nes(U>foi vous affirment qu'ils ont vu un clu^onomèire de cuivre . d'un mécanisme vraiment admirahle : dtulerîez-vous de ce fait parce que tous les artisans qui travaillent en bois, sont dans une es-

(229) pèce irimposjyiBîlité pliysique de*falre un tel ouvrage? Cette question vous surprend, et avec raison; j)Ourqttoi donc , quand un suffisant témoignage vous affirme un fait surnaturel, prétendriez- VQUS avoir le droit d'en douter, parce qu'une cause naturelle n'a pu le produire? L'impossibilité naturelle d'un fait surnaturel doit-elle faire sur voiis plus d'impression, que rimpossibilité physique où sont les artisans qoi travaillent en 1k)Îs d'exécuter cette admirable inacbine de cuivre? .

Non , il n'y â que da raisons tirées d'une impossibilité Daétaphysi(]oe, qui puissent être opposées à la preuve solide d'un fait ; et toujours ce raisonnement sera invincible : Lefait que je vous ptxxpo se à CT'oire ne présente rien d absurde ; rien de contradictoire; cessez de parler de sa possibilité ou de son impossibilité , et venons à la preuve du fait.

Il est aisé de voir , par ce qui précède ^ qu'il n'est [)as (c plus possible que tout ï^aris se trompe ou » veuille tromper sur la résurrection d'un niprt , » qu'il ne l'est qu'un mùviTQ^^\xsc\le)>y ^(Pensées phi- /o,yJ: il y a au contraire possibilité «l'un côté^ et de l'auti^ absolue ini|iossibilité: En effet , l'erreur de tout Paris sur deux faits naturels ,1a mort d'uu bornme et sa vie présente, serait contraire aux loi^ constantes de l'oi'dre physique; el le complot d'une fci grande ville 'serait contraire aux lois constantes (le Tordre nioraT: cette erreur serait donc un miracle; ce complot serait également un miracle*

(230) Mais Tun et Tatilre sont impossibles^, puisque Dieu ne peutMëroger ni «mx lois constantes <Je IV)r«!re physique, ni aux lois copslanles de r#r(lre mortel pour nous tronxper. Que Dieu ressuscite un mort ou pour manifester sa bonté, ou y)our sceller quel* que grande vérité- ^ je ne vois rien qui ne soit fa:' elle à sa puissance infinie et conformeii sa sagesse; que Dieu force leshommes,par iine impulsion -miraculeuse, à se tromper ou à tromper , je vois une absurdité ,' une contradiction manifeste entre ce fai,t et les perfections infinies de fEtre-^upi'feme ; et ma raison conclud irrésistiblement que, bien loin que l'erreur ou la mauvaise foi de tout Paris soit pbis possible que la résiirrection d'un mort , elles s^3nt absolument impossibles.

Il reste donc établi que les faits contraires aux lois constantes de la natui'e sont possibles; qu'on peut les discerner des faits naturels ; et que le témoignage liumiain peut nous donner une complète certitude sur ces mêmes faits ( 4 ).

Presque tous ceux qui servent de base aux preuves du Christianisme, sont contenus dans les livres de TAiiCien ^etdu Nouveau Testament , dont nous î»vG»ns ici à démontrer la vérité.

§. t LÉ4 FAITS DE L* ANCIEN TESTAMENT , SUR LESQUELS .^ s'appuie liE PIILISTZANISM^^ SONT. INCOJITtESTABLBS.

Dans un grand nombre d'ouvrages restés sans

( 1 ) Ce dernier point renverse la prëtentiou de Rousseau (}.ui dit dan& son Eniile y f Iw, IV. ) ^ (|uc pour qu'une prophéliefU autorité pour luij, ilJmdrcUt qu'il eut été témoin de la prédiction et de l'événement.

(23i) réplique , ]e§ défenseurs du Christianisme ont prouvé que les livres de TAucien Testaient sont authentiqtjes et véritables ( 1 ^: il n^est pas un^seul point de critique qu'ils n'aient éclairci avec autant de sagacité que diérudition. Nous n^avons pas besoin d'entrer dans tous ces détails pour établir, d'uqe manière inébranlable, l'authenticité et la vérité de ces livres.

Le Pentateuque est le plus ancien de tous les livres qui existent dans l'ujiivers, puisqu'il remonte à»quinze siècles environ avant Tère chrétienne ( 2 ). On y trouve U simple et naïve expression des mœurs antiques; on n'y remarque rien, même dans le style , qui ne se ressente des premiers temps; et l'on n'y aperçoit , d ailleurs , aucune loi , aucune coutume , qui ne soit conforme au plan du Chef d'Israël et aux circonstances oii il se trouvait. Une autre preuve de son authenticité se tire de Pordrc chronologique qui y est observé ; de la forme de

( 1 ) V<»yez Bossuet , P<ifCal,IIuet , Bergier » Fahricx > Jac<^utlot , Faber , Paley etc. etc. ,

( 2 ) Uhistoire certaine de la Grèce ne rémonte pas plas hïut qae la première Olympiade , ( Lan 775 a\'€uii J.-4^. ). Hérodote vivait sous Artaxercès. Les ouvrages de Sanchoaiaton , de Maohéton , de Mëgasthènes dont il nous reste quelques fragmens , ne peuvent guère être plus anciens. Quelques savans présument même (^u^ils ne sont pas antérieurs au règne de Ptolémée-Philadelphe , (1^1 eau avant J,^C. J'y et si quel^cs^^ uns croient que ^anchoniatou vivait peu de siècles après Moïse , ils n'en donnent aucune preuve certaine. Bcrose vivait au temps d'Alexandre. H €Ft paiement reconiju aujourd'hui que les livres des Perses , des Indiens et dt>s Ciiiaois apparticiiueiU à une époque beaucoup plus récentt que le lég Ls lu te or des J uif s.

journal que l'auteur a donnée à la pîlisgraruîe par* tie ; du ^tail' des marches , des circnils , des caui» peinensdu peuple iiëbreu dans le dés^i t.« Il n'y a cm^up auteur conteniporain et un témoin o(Milaî* re , qui ait pu suivie celte itiélhode avec tiWJt d'exactitude-, rapporter les évènemens \niv ordre , en fixer lelieiiet la durée, et faire cadrer le lemps de chaque séjour avec la somme de quarante ans que dura ce voyage : un imposteur ne se serait-il pas gardé de se mettre dans de pareilles entraves ? Elle se prouve encore , celle authenticité , ])Sr le concert des douze tribus à la reconnaître , concert qui ne se démentit jamais^ malgré leurs querelles, leurs vues souvent ^contraires , leurs passions et celles dé leurs chefs, leurs intérêts diff^rens, leurs droits respectifs fondés sur le Pentâteuque. De plus, les Samaritains séparés des Juifs, depuis tant de siècles, par un schisme qui dure encore, l'ont ' toujours gardé en anciens caractères 'hélji*eux( 1 ); ils ne peuvenPs'étre entendus pour le supposer ou pour l'altérer avec les Juifs : leur antipathie, leur haine a été constante. Le Pentâteuque Samaritain, remonte donc à une époque plus ancienne que cette division. Ov le texte , ( sauf quelques différences très4égères, qui vîennent.presque toutes de la^facilité avec laquelle les copistes ont puconfon* dre plusieurs lettres semblables ) , en est conforme

( 1 ) Il est luiprimé dons la polyglotte de Lejay, et daiis celle detWal totk

(23?) au texte coiV^civé par les Juifs: ce cpii justifie la bonne foi des deux |)eupîes, qui, ihalgï'f'leur mijnitîé , coiTvietHient de la tradition imméinorJfeile par laquelle ib se trouvent réunis dans un nslp^e gentiment par rapport aux écrits de Moïse. ( 1 )

Les^ autres livres de 4'Ecriture se rattachent à ceux de Moïse : l'histoire deîj Rois est liée à celle des Juges, et celle des Juges,, à celle de Josué ; il en est ainsi* des écrits des Prophèles , de ceilx de Salomon , et des Psaumes. Tous en citent les faits , en îtivoqueut les lois, en sont le perpétuel commentaire; tous répondent au Pentateuque comme à,pn centre commun, de sorte que si ce dernier n'était pas autlientiquë, en remontant de siècle en siècle ', il faudrait adniettre labsurd^té révoltante que la totalité de ces livrés a 'été supposée.

L'authenticité des .écrits de Moïse ^ et des autres livres de TAncien Testament , se prouve encore par leur nature même*: car ils intéressent une nation entière , à laquelle les premieiy imposent nn joug insiq^ [Portable de la part de tout autre que d'un législateur tel que Moïse; et ils la peignent , presque tous , avec' un caractère d'aveuglement , d'ingratitude et de révolte déshonoràns pour elle.

( 1 ') Voltaire a prôtendn que non seulement Moïse n'aVuit point t^crit le Pentateuque , mais qu'il lui avait été impossible de IVcrire d<i<ities circonstances où il se trouvait. Voyez dans les Lettres de quelques Juifs par Tabbé Gucnée , ( tome I. ), et dans la Bib/e Vengée ( tome I. ") des réponses péremptoires à cette difficulté , si tant est quk)n puisse donner ce nom à ce qui suppose Tignoratice ou la mauvaise fol. ( Voyez aussi les Aivudes de Philosophie chrétierbie , N'\ 15 , p. 156. )

( 234 ) Elle s(? prouve aussi par le zèle avec: le(}iiel ce peuple s'en «t toujours montré le d«^positairç fidèle: -t:es livres étaient con.fiés .à la garde de Tautorité jxaljjiiqiie; ils étaient regardés comme le plus précieux trésor de la nation : cWit été un crime ca- ])ital d'y altéi^r lui seul mx^t , d'y insérer une seule lettre. ( \ )

Personne ne doute que les harangues contre Catilina.ne soienj de Cicéron , que j'Euéïde ne soit de Virgile. IVIais quelle Cintre preuve en avons-nous <ju'une tradition qui remoote au temps où vivaient ces deux auteurs? Or, une tradition non moins constante, et beaucoup plus générale atteste lautlienticité <lu Fentgittaïque : ce ne sont, pas des témoignages épars consignés dans un petit nombre de livrçs j c'est le; témoignage perpétuel de tout un jjeuple , qui , depuis trois mille ans élève la voix pour déposeï* sur cette vérité. Dira-t-on que . durant cette séries de siècles , les Juifs n'^ont pdRconnu leur historien, ni leurs lois, ni l'auteur de ces lois? Si Moïse n'est pas leur législateur, si le Pentateuque n'a pas^été composé ))ar lui , ou s'il a subi des altérations considérables, il faut nécessairement supposer une époque où la nation juiveoublie soudain ce qu'elle est , ce qu'elle

( '1 ) #f Une preuve évidente , dit Josî'plie -^ Appion , que nous respety Ions les Ecritures , et que nous les regardons comme divines , cVst que, depuis tant de siècles , personne u^a osé y ajouter^ retrancher ou changer la moindre chose. » f Livre II , contrt Jppion , grammairien Alexandrin.^

a été, ses us»iges religieux et civils , $es coatuaiej* et ses habitudes, potir recouvrei^ la méinoive auvsi promptemexit qu'elle Ta perdi\e , pour vivre s^»w dainement sous Je nauvelles Ibis qu'elle cro.ii anciennes, et pour conserver à jamais, avec une vénération profonde -j «ine fauî>sé tradition quelle croit vraie. On ne . 6aarà.it a|ia<juer rauthenticilé du Peritateuque sans être foreé de dévore^ ces absurdités. Mais si Ton e«t obb'gé davQtiér que le Pentateuque est authentique • cet aveu doit nécessairement s'étendre aux autres livres de l'Ancieu Testament; cai- , outre ^qu'ils ne forment avec le Pentateuque, comme nocis Ta vous déjà fait obser* ver , qu un seul corps indissoluble d'histoire , de lois et de doctrine , et ^'il est impossible que la nation juive se soit laissée tromper en masse sur des livres liés â sa religion y à ses mœuri» , à ses croyances , à soif gouvernement j outre que les différens auteui^s-de ces livrés srf liiendent témoignage les uns aux autres ( 1 ), et tju'ils rappellent les faits précédens et les rapprochent des faîlspostérieurs, en appuyant leur narration par les noms

( 1 ) fcEsdras parle des prophéties de Zacharic et d'Agg^e ; il cite Jéréinie et les Psauiues , qui se trouvent encore cites 4£Lns les livres des Rois et des Paralipomènes , aiusi bien que les çcrits de Salomon. Jthi^mie fait mentiottde Michée, et H est rappeltî lui-même par Daniel. Tohi#rapportp une prophétie d'Amos i deux autres célèbres^ prophéties d'Isaïe se trouvent tout au.loQg dans le quatrième livr« des Kois. Le troisième fait mention <ie Josné , dont le prophète Habacuc célèbre aussi les miracles- Tous «es écrivains étaient connus de Tauteur ju livre de rEcclésiastique, qui faisait leur éloge du temps des socccsseiirs d'^Uxandrc. Au lieu d'ac«

propres des Prhices et des Poîitifeîs , par les généalogies des funiilles , par les dates et les détails géogripîifqiies; nous dèmanilèrons à qui Ton prétend en attribuer Ij &u[)posit!on.ou la 'corruption? Estce aux amis des Juifs? -Ils n'y aui'aientpas inséré ou n'y auraient pas laissé lékil de ihoses déshonorantes poiu' ce peu^e. Est-ce a leurs ennemis ? Les Juifs ne les auraient pa» reçus de leurs mains. - Enfin, la plus grande partie de ces mêmes libres fut tradiiile en Grec, près de trois cent^ aiis avant Tère chrétienne, environ un siècle avant les MachaLées ; et cette version , si connue soùs le nom de Version des Septante ( 1 ), s'a<corde en tout ce qui est important avec le texte hébreu. Sous les Maçhabées, ou îlnmédiatemeni après, on \it naître chez les Juifs la secte des Sadducéens , celle dçs Pharisiens et celle des Esséniens: la rivalité qui régnait entre elles les ilîettait hors d'état de foimer d^ concert le desseii*- d'altérer leurs livres. Les Caraites dont la secte est encore plus ancienne que le siècle de Jésus-Christ , rejetèrent

cumuler ici toutes ces citations , nous invitons le lecteur à parcourir seu lemont les marges <ruiï«» Bible , et à y remarquer la concordante des diffiTciis iivros^e rEcriture , le rapport qu'ils ont entre eux, la force qu'ils »e prêtent , et l'impossibilité qu'il y a eu danSstous les temps d'eu forger ua%enl , sans s'exposer à être rëfuté par toits les autres. Aucune, hintoiro des peuples anciens ne {>orte autant de caractères- de sinctrité et de certitude. M ( Traité de la Jieligion par Bergier , tome IV. )

( 1 ) Daniel traduit par les Septante , Rome 1 772 , 1'**. dissertation , p. 309 et suiv. L'Ëditcuî.prouv<e que cette version fut faite la septième Mimée dii règne de Ptolémëe-Philadelphe.

( 237 ) toutes les traditions des Pharisiens ou Rabbanitpset-s'allachèrent précisément à la lettre des Livrt.s Saints: nouTel obstacle à toute altération. Aussi Jés^us-Christ , qui .reproche si souvent aux Dorleurs juifs de corrompre le» Ecritures pardefau-*-. ses interprétation» , Me les accuse-t-il jamais d'en avoir altéré le texte ou né(^li^ la conservation. Et certes, il n'a fallu yien moins cpie ce respect profond et traditionnel du monument sacré de leur religion et de leur histoire » pour que la haiae des Juifs contre le Christianisme ne leur ait pas fait supprimer, ou altérer du moins, les divers passages prophétiques dont «ous^liaus servons pour prouver , même par leur aveuglement qui y est prédit^ que Jésus est le*.Messie (ju'ils attendent encmè. '

L'Authenticité de TAncien Testament étant reconnue^ on ne peut élever aucun doute raisonnable sur la vérité des faits qu'il contient, l.çs plus merveilleux de ces faits se sont passés à la vue d'une multitude d'hommes auxquels on n'a pu faire illusiod , et qui n'ont pu vouloir se tromper eux-mêmes. Ils composent une histoire dont toutes les parties s'enchaînent , se .suppos^ent mutuellement^ et offrent partout des caractères de vérité si manifestes qu il est impossible de les contester sans renverser toîjtes les autres histoires , vu surtout qu'un grand nombre de ces mêmes faits sont attestés par la tradition et par l'histoire pro- ♦fanes.

La création du monde , telîe rriie Moïf.f la decrit, la formation de Vbomrae' et de la femme , lefrr chute , leiir cbâtimént , la propagation de leur* race, dont la^corruptîon et la malice provoquent la vengeance divine , le déluge f[ui détruit l'espèce humaine, un seul juste.sauvé des eaux avec sa famille : voilà ce que nous apprend la Genèse ; el la tradition de tous les peuples , leur chronologie certaine ^ l'état physique même d,e Lî. terre rendent témoignage à la vérité de ce récit ( 1 ). Mais il n'en- < > • ■ . .

( i ) La.âcienee a trouVr ronforiiies à ses rcrbefclics la âuiditc primitive de la terre ; rexistencé «fe la îuiîW«tc indépcmhMnînent des corps luii.ineux. {ce qui est une preuve très-^ortc que le récit de Moïse n'est point de son invention j car accôuturhé comme tous les hbmmes à regarder leSo* hil comnie le principe et, le foyer d& la lumière ^ il rC aurait jamais pensé à séparer ces deuàc choses s'il n'avait écrit que diaprés ses propres idées),' enfin , l'çrdre dans lequel ont été succossivement crcés tous les êtres organisés. Il est i^rai que la science tend à regarder les jours de la création comme des époqties dont la mesure n'est point connue de l'homme ; mai» cette opinion n'est nuUemenit contraire k la foi : « Tout ce qu'il nous » importe d'en savoir , dit l'illustre prélat , auteur de la Défense » du Christiajiisme , c'est qu'on peut la soutenir sans blesser en lien la » doctrine orthodoxe. Saint Augustin dit expressément ( De Gen. ad lit* » teram , liv. IV , N". 44. )i qu'il ne faut pas 8e hâter de prononcer sur » la nature des jours de la création , ni d'afQrmer qu'ils fussent sembla-* » blt^s à ceux dont se compose la semaine ordinaire ^ et dans le plus fini » de ses ouvrages , dans la Cité de Dieu , il dit encore qu'il nous est dif- » fîcile et même impossible d'imaginer, à plus forte raison de dire quelle » est la nature de ces jours. » ( Défense du Christianisme , par Mgr« Frajssinous , tome II , Moïse considéré comme historien des temps primi" tifs.) >

Voyez ^ dan«^ les Annales de Philosophie chrétienne , N». 10 , un article de M. le baron de Férussac, qui, en f;iisant l'analjse de la conférence que nous venons d'indiqber , montre comment les sages et lumineuses explications de Mgr. d'Kermopolis ont rendu désormais impossible toute

f osa \

tre pis dans notre objet ilen exposer ici les preavesÇ 1 ); nous nous contenterons de citer le témoi^ gnage du savant Cuvier ( 2 ) :

« Ei| examinant , dit-il , ce qui s'est passé à la » surface du ^lobe , depuis qu'elle a éié mise à sec w pour la dernière fois, et que les continens afit* » pris leur forme actuelle , dm moins dans lespar- » ties un peu élevées, Ion voit ciairemenl qnecet-

discnssion raisonnable entre Li science et Torthodoxie , sur les questions qui se i^attachent à la création et au déluge.

Voyez aussi les Discours sur les rapports entre la Sd£nce et la Heligion révélée , par Nich. Wiseman .^ouvrage «xtrt^ment remarquable tant par le sujet que par la manière dont il est traité. Le sua ant auti^'ur parle très-pertinemment des matières leô plus diverses, d^histoirc naturelle et de géolçgie , des antiquités sacrées et.des profanes \ il est au courant des découvertes les plus modernes et des- derniers progi*ès de la science dans tous les genres \ il sait tamcner ces découvertes et ces progrès à son * but, par les rapprocliemens les plus jiKlicicux et les plus solides ; et il démontre que nos Livres Sacrés ont étji soumis k tontes les épreuves , examinés avec rigueur, attaqués de tous côtés ; que s'il s'y fiit glissé quelque fausseté , elle eût été bientôt mise au jour ; eufîo qu'à mesur;; que chaque 'science fait un pas , elle accroît la masse des témoignages ei faveur de la Religion. C'est am$i qu'il justifie parfaitement ce qu'a dit un illustre membre de l'Académie d(îs sciences,( M*". Geo/froi) ,' dans la séance du 16 janvier 1S37 : « La science confirme , au lieu d infirmer , toutes les vérités réiiélécs. »

( 1 ) Elles sont exposées et développées dans plusieurs ouvra-res: Voyez, . Huet y Àlnetan, Quœst. lit. Il y -r- Faber ^ Horœ Mosa'icœ j vol. I , sect. L — Maurice , Hist. of Hindostan ; — Asiatic. lîesearch.; — Stolberg, Geshichte der Âelig , p. 335 et suiv. — On» trouve dans le liyre II de Jetèphc contre Appion , et dans le livre III de la Prépdraiion évatigélique d'Eusèbe ^ chap. XH , la preuve de U vénériKion générale des peuples les plus anciens pour le septième jour.

( 2 ) Il tenait , nagnères , parmi nous , le 8cepti*e des sciences nativ rell«».

» te rlcririère révolution , et. pra ronse<{Ufinl leta- - » hlisseiTient de nos sociétés acijiîelies ne pvenvent » pas être très-anciens* C'est un des résullats.les )) mieux prouvés de la saine géologîèî résultat d'au- » tant plits précieux qu'il lie , d'uni» chaîne non • » interfompue, l'histoire naturelle et l'histoire ci- » vile...-. Partout ia^nature nous tient le même lan- » gage ; partout elle nous dit cpie 1 ordre actuel des » choses nei^^monle pas très4iniit; et , ce qui est » bien remarquable, partout l'hoiniue nous parle » comme la nature, soit que. nou,s <ousullions les » vraies traditions des peuples, soit. que nousèxa- )) minions leur éta't moral et politique, et ledéve- » loppement intellectuel qu'ils avaient atteint au » moment où commentent leurs mon umens au- )) tlientiques* » ( Recherches sur les ossemens Jbssilcs y discours préliminaire. )

' M. Cuvier prouve, dans le même discours, qu'il y a unanimité de témoignages historiques ou traditionnels sur le renouvellement récent du genre humain, après une grande révolution de la nature, chez toutes les nations qui peuvent nous parler ; il démontre qiie Torigine traditionnelle des monarchies Assyrienne , Indienne et Cfiinoise ne repaonte qu'à peu près à quarante siècles ( I ) ;

( 1 ) On pept consulter, sur l'antiquité cl.imt'riquedcs Egyptiens, de» Chaldéens^ des Indiens et. des Chinois, VOngine des4ois des arts , etc. , par Gogyet ; — la Chronologie chinoise ^t^six Frcret ; — Chronologia critica , par Bennetti ) — dans l<;-8 Dissertations sur la Genèse, par M. de Geuoude, ^examen raisonné de» faits allègues fuuss<^ment contre la chro'

ëi après âvoip réfuté, enlr^ autres objeclîoïiM, celle qu'un auteur moderne a tirée àes mines de l'île d'Elbe , il ajoute : « Je peiise donc , avec M.M. De » Llid et Dolomieu, que, s'il y a quelque ibose dd )) constate en géologie , c'est que la sutfade de no* )) tre globe a été victime d'une grande et subi le ré- )> volulion i dont la date iie peut remonter beau- )) coup au-delà de cinq ou six mille ans.» ( 1 )

Après le déluge , le Pfcfntateuque rappoi te la dis^ persion des enfansde INoë, eitla fondation despre* miers empires: L'âge dfes Patriarches ^ pamii lesquels Abraham tient le premier rang à cause desfi, vocation, dure jusqu'à Moïse^ ou jusqu'à lepoque de la loi écrite donnée sur le mont Sina*

nolo«;ic niosuïqûo • — les Discours sur lesràpj^rts etc. , déjà indiqnés , p. 239' Dans le septième, M^ \Vis<..«ian montre, par les écrits de Delamlîre; de Lapla(% , et surtotit du savant Bentley , qto les tables astronomiques des Indiens ont été constt'aitL's vers le septième siècle de Père vulgaire j que les laborieuses recîierches de M.M; Jonos, W'ilfort/Hamilton, Heeren , et surtout Col.Todd , s'accordent à placer vers 20i>D ans avant notre ère le commencement de THistoire Indienne j que c'est Tépoque anssi où Ton trouve les premières traces de l'organisation des Egyptiens , deô Assyriens et des Cbiiiois j que c'est enfin 1 e|X)que d'Abraham. Klaproth et Abel Rémusat ont ramené dans les mêmes limites l'antiquité des Arméniens . des Persans et des Chinois.

Quant aux monûmcns astronomiques deit Egyptiens , on sait que les recherches de M.M. Testa , Visconti, Lctronue , Halma etc. , ont absigué à leurs z6dia(|ues une époque voisine du temps des Empereurs rcùnaiiis \ et que le fam(nix zodiaque de Dendcrah y arraché avec tant d'efforts aux rives du Nil, et transporté en France , n'y a paru que pour détruire les objections qu'en tirait l'incrédulité.

(1)11 résulte des Livres Saints que la race humaine existe sur la terre depuis six ou sept mille aJs: ce qui s'accorde aisément aVec les découvei'^ tes ou les conjectures de la science.

(242) Dans le temps où cet historien écrivait , les enfans de Jacob ne formaient qu'une grande famille qui ne pouvait pas avoir perdu le souvenir de sa proj)re histoire, et qui ne pouvait se laisser tromper sur les noms <le ses ancêtres y svT^f les principaux traits de leur vie. De Moïse à Noëiln'y a que.quatre générations: Sem , témoin du déluge , avait vu Abraham; Abraham avait vu Jacob; et Jacob avait vu ceux qui avaient vu Moïse* Ce petit nombre de générations devait empêcher Taltération des vérités historiques, et d'autant plus que les Patriarches vivant tant de siècles avec Içurs enfans avaient dû leur raconter souvent des faits regardés comme le fondement de la Religion et les objets de la foi , et les graver profondément dansleur mémoire. Ajoutez qu'outre la tradition orale qui avait tant de force dans un nombre si borné de générations , il y avait des cantiques- dont le parallélisme et Thai'monie s'opposaient à Taltération des inscriptions ^ des monumens ( 1 ) , et très-vraisemblablement des mémoires écrits et conservés ^ avec beaucoup de soin , dans les familles patriarcales. ( 2 .)

( 1 ) Du temp».de Moïse , il existait noe foule de monumens qui rappelaient les cvèneniens passés r tels étaient les au1:ds dressés par les Patriarches , leurs toml^eaux , les lieui commémoratiTs , comme h cîiéiiè de Mambré , ïe puits du f^ivant et du F'oyanl , Bèthel , le mont Moria^ les' ruines de Sodome et de Gomorrhe, Les Israélites ne faisaient pas un pas sans rencontrer des vestiges qui rendaient U'moignage au récit de Moïse » et qui concordaient avec les traditions reçues parmi eux. (^ Not€ de Paute ir,J %

( 2 } Abraham fut toujours célèbre dans l'Orient : les disciples de Zo-

(Ui)

Quant aux faits contttnporains que racohtë Aloïse , ^impo^ture cîe sa part est tisiblemenl impossible. Ce lie sont pas des faits qui se soient passés dans des réduits obscurs , ou qui aient en peu d'importance; mais ce sont ^ ail contraire, des faits publics ^ arrivés en présence de toute la nation juive y pour sa délivrance et pour son établissement dans la terre promise ; ils sont la bâtie de toutes ses lois religieuses, politiques et civiles. Si ces prodiges éclatatis n'ont pas réellement exis'té, comment tout un peuple s'est^il soumis à une législation sévère oii ils sont si souvent rappelés ? Comment Moïse a-^t-il pu l'en prendre à témoin? Comment la tribu de Ruben , comment celle de Lévi ontelles souffert qu'un hislçrien , si grossièrement im posteur , les déshonorât dans la personne de leui^ chefs, et qu'il apprît aux races futures lein* prétendu crime et leur châtiment imaginaire?.., Remarques^, d'ailleurs , que les pratiques religieusCvS,

roastre le regardaient comme lear ptemiet lé^islditenrj ^ D'IIerbelot j BibL orient. , t. VI ^p. 466. y^. Descendus de lui par Ismaël , les Arabes le reconnaissent poui; leur père aussi bien que les Juifs. Ce que TEcriture Dods apprend de ce Patriatciie , de Loth et de la destruction des villes criminelles , de Jacob , de Joseph , et du séjour des Israélites en Egypte, est confirmé par les auteurs profanes , et par les ti*aditions des Orientaux , ( Euseb. Prrepar. Eimn. , lib. IX. — Sca/i^. not. infrap^. fçi'. — = Bochart. Can. , lib* II. cap. IL — Selden ^ de Diis srris j lib. V. — Heins. in Clem. Alex. Strom. , lib- VII. — Huet , Demonstr. evan. ^ proposit. IV. — jyfferbefot , Bihl. orient. )

Voyez aussi dans le Traité de la sférité de la Religion chrétienne pat G rôti us , de nombreux témoignages des païens'enfaVcur des li\res de Moïse* ^

(2U) • les usages , les fêtes , les hymnes du peuple juif supposent la Fealité des évènemens miraculeux qu'ils rappellent^ et dont ils sont destinés à conser^ ver le souvenir, au point que , quand même son histoire ne seraifpas écrite, on la retrouverait encore presque toute entière dans sa léj»islation et dans la tradition qui en est comme le vivant commentaire ( 1 ).

Oui , si cette histoire n'est pas vraie ^ l'imposture du législateur, et la crédulité du peuple seraient un prodige absurde d'audace d'un côté, etdecré^ dulité , de stupidité de l'autre. Il faut dire alors que xMoïse a contenu dans le devoir, et a soumisaux pratiques les plus gênanies , aux lois les plus rigoureuses , et même aux châtimens les plus terribles , un peuple violent , opiniâtre , et toujours prêt à la révolte , en lui disant et en lui persuadant qu'il était journellement témoin d'une suite de prodiges , qui ne frappaient pas ses regards. 11 faut dire que Moïse a osé essayer de faire croire à six centmdie spectateurs , contre le témoignage

( 1 ) L'arche , la \ef^v. d^Aaron , le scrpcnÉ d'airïiia , les tablas de l'ailiouce , l'urne remplie de manne , les encenseurs de Coré et de see partisans , cloues contre l'antel des parfums , le rit de l'agneau pascal et des azymes , la loi des prt'micxîs et le rachat des premiers nés , la fête de la Pentecôte et celle des tabernacles , la division des famill.es sacerdotales et lévi tiques , l'habitation de k tribu de Ruben et de celle de Gad , et de la demi-tribu de Manasscs au-delà du Jourdain, le partage de la terre <le Chanaan/les asyles , le repos de la terre chaque septième année, fait attesté par Josèphe( Jntû/. liv. XIV. c. 10. )j et même par Tacite (Hist, liv. V. c. 4. ), etc. f étaient autant de monumens historiques des ëvène-^ meus remarquables consignés dans le Fentateuque. (Note deVaust^ur J

(245') «niforme de leurs sens et de leur mémoîre ^ par exemple, qu'ils ont traversé à pied sec un bras de mer dont les eaux , pendant leur passage , sont restées miraculeusement suspendues , pour engloutir ensuite en retombant leurs ennemis qui les pourjsuivaient, et qu'il a réussi a leur faire illusion sur ' ce fait (1). Bien plus, il fiiut dire que , dans la suite, il s'est servi du souvenir de ce mêra^ fait pour les détourner de l'idolâtrie , et les faire rentrer dans l'obéissance; et que ce qui ne devait naturellement servir qu'à exciter la risée des enfaus mêmes , les a ^ au contraire , tous [>ersuadés.

Une observation qui corrobore tout ce que nous venons d'exposer, c'est qu'en considérant le caractère moral de Thistorien , on voit qu'il n'agissait jamais dans la vue de son propre intérêt, La souveraine sacrificature fut publiquement déclarée

( 1 ) On peut voir , dans la Bible vengée , ( tome 3. p. 98 et siîiv. ) , à quelles absurdités se sont réduits certains incrédules pour nier ce prodige , que les uns ont voulu expliquer par un vent violent . , les autres , par le -flux et le reflux de la mer. Sans exposer ici les argumens qui dé^ montnut la fausseté de ces explications , il suffira de faire observer, que \di pi-euiière suppose néoessatrenient un vent coùtinu , toujours au même degré de force , capable de fendre la mer et de la>tenir suspendue des deux c6tés , ne soufflant que sur IVspace intermédiaire , et cessant à ]M>int nommé sitôt après le passage des Israélites : ce qui rend ce veut plus miraculeux encore que le fait raconté par Moïse ; — que la secotuk ne laisse tout au plus qu^environ 200 pas de large durant six heurcé , ou 150 durant huit heures , pour le passage d'une multitude de '^eux millions et demi d'hommes , de femmes , d^enfans çt d'esclaves , chargés , d'ailleurs , d'une énorme ([uantité de bi'tail, de meubles et de dépouilles des flgyptiens : ce qui rend ce passage physiquement impossible.

(2461 pnr lui lapanage de la seule postérité d*Aaron , et jl laissa ses propres enfans confondus avec les au* très lévites ; le successeur qu'il se désigna lui-mê* pie était aussi étranger à sa famille; il avoue franchement ses moindres défauts; 'il dévoile et la fai-r blesse de son frère et son manque de foi ; loin de flatterie peuple , il le reprend toujours squs les pins humiliantes images , tantôt comme indocile et rebelle, tantôt comme aveugle et ingrat , sou* vent comme idolâtre et impie, ne revenant au de^ voir qu'à force de châtimens , et retombant dans ses désordres dès qu'il est épargné.

Toute l'histoire des Juifs est remplie de faits pu^ blicsct étonnans. comme ceux du Pentateuque, et il n'y a presque point eu , chez ce peuple, de gé-« nératioâ à qui ^ de siècle en siècle, on n'ait dit qu'elle avait été témoin de semblables pi'odigej^; et ]ïas un doute ne s'est élevé dans un' seul membre de cette nation sur leur réalité y même après que les. $adducéen3 eurent attaqué l'immortalité de IVw me. Dira-t-on que , pendant quinze cents ans, il a existé un nombre immense d'hommes qui croyaient voir ce qu'ils ne voyaient pas , entendre ce qu'ils n'entendaient pas , et dont Içs sens et la raison , Jors même qu'ils avaient un grand intérêt à ne se i>oint abuser, étaient au rebours de la raison et des gens des autres hommes?...

Les divers auteurs des livres historiques , qui font suite au Pentateuque , parlent , d'ailleurs, avec candeur, avec impartialité: ils disent le bien et le

(247) mal ; ils rapportent les infidélités delà nation et ses malheurs , les crimes des prêtres et ceux des rois, les menaces des prophètes et leur accomplis* sèment; ils racontent avec le même sang-froid une bataille perdue et une victoire gagnée , un châtiment du Ciel et un bienfait ; ils ne craignent point d'êtrç accusés ni de déguisement ni d'imposture: en un mot ils possèdent de tels caractères de véracité, qu'il serait bien difficile d'en montrer de pareils dans aucun auteur de l'antiquité profane. ( i )

Enfin les divers prophètes qui sont venus après Moïse, ont maixîhé sur ses traces , et ont dépeint le peuple juif sous les [>lus noires couleurs , et toujoui*s ce même peujde a vénéré comme authentiques et vraies leurs prophéties.

Si un homme parcourait le monde , et portait en ses mains un livre contenant l'histoire de sa vie ; si ce livre disait que son Iiéros a toujours été plein

( 1 ) ff Nous avons fait voir dans notre premier livre , dit Grotius , y' Trailé de la iférilé de la Religion chrétienne ^ li\f. III. chai^ III. y , que les païens ont rendu d'illustres témoignages à la vérité des faits que Moïse rapporte : ici nous ajoutons que les mêmes païens ont confîrnié une partie de ce qui sVst passé depuis la mort de ce saint législateur. Les annales des Pliéniciens parlaient de David , de Salomon et do Talliance de ces deux grands princes avec les Ty riens. On lit dans Btrose ce que les Livres Saints noua apprennent de Nabuchodonosor et des autres y6\s de Chaldée. Le Roi d'Egypte que Jéréraie appelle Vaphrès , est celui qu'Hé? rodote nomme Apriès. Toute l'histoire de Cyrus et de ses successeurs , jusqu a Darius , est dans les historiens grecs. Josèphe écrivant contre Appion , mêle beaucoup de choses qui regardent l'hiistoire des Juifs. Straboti et Trogus parknt auesi de cette nation.. »

( 248 ) <les plus grandes vertus et clés cjualités les p|ii« a(i-

^Tiirables, nous en aurions de la (fâiarice , et nous fie Compterions guères pi pur Je livrp ni sur 1© fiéroSf

Si , au contraire , le livre disait que cfjlui qui le porte est un honarae infâme ; qu'un protecteur tout-puissant Ta comblé de toute sorte de faveurs, plais que tous ces bienfaits ont été payés de Tinr . gratitude la plus noire, la plus atroce; s'il disait que chaque acte d^ingratitude a été puni , que chaque fois l'ingrat s'est humilié devant son pro-^ lecteur, hii a demandé pardon , a obtëfeu S4 grâce , a reçu des faveurs nouvelles , que toujours il est revenu à de nouvelles ingratitudes , et qu'il s'est souillé des crimes les plus énormes ; si , ejnfinj, cet homme, en conservant et en montrant ce livre, 15 obtenait que le mépris et Thorreurdc ses semblables : tout cela nous porterait à croire à la vérité de ce livre , parce qu'il . est contraire à la naluï'e de l'homme de se déshonorer , de se ilétrir , de se faire mépriser et haïr par un mensong^e vo-î loîitaire et obstinénrient soutenu.

Mais si , au lieu d'un seul homme , cette suppor sition se réalisait dans une multitude innombrable, chez qui iiécessaîrement mille et mille passions devraient se choquer, mille et mille intérêts, divers devraient se croiser et se combattre , pourrions-nqii^ , à moins de l'attribuer à un prodige dont on ne saurait trouver là cause nulle part, ne pas reconnaître ^aus ce fait \sl force de la vérité ?

Hé bien, voilà les Juifs iît l'Ancien Testameot, Ce j)€i|ple porte en ses mains avejc un r^ispect ij^t violablcy depuis' roriiçine de sa cotistitruion théocraliqu^^ et il montre en tous lieux , à toutes les nations^ depuis qu'il erre dans le iï\pnde , ce livre où il est (Jéisbonoré dans presque toutes les pages dfB la partie historique , et où il Test également dans tous Jes écrits de» propl^ètes , i^ais de la mhnière I4 plus outrageante , la plus avilissante; ce livre dont on lui fait un titre de condanxpation, de réprobation et de mépris pour soç aveugle^nenl; et aiflsiy ce peuple semble (iire à l'univers: ^Crojez à Vauthenticiié et ^ la vérité de ce livre ; car f ai toujours eu , fai surtout j depuis dix-huit siècles, le plus puissant intérêt à rCj pas "croire , et fjr ai toujours cru y et fy croîs encore, Voyez comme ce ïi\}re me couvre de î^qnte et dinfâinie ; voyez IsuHout comme tes Prophètes npe prodiguent les reproches les plus amers, les plus jlé tris s ans. Ahf ce monuniejit éternel de mes mufmures , de mes ingratitudes , de mes révoltes , de mes vices , Ué vérité seule a pu mefbfcer à le conserver , et à le présenter intact à ceux qui s'en servent pour combattre ma religion j et pqur renverser mes es^ pérances. »

Et qu'on ne dise p^s que la trompeuse politique des Rois, des Princes , des Prêtres el des Magistratsa été le fondement de la vénération du peuple juif pour ses Prophètes ! Car lies Rois , les Princes , les P|:êtres, les Magistrats sont encore plus i^altniitéîi

( 250 ) que le peuple par ces mêmes Prophètes^ qui Jenr |)rodiguent les reproches d'injustice et d avarice ( 1 ); d'intempérance et de débauche ( !2 ),. de violence et de cruauté ( 3 ) , d'infidélité et de transgression ( 4 ) , d'ignorance et de mensonge ( 5 ) > de scandale et d'impiété ( 6 ).

Ainsi , le peuple le moins suspect rend Je témoignage le plus désintéressé aux faits de l'Ancien Testament sur lesquels s'appuie le Chi i^tianisme , faits qui sont revêtus , d ailleurs, comme nous l'avons prouvé , dp toutes les conditions requises poiu' la certitude historique. ( 7 ) *

( 1 ) Isaïc I. 23. LIX. 4. -►- Jértinie V, 26 , 2'' , 28. VL 13. — Ainos V. 1 1 , 1 2. - Miellée III. 1,2,11,12. VII. 3,4.— Malachie II. 9.

( 2 ) Isaïe XXVIL 7. LVL 10,11,12.

( 3 ) Jérémie IV. 11 , 13. ~ Eséchiel XXII. 6,7.— Michée III. 9 , 10. — Sophonie III. 3.

( 4 ) Isaïc XLIII. 27. — Jérfimie IL 8, V, 4 , 5. XXIII. 3i - Esëchiel XXXIV. 2,3, 10.

( 5 ) Isau; LVI. 10. — Jërémie VI. 31.

(6 ) Esëchiel XXII.26. XLIV. 10, 11 , 13. — Sophonie III. 5. — Ma- L(hic I, 6 , 7 , 8. -— Jérémie XXXU. 31 , 32- f Notes de l'auteur. J

( 7 ) « Aprc3 un pareil témoignage , avec quelle aJDparence de raison pourrait-on révoquer en doute l'authenticité de nos prophéties .•* Dira-toii (ju'elles ont été fabriquées ou altérées depuis l'origine dû Christianisme.^ L'hypothèse serait trop visiblement absurde : jamais les Juifs ne se fussent accordés avix: nous à recoimuître des prophéties d'une origine si réctMito ; jamais les clirétiens n'eussent pu exécuter une pareille fraude à rinsu des Juifs , et par conséquent sans exciter de laur part les plus vives réclamations. Dirart-on que nos prophéties ont été fabriquées avant Jésus-Christ? C'est en effet ce que Porphyre a prétendu au sujet des prophéties de Daniel , comj)osées , selon lui , au temps des Machabt^s , eVst-à-dir&, environ un siècle et demi avant l'ère chrétienne. Mius , quand cette supposition serait aussi plausible qu'elle est insoutenable ,

§, IL LKS FAITS DU WOUVEAU TESTAMENT SOiyT INÇOUTE^STABE^ES.

•11 n'y a pas plus de raison de douter de IWtbenticitë du Nouveau Testament , qu'il n'y en a

qu'jr gagncFaient les ennemis de la Religion ? Ne serions-nons pas bien fondés à regarder couinic divines des prophéties qui , près de denx âiètfles avant les «.'vônenjens , ont pn'dit les diffiTontos circonstances de la oai»- »ance de Jé^us-Ghrist , du sa vie , de sa mort , et la grande révolution que son ministère devait opérer dins le monde ?

» D'ailleurs , quelle apparence que les prophéties aient pu être fibri-> quées ou altérées , soit 4u tenjps des M^chabées , soit à- une autre époque postérieure à I4 captivité de Babvlorje ? Remarquez , en effet , que , depuis cette époque^ les Juifs ne furent plus concentrés comme auparavank dans la Palestine , mais qu'ils se répandirent dans tous les royaumes do rOricnt, à Babylonç , a Alexandrie , et dans toutes les provinces envi-, ronnantes. Remarquez encore que la version complète des Livres Sacrés en grec existait environ deux siècles avant Jésus-Clirist , et que ces livres furent répandus depuis ce temps non seulement ])apini les ^Tuifs , mais encore parmi les nations païennes , dans la Inngu&la plus connue, la plus psitée f la plqs cultivée par les hommes instruits de tous les pays. Pour supposer ces livres , ou pour y insérer après couples prophéties que nous invoquons , il aurait-denc fallu corrompre à la fois le texte hébreu et la Fersion des Septante. Il aurait fallu avoir pour complices et les Juifs dispersés , et les Gentils qui possédaient quelques exemplaires du texte ou de la Version. Il eût falli) qu'une multitude dMiommes éloi^^nés les nus des autres ^ et mamîestement inca))ables de sY^ntendre , eussent pris part au complot et gardé assez fidèlement le secret , pour que personne n'en eut ( u avoir le moindre soupçon. Je le demande , un hom:ne raisoiH uable admettra«>t-il jamais une suite de suppositions si extraordinaires ? Et peut-on les admettre sans ruiner entièrement la certitude histori(|ue? £n voilà sans doute plus qu^il nVnfaut poni mettre rauthenticité de nos prophéties à Fabri de toute»contestation. Quant à Tassertion de Voltaire, que les Juifs n'ont appris à écrire qu'à Babylone et même à Ah^xaudrie , elle est trop évidemment gratuite /et^émcntie par Thistoir j comme par le bon sens , pour qu'elle vaille la |K'ine d'être réfutée. » ^ Défense di4

(352) de douter de celle des histoires de Xénophon , 4e Tile-Live, de Tacite, ou de celledesleUresde Pli* pe y que personne n'oserait mettre en question.

En examinant les diverses parties de ce livre , on ne voit rien nid^infi les paroles de Jésu^Chriàt, ni dans celles de ses disciples , qui ne soit parfaiteinenl conforme aux circonstances per.<K)nnelles jou localt^ , ou à celles de Tépoiiue. On voit , au contraire ^ l'histoire de l'Evangile, et celle des Actes des A^>otres Kée , en beaucoup «i'eqdroits, à Thistoire civile, et partout cadrant exactement avec elle; on y voit un grand nombre de faits [xarticu^ larisés , et tous les détails se ranporlant aux lois , au gouvernement, k hi religion sdit des Juifs , soit des autres peuples, ; nulle part on ne l'encontre la plus légère dissonance.

11 nest pas aisé de faire adopter généralement un livre historique supposé, quel qn'il S©ît Mais cela devient excejisivement difficile, lorsqu'il s'agit de plusieurs écrits attribués à divers auteurs, dans lesquels il faudrait mettre les marques des différentes mains ffui les auraient composés, en effaçant soigneusement les traces du temps de leur fa-

Christianisme pj^r Mgr. Frayssinou», tome IL p. 327 , 328 , 329.^

L'accomplissement des prophctie^ qui regardent le Christianisrae, sera démontré dans le cliapitre suivant. Quant à la preuve de racooiaplissenu rit des autres , elle n'entre pas dftns Tobjet de cet oovrage } mais on peut voir dans les Antiples de philosophie thrétienne , ( N<^. 25 , N**. 26 , ]V**. 27 , ) trois articles fort intéressans sur le» Ptyypkêties confirmées par les (lëioiwertes des i)o rageurs modernes les plus célèdres.. Voyez aussi , pans le Nj. 23 . Tombeau de Jonof j Ruùies de Ninive et de Baùj^lone,

bricalion ; et cela devieiil iinjio.ssih'e , lorsqu'à loti-' tes ces diriicullés se jui{»tient les obstacles qui résultent nécessairement de la nature des faits qu'ik contiennent : faits*de la' plus haute importance , par rapport aux moeurs, aux.lois et aux croyances religieuses d'une multitude innombrable dliommes de divers pays et de diverses nations, remplis de zèle pour tout ce qui lient h leur religion jusqu'au point de lout sacrifier pour elle. Qui croira jamais qu'Un faussaire ose même essayer une telle entreprise; ou, s'il osait l'essayer, qai ci'oira qu'il réussisse, sans que pas un membi*e de cet le multitude innombrable né se laisse tromper ?... Si le Nouveau Testament n'est pas authentique ^ voilà cependant ce qu'il faut croire. Ajoutez que , dans cette supposition , le faussaire aurait réussi , en employant le meilleur moyeu <l échouer : tant de particularités, tant d'indications de personnes, de lietix, de circonstances, tant de discours pleins dallusions diverses , en un mot tant de délails de toute espèce , évidemment incompatibles avec le succès de la fraude.

Pour nier l'authenticité des cjuaire Evangiles, il faut nier. celle de tous les autres livres «lu ^ouveau Testament: car ils sontélroitement enchaînés lesuns aux autres. Les Actes supposent les faits rajîportés dans les Evangiles, et les Epili^es apostoliques rappellent ce qui est contenu soit dans les Evangiles, soit dans les Actes. Mais i>ier l'aulhenlicilé des Epltres, c'est se jeter dans des absurdités intoléj^a-

Wes. "Veut-on que ces Epîlres n'aient jamais eie envoyées à ceux à qui elles sont adressées? Oïl bien, qu'elles leur aient été cfnvoyées , du Vivant (les Apôtres 5 par un faussaire? On bien encore y que ce faussaire ne les ait envoyées qu'après leur mort?..<«

Dans la première bypotbèsô , comment seper-* suader qu'on a fait à la fois illusion aui fidèles de différens pays, de Rome, de Coiinthe, d'Epbèse^ de Thessalonique, au point de leur faire accroire qu'ils avaient reçu de saint Paul des lettres qu'il» Bravaient pas reçues?

Dans la seconde , comment tous ces fidèles au«» raient-ils pu se tromper sur l'auteur de ces mêmes lettres , quand ils y lisaient des réponses à des questions qu'ils avaient proposées à cet Apôtre ^ sur divers points de morale et de discipline ^ et sur , les observances légales ? Quel faussaire pouvait se^ donner pour saint Paul ^ en annonçant tantôt qu'il les a visités y tantôt qu'il leur a envoyé , ou qu'il leur envoie un de ses disciples? Les Epîtres étant rédigées pour W besoin s des églises, ou pour être^ dans la suite ^ un soutien de leur foi en Jésus-- Cbrist , ces églises ont dû nécessairement connaî-' tre le caractère et l'autorité de ceux qui leur remettaient ces écrits sous le nom de quelqu'un des Apôtres ; elles ne manquaient pas assurément de moyens de découvrir la supercberie , s'il y en eût eu : souvent les circonstances seuU^s énoncées dans ces lettres leur auraient suffi pour la reconnaître^

(255) elles sont donc des témoins irrécusables de l^irr authenticité. D'ailleurs, oomraent se ponrrait-il » dans le cas d'une supercherie , que saint Pavd, saint Pierre^ saint Jean , etc. , ni aiicun de leurs disciples n'eussent désavoué ces fausses productions, dont ils n'auraient pu ignorer l'existence?

La troisième hypothèse contredit formellei^ent le témoignage de tous les anciens écrivains ecçjé-, siastiques j et le sens commiin mémeé Les Corinthiens, parexemple, auraient-ils jamais reçu comme authentique une Epître qui ne leur a.uT*ait été adressée qu'après la mort de l'apôtre dont elle porte le nom , quoiqu'il parût , par diverses circonstances , qu'elle avait été écrite long- temps avant , et surtout qu'elle l'avait été àToccasion de quelqurs désordres qui se glissaient dans leur église , ou de quelques doutes proposés à cet apôtre?... De plus, la société chrétienne , déjà fort étendue à celte époque , aurait dû nécessairement êlre complice de l'iniposture ( l ). Or , d'où serait venu parmi les

( 1 ) Uhistoire ecclésiastiqtie tics deux premiers siècles nons apprend qu'aucun livre nVtait reçu pour sarré, qu'après avoir subi l'examen le plus rigoureux , et qu'on n'adniettiiit universellement que ceux dont l'authenticité était clairement démontrée. Voilà pourquoi quelque s éfiitres , et l'Apocalypse ayant été adressées , non à des églises particulières qui let* auraient conservées avec soin , et qui en auraient produit les originaux , ainsi que le dit TertuUien , mais à tous les fidèles en général , ou à des particuliers , ne furent pas admises partout dès le commencement ; néanmoins , dès lors , le plus grand noml}re des églises reçut comme authentiques tous les Ih res du Aouveau 7 estament , comme Tattcste expresst^ ii.cnt EusèLc ,, ( Ilis. EccL liv. III. cliap. \^.J

( ^5(i ) Jjasteurs et les fidèles un accord uaiversel et Otiff^tant pour autori5er le ^en&onge , sans qiraliciin s'y refusât^ ou se démentît dans la suîtej et celat dans le temps où ils sacrifiaient ^ syec allégresse 4 leurs biens y leur vie^ plutôt que de trahie et mê-^ me de déguiser la vérité ? .

Il est donc certain que les livres du Nouveart Testament appartiennent aux auteurs aulquelsilsr sont attribuée; il est également ceitain que ces li- •vres n'ont subi aucune altération importtflite ( 1 ):' car on sait combien les chrétiens ont toujours été pleins de respect jK)ur ces livres sacrés ; aVec quelle fidélité scrupuleuse ils en ont conserve le texte > s'élevant.avec indignation ccfntre les bérétiquesrqui entreprirent , dans les ])remîers temps , pour appuyer leurs erreurs , d*en altérer quelques endroits.

(1 ) ËvidemmenC des changcmcns indlÉerëiâ ont ctë î^vitables , à* tause dii nombre incalculable de erpioi» du Nouveau Testasient qui ont été faites pendant quatorze siècles, en tant de langues et par tant de main»' différentes , puisque dans ïes* ouvrages de Térence qui nous restent , et qui ne forment pas uftr volume de moitié aussi considérable , le docteur Bentley a trouvé vingt mille variantes entre quelques manuscrits seulement , (^ Critique du discours de Collins sur la liberté de penser. J Pour les prévenir dans le Nouveau Testament , il aurait fallu que , pendant . ces quatorze siècles , ils ne fussent copiés que par des hommes éclairés ,• exempts de tonte négligence et de toute distraction , c'est-à-diré qu'il aurait fallu une perpétuité et mie universalité de miracles , qui r^'iidiss^înC tous les copistes infaillibles. Mais ces miracles uif/taieut nullement nécessaires au but de la Providence. Il suffit, en effet , que le corps des Livres' Sacrés ait éti- conser\ é sans aucune altération importante qui n'ait pir être facilement corrigée : or le grand nombre de cef^)ies a dû néccssiiiremen» empêcher qu'aucune altération un j)eu cou.sidt'rable ne pût s'y gli»ser , sans qu'elle fut reconnue et corrigée sur le champ.

Les Saints |Père| leur reprochèrent, avec la piil^ grande force , ces alléi'ations^ et les leur prouve-» rent par rantériorité des exemplaires catholiques sur les leurs , et parleur universalité, f Tertulien contre Marcion y liv. IV. chap^ 4. ; Suint /éugus^ tin contre Fttusté , Hv. XI. ohap. 2 ., 3 , 4. J ( 1 ). 11 est y d'ailleurs ., évident qu'on faussaire n'aurait pu exécuter son desseiii sans enlever tous les exemplaires du Nouveau Testament; mais comment au-» rait-il pu y réussir ( 2 )? Et quand même il serait uaî venu à se saisir de tous les' exemplaires , com^ ment aurait^il pu déguiser l'altération , effacer de tous les esprits la mémoire des évènemens et des dogn>es que contenaient les premiers exemplaires, pour leur en substituer de tout différens? Comment aurait-il pu faire croire à tant de personnes de tant de provinces, de tant de royaumes ^ qu'elles n'avaient point lu dans lés écrits sacrés ce quelles y avaient lu , et qu'elles y avaient lu au contraire ce qu'elles n'y avaient pas lu ?

On ne saurait douter qu'à la sortie des mains de

( 1 ) Origêne dit , en répondant à Celse qui acctisait les Chrétiens dV Voir altéré les Evangiles i « Je n'en connais point qui ait corrompu TEn vangile , que les disciples de Marcion , de Valentin , et je crois aussi » ceux de Lucien. Ce n'est point le véritable Christianisme qu'il faut aci» cuser de ces falsificatioî^ , mais ceux qui ont mêlé des doctrines étran- » gères à l'enseignement de Jésus-Christ , ( Contra Ceh, 1. II. c. 27. ). *

( 2 ) Lorsque l'empereur Maximien , an IV*^. siècle , tenta le projet d'enlever aux Chrétiens leurs livres sacrés , il en trouva, sans doute d'assez faibles pour les livrer*; mais les vrais fidèles n'hésitèrent pas à ttoat kasardM- , à loiii sacrifier pour sanvsr «c prwitux dépôt.

letirs auteurs , il najt élé fait sur le champ un grand nombre de copies des originaux des divers livres du Nouveau Testament , et que ces copie» n aient été envoyées dan^ les diverses églises. Nous .savons qu'on en faisait une lecture publique dans toutes les assemblées des premiers clirétiens ; nous savons aussi qu'on ne tarda pas à les traduire en diverses langues , et que ces anciennes versions , .dvût plusieiir.^ existent encore , furent bientôt répandîtes dans toutes les parties du monde connu : il y a plus , quelques-uns des manuscrits originaux se conservèrent jusqu'à la fin du second siècle. On trouve enfin dans les ouvrages des aiUeurschrétrëns, depuis les premiers siècles justju'à nos jours , une quantité prodigieuse de citations de toutes les parties du Nouveau Testament , qui tontes s'accordent en substance avec le texte tel que nous le possédons ( 1 ). Tout cela n'est-il pas inconciliable avec la possibilité d'une altération importante?

( t ), Voyca V Aperçu des preuves qui établissent Vauihenticité du Christianisme , par William Paley. L'auteur , à riinitation de k Crédi" bilité de l'Histoire Evangélique par Lardner,, dont il cite Tautorité presque ù chaque page, montre que depuis saint Paul, et saint Ignace qui était évéque d'Ântioche quarante ans après Tascension de Jésus-Ci) rist , c^cst-à-dire , depuis le temps des apôtres jusqu'à nous , les écrivains do Cîiri^tianisnie se citent réciproqtiement et sans interru[)tion j de manière à imprimer aux écrits de chacun d'eux une incon testai de authenticité , et que tous ont fait mention des livres du Nouveau Testament dans 1 estermes du plUs profond respect : ««lint Polycarpe^ qui avait vé< u avec les apôtres ; saint Justin, qui a écrit environ trente ans après saint Polycarpe j saint Denis , évéque de Corinthe , qui véeut trente ans après saint Jui^tin ^ saint Ircnée >ëvéqttc de L^on \ Théophile , évéque d'Antioche ut

(259) Aussi , les critiques les plus l>a biles et les plm judicieux ont-ils reronuii , après l'examen le pins Sf-rupuleux , que les livres du Nouveau Testament sont, de tous les ancieus écrits , Cjeux qni, san.sancune exception , ont le moins souftet t des injures du teni|xs et des erreurs djes copistes. * On peut même dire que nul autre livre né trouve, comme le Nouveau TesUmebt , une preuve d'authenticité et d'intégrité, inême dans ce cju'on y o{>pose. Il est vrai , par exemple, qu\iprès la mort des Apôtres parurent certains Evangiles , certaines Epîlres qiii lenr étaient faussement attribués ( 1 ) j et que les hérétiques des premiers temps corrompir<»nt, au profit de leurs eri'eurs , le vrai texte que nous avons. Mais les écrits regardés aujourd'hui comme canoniques, ont été seuls admis comme tels daiis les premiers siècles , et ils ont i eru, de génération en génération , dé continuels témoigna-

cootemporain de saint Imitîc ; saint Clrment crAlexundric j Tcrtulieo , Oiigène , saint Cyprien etc. , etc.

( 1 ) Il ne faut pas mettre snr la même ligne les livres notojrrment supposés et forgés par les hérétiques des premier» temps , et les écrits dont les auteurs ne sont pas connus d^une manière certaine , mais qut ne renferment ancnne erreur , ou ceux dont les auteurs soiit connus , mais qui ne doivent pas être placés dans ,le canon d(\s livres sacres. Quoique tous CCS ouvrages soient appi^lés apocryphes \ les premiers le sont dans ce senf qu'ils n'ont aucune espèce d'autorité , et les autres seulvment dans ce sent qu'on ne doit pas les mettre au rang des Ecritures canoniques. Au reste . avant S. Clément d'Alexandrie , mort l'an 215, il n'y a point d'indice ni de vestige certain d'aucun évangile apocryphe, f frayez la Bible. vengée , tome f^. ; Ivs Dissertations sur la vérité de la Religion par M'', fie La Luzerne / le Traité de la Religion , par Èergier , tome y,J

(260) gei ir.iutheriticité et d'intégrité , tandis que le» écrits apocryphe*^ , ou les exemplaires corrompu» par les hérétiques n'ont eu qu'une existence éphémère , et au houl de quelque temps sont tellement tombés dans le mépris qu'ils méritaient, qu'à peine il en reste les noms. ( 1 )

Les livres du Nouveau Testament sont authentiques ; nous venons de le prouver ; voyons si les faits qu'ils racontant sont vrais. /

Pour jeter le jour le plus lumineux sur cette importante question^ nous soumettrons ces ftnlsà des épreuves si excessivement rigoureuses , /qu'au- ' «un des faits de l'histoire ancienne ne puisse en soutenir de semblables. Noiîs exigerons :

1 0. Qu'ils soient attestés par |d.usieurs historiens^ témoins oculaires ou contemporains.

2^ Que ces historiens soient tous ingénus, justement présumés vrais ; qu'on ait la plus solide assurance morale qu'ils n'ont été ni trompés ni

( 1 ) h Les ennemi* eux-mêmes dn Christianisme coRfirmeut Tatithentirité des Evangilçs : les Juifs si intéresses à dïicouvrir l'erreur , s'il y en avait en , les liérétiques' qui trouvaient leur condamnation dans ces livres , n'en contestèrent pas néanmoins Tauthenticitë , dans les premiers siècles , si Ton excepte les Manichéens qui recevaient l'Evangile de saint Luc , on ne sait pourquoi , puisque la même t;radition prouvait également celle des trois autres. Celse , Porphyre , Julien qui ridiculisaient les chrétiens ♦ qui tiraient des livres saints dos argumens contre leur religion , n'élevèrent pas de doutes -sur l'origine de ees mêmes livres ; et cependant en prouvant qu'ils n'étaient pas l'ouvrage des apôtres , ils au- ■^ raient sapé le Christianisme par ses fondemens , et auraient couvert se» «cctat<'urs de coufusioii. » {Conférences snr là Religion , par M. Fabbé Faudet.^

trompeurs ; que leur langage soit simple maïs ferme ; que les récits de Tun soient , clans la rigueur du sens , l'expression fidèle de la pensée des autres.

3^ Que ces faits soient publics et très-intéressans : publics^ parce qu un fait li^ré au grand jour est soumis à Texameii de témoins nombreux ; très-intéressans , parce quon approfondit mieux, ce qui produit une impression vive et forte , que ce qui parait in<lifférent.

4^ Que ces mêmes f«iits soient étroitement liés avec d'autres faits inconiestables , qui ne peuvent devoir leur naissance qualix premiers.

5^ EnBn , qqe la ter i té de ces mêmes faits ait été avouée , dès le commencement ^ par les hommes les plus intéressés à la nier.

1^ Parmi les quatre Evangélistes , sainf Mathieu et saint Jean ont été témoijis oculaires des faits qu'ils rapportent : ils nont pas cessé, pendant environ trois ans , d accompagner JésufrCKrist , et ils ont parfaitement connu toutes les circonstances de sa vie.

Saint Marc a été contemporain de Jésus-Christ; il se trouvait dans des rapports de liaison et d'amitié avec les témoins oculaires des évèifemens qu'il raconte; il fut un des disciples les plus dévoués de saint Pierre qui approuva son livre, lequel a par conséquentla même autorité que s'il avait élé écrit par cet apôtre.

11 en est a peu près de même de saint Lue , qui

( 262 ) était également contem|)oraii) de Jésus-Cbrist , et qui assure , au commencement Ae son livre , ne xicH avancer que sur le rapport fidèle des témoius t^ulaires. Ce même historien est lauteur des Actes des Apôtres \ il les raconte comme témoin oculaire de la plupart des faits.

Les Epîtres sont des apôtres Pierre , Jean , Jacques et Jude , témoins oculaires ) et de l'apôti^e Paul contemporain de Jésus-Christ.

Les écrits de tous ces auteurs, témoins oculaires ou contemporains , sont, d ailleurs y liés entre eux Dar uu rapport si intime, qu'on ne peut se dispenser de reconnaître pour v])6is tous les principaux faits qu'ils contiennent, oil'de les rejeter en totalité: car le livre des Actes contient une partie de ce qu'il y a d'essentiel dans les Evangiles ; et les îipîtres sont en général inintelligibles si on n'admet pas les principaux faits contenus dans les Evancfiles et dans les Actes.

2<». Lisez sans prévention les historiens évangéliques; vous sentirez à chaque page une impression de vérité. Avec quelle candeur^ quelle ingénuité ils parlent dWx-mêmes, de leur naissance obscure ^ de leurs vile profession, de leUr ignorance, de leurs erreurs , cfe leurs préjugés au stijet du Messie , de leur faiblesse , de leurs fautes , de leur désertion , de leur incrédulité ! On ne voit pas dans leurs écrits la pKis légère apparence â'artifice ou d'esprit de ])arti; on n'y voit point d'envie d'exaiter d'un oô é, et de rabaisser de iautre; point de ces remarques

êe prétaut?on qui vont au-xlevanl des objections ; point (le celte réserve qui ne manqae jamais d'arguer de faux ]e témoignage de ceux qui sont coupables d'imposture ; point d'efforts pcfur capter le jugement du lecteur et te réconcilier , pour ainsi dire , avec ce qu'il y a d'extraordinaire dans la narration. Sans prétention , comme sans zèle intéressé , ils n'essTaient ni l'éloge ni lapologie de leur maître; ils ne ciierchent jamais à lui attirer l'admiration y ni à le garantir du blâme; ils racontent aussi wiînient ses humiliations qn^ ses vertus , ses ceuvres ou ses sencimens d'homme , que ses plus éclatans miracles; ils n^ex priment aucune reconnaissance |iour sesbief^rts; ils racontent l'histoire de sa passion et celle de sa résurrection , comme en auraient parlé les hommes les plus indtfférenSy sans témoigner nulle compassion pour ses souffrances, nulle indignation contre ses persécuteurs et ses bourreaux, nul enthousiasme pour son triomphe sur la mort.

On sent partout qu'ils n'ont pas plus l'intention de tromper que la crainte d'être démentis ; qu'ils laissent parler leur sujet , et que cVst bien pliitôf la vérité qui les presse , que la manière de la dire qui les occupe. C'est la marche d'hommes tellement familiarisés avec la grandeun des evènemens dont ils sont les historiens^ qu'ils en ont perdu jusqu'à l'étonnement : ils écrivent sans réflexions ce qu'ils ont vu et entendu , comme ils le croient sans aucun doute; ils ne soupçonnent seulement pas que

(264) J'autres paissent en douter; ilsjne se chargent q^e des faits , ils laissent le lecteur en tirer le* cou!)î3* que 11 ces.

11 n'y a pas jusqu'à leurs apparentes contradic* lions (1) qui ne déposent en leur faveur ; elles nou* prouvent qu'ils ne se sont pas concertés ni copiés^ quoiqu'ils 3'accordcnt néanmoins si bien sur les enseignemens et sur le» faits, que, quand nous n aurions 'qu'un seul Evangile , nous n'y trouve» rions pas mieux un même système de religion et de morale , et une même histoire que dana]||^ qua« tre réunis.

Et voyez comme le caractère moral des Evangélistes nous garantit leur^ véracité ! Ce sont des hommes dont l'innocence est sans nuage et sans ombre : les plus grands ennemis du Christianisme n ont eu rien à dire contre eux. Quelle n a pas dû être la vertu de fceux que la calomnie n'a pas osé entreprendre de noircir ?... Ils étaient si peu ambitieux qu'ils abandonnèrent tout , pour se dévouer <à l'indigence et aux travaux de l'apostolat.

D'ailleurs, s'ils avaient voulu tromper , auraient-

^ ils choisi pour le héros de leur imposture, un hom->

ine crucifié à Jérusalem ? Auraient-il^ débuté dans

( 1 ) Voyez la Bible vengék , par Duclot; -^ les Béponses critiques etc., par Bullet ; -■* la Èiùle de f^ence , édition revue par M. Drach , rabbin converti , t. 19,, harmonie des saints Evangiles] — et dans le Dictiontionnaife de théologie par Bergier , l'article Contradictions , et les au« tri's articles relatifs aux (UverMS difficulté c{ue les incr«dulM ppt prop«* nées à cet ëgârd.

( 265 ) les lieux mêmes où devaient s'être passes les fuiu dont ils s'appujàienl? Seraieni^iis entrés (lans les dëlaUs les ])lus circonstanciés sur ces mêmes faits ? Comment^ d'autre part^ ce^ hoifimes si simples, ai ignorans , auroient*its pu inyenter , trouver en eux-mêmes une morale si élevée au*des9tjis de leurs faibles lumières , et rendre avec tant de justesse une doctrine qu'ils avouent ne pas en fendre? Comment auraient-ils pu imaginer ce grand caractère de Jésus-Clirist , que nous avons déjà reconnu pour manifitetement surhumain ( 1 )? Non , un {K>rtîail si achevé^ si sublime, d'une si parfaite unité dans . toutes ses parties, et dépouillé de tout art, de toute déclamation , de tout ce qui peut sentir le panégyrique, n'existerait pas dans les pages de tels au* teurs , si le divin original n'eût existé! Cest un chef-d'œuvre dont les Evangélistes n'eussent jamais été capables , s'ils n'eussent travaillé sur le vrai et d'après nature ; et l'histoire de Jésus-Christ doit être reléguée parmi les choses impossibles , dès l'instant où l'on ose la travestir en légende apocryphe. Sur quel document historique peut-on com|> ter si celui-là peut être légitimement sus|>ect;? Quelle règle avons«nous pour connaître la vérité , si c'est ainsi qu'on peut écrire le mensonge? Comment la bonne foi est-elle faite , si ce n'en est pas là le caractère et l'accent? Et que peut-il manquer à notre certitude , lorsque ces hommes qui ont

( 1 ) dupitrt V. , p. 81 , 82 et rair.

( Iffi ) ~

ëcrJt ce qu'ils ont vu et entendu , affrontent les supplices 6% la mort pour défendre la vérité de ce qu'ils ont écrit? ( I )

3". Les faits rapportés par les Evangélistes se sont passés dans des lieux ouverts à tous les regards^ sur les places publicjues, dans les synagogues, en préseuce des Juifs prévenus contre Jésus-Christ , en présence des Scribes et des Pharisiens , ses implacables ennemis. Ces faits sont circonstanciés , soit par rap|K)rt aux personnes , soit j>ar rapport aux lieux; ils sont de différente espèce, et ont été répétés souvent , et continués durant plusieurs années ; les suites n'en étaient point passagère* : elles laissaient , au contraire , tout le temps dési-

( 1 ) Le premier salaire de la mission des Apôtres fat une flaç^ellatioQ publique j et traités ainsi dès le premier pas , ils persévérèrent à courir le monde , ne trouvant partout que des cachots , des chaînes , des verges^ des bourreaux , et enfin une mort cruelle.

Si douze hommes racontaient unanimement un fait , auquel ils uauraient aucun intérêt humain ; si le gouverneui^ du pays où révènement aurait eu lieu , faisait prendre ces liommes et leur proposait , pour tonte alternative , de confesser leur imposture ou de subir immédiatement la mort î

* Si alors ces douze hommes sV'criaient d^une seule voix que leur récit est fidèle j

Si int^TOji^c et menacé ensuite séparément , chacun d'eux, réitérait les mêmes assurances qnc tous avaient données en commun ;

8i enfin ces douze hommes étaient traînés Tun après Tautre au supplice , et le souffraient plutôt que de se rétracter sur la moindre circonstance de leur récit } pourrions-nous ne pas croire à la vérité d'un par^'il témoignage?... Ou il faat abjurer la connaissance que nous avons de notre nature , ou il faut avouer qu'on ne se fait pas égorger, sans aucun intérêt humain , pour soutenir qu'on a vu ce qu'on n'a pas tu.... f Cette preuve jera développée dwis le chapitre IX^. J

rable pour s'assurer de letir r<5alité.

Ces faits inléressaieiit ce qu'il y a de plus seriiSêble , de plus cher au cœur humain ; ils entrainairol la uécessité d'un autre culte; ils introduisaient de nouveaux préceptes , et devenaient le fondement d'une réforme universelle dans les croyances et dans les moeurs. D'une pari , le Judaïsme j, cette i eligion si ancienne , et si enracinée dans le cœur du peuple (jui la professait , se voyait près d'être alK>li sans vctour ; de l'antre , le Paganisme , Ci4te religion si étendue, et si chère aux passions , voyait ses dieux méprisés et détruits , ses temples , ses autels, ses- oracles proches d'une chute sans espoir : jamais il n'exista de cause si importante , jamais de raisons si midtipliées , si pres^ant^ d'approfondir ces nouveaux faits , jamais tant de graves motifs contre la surprise , tant de sujets dç précaution contre l'erreur.

Dans de telles cbconstances , ceux qui embra^ sèrent la foi chrétienne durent examiner si les faits. évangcliques étaient ou n'étaient pas vrais. M est évident que Surtout les Juifs instruits .qui se convertirent à TEvangile, après la mort de Jésus- Christ , durent examiner ces faits avec le plus grand soin. Or sans parler de St. Paul,qui était un des Juifs lesplus éclairés de son siècle, et dont la conversion fournit seule une preuve de la divinité de la religion , coi^me nous le verrons dans le chapitre IX^, on sait que , sous l'épiscopat de saint Jacques le Mineur , presque toute la ville de Jérusalem et

( 268 ) plusieurs des Juifs principaux avaient embrassé le Chrisliauîsme ( 1 ) ; et on est forcé de convenir , en lisant TEpître aux Hébreux ^ (ju'elle n'était pas écrite à des iguorans. Il est évident encore que les philosophes païens, qui abandonnèrent leur commode sagesse , pour adopter la folie de la croix ^ et les autres païens distingués qui passèrent à la religion de Jésus-Christ^ duretitnepas agir sans examen sérieux , sans infôrmiition exacle. Or ^ les païens qui se convertirent dans les prt*miers temps, n'étaient pas tousi des hommes sans littérature : on le voit par les épîtres cjue leur adressèrent saint Paul, saint Pierre , saint Jean, et auxquelles des ignorans n'auraient pu rien comprendre j on le voit par les lettres (Lp saint Clémeat de Rome, de saint Ignate, évêque d'Antioche , de saint Polycarp» , évêque de Smyrne, et par les disputes des hérétitiques du premier siècle contre les disciple^ des apôtres : car des horomes tels que Simon, Cérinthe, Ménandre ^ Basil'ides , n'auraienl-ils. pas dédaigné de disputer conti^e la plus vile partie du peuple ? Pline, dans sa lettre à Trajan, qu'il écrivait au commencement du second siècle , attesté quedeshpmmes de tout âge , de tout ordre étaient impliqués dans l'accusation de christianisme. Sur la fin du même siècle , Tertulien ne craignait pas de dire aux Gouverneurs de Rome , (Apolog. l. IL) j que tous les corps , tbutes les assenjblées , lés armées , le pa-

( 1 ^ Eusèbc I kisl. tccl. î. IL c. 23,

C2«9) lais , le Sénat , les cours de justice étaîent rempli» de chrétiens; et sous Dioclétien , Arnobe ne craignait pas d'assurer, ( Adv. GenL /. IL J , que les liommes du meilleur goût et les plus savans Orateurs, Grammairiens, Rhéleurs , Jurisconsultes, Médecins, Philosophes , méprisant les sentimens auxquels ils avaient 'été attachés, mettaient désormais leur confiance en la religion chrétienne*

Parmi les philosophes convertis , on peut citer : Aristide , d'A thènes , qui présenta une apologie du Christianisme à l'empereur Adrien , vers l'ati 130 ; Athénagore ^qui en adressa une autre à Marc-Aurèle; saint Justin, qui composa une antre apologie célèbre; saint Panténus, qui , après avoir professé la philosophie stoïcienne , se soumit à !'& vangile, et devint chef de la fameflse école ch ré* tienne d'Alexandrie, vers l'an 180 ; saint Clément d'Alexandrie, son disciple et son successeur , sous la direction duquel se formèrent Origène et Ammonius ; Arnobe , qui , très-versé dans la théologie païenne , était , avant sa conversion , ui> ardent ennemi du Christianisme; Lactance , surnommé le Cicérvn chrétien , etc.

4®. Tout fait est indubitable , lorsque d'autres faits, dont la certitude ne peut être contestée, eu sont la suite nécessaire. Or il y a des faits, visibles encore , qui sont essentiellement liés à ceux du Nouveau Testament comme l'effet à la cause. Tels sont les chfingemens survenus dans le monde moral et religieux, depuis le temps où se sont passés les faits

(2"0) racontés par les ailleurs des diffcreules partiels df ce livre , cbangemens qui ne peuvent être attribué*» ni à rifçnorance, puisqu'ils ont eu lieu danslesiède d'Aujjusle , ni à T^loquence, puisque les Apôirvs étaient les hommes les plus simple» dans leur lan^jage, ni au crédit, à lautorilé, aux richesses , pnisi|Uril8 étaient de pauvres bateliers, ni auxpaS' sions, puisque la doctrine du Christianisme y est diiunctralcment contraire ( ' )•

Les peuples chréliens célèbrent périodiquement et ont célébré, de temps immémorial , des jours de fêle pour rciracer les evènemens qui ont donné li*»u a leur institution. Il est fait mention du Diinanclie , célébré chi^que semaine , en Tbonneur de la résurrection du Sauveur , dans les écrits des I Apôtres et dan^ ceux de leurs disciples ( 2 ): voilà donc un monument établi par les témoins oculuires d'un événement décisif , qui n'a pu avoir lieu sans la réalité des faits précédens de Thistoire de Jésus-Christ, et admis par ceux qui étaient le plus à portée d'en savoir la vérité. Si la résurrection n'eût été certaine, les A|)Olres n'auraient pas même essayé d'instituer le dimanche: car est-il jamais venu à l'esprit d'aucun imposteur d'établir une fête pour conserver le souvenir d'un événement fabu-

( 1 ) Cette preuve recevra le développement convenable dans le chapi* tre IX^ , où il sera parlé de IVtabHsscment du Christianisme.

(2)1. Cor. , C, 16. V. 10 ; — 2 Apoc. , C. 1. V. 10 ; — Epist. Barnahœ , n". 15. La lettre de Pline à Trajan dépose du mènie fait , lib. X, epist, 97. *^ Saint Paul dit expressément que le baptême est la figure de

leux , et (le vouloir y aj^sujétir les témoins oculaires (le la fausseté du fait?,..

Les fêtes de Pâques , de rAscensîon , de la Ventecôte etc. , datent autNi des temps apostoliques : les nionumens historiques les plus anciens 1 ut testent ( 1 )9 soutenus par. une tradition orale doi>t ou'ne peut trouver la source que dans celle taème du Christianisme. Ces fêtes sont ainsi rattachées aux évènemens qu elles rappellent et qui supposent, tous, la vérité de ceux de la vie mortelle de Jésus- Christ, dont ils ont été ta suite.

Les monumens élevés sur les lieux consacrés par les pas de Jésus-Christ , dans la Terre Sainte, sont encore des laits confirmatifs de l'histoire évangéltque.

Au^commencemenl des trouhles de la Judée , sous Vespasien , les chrétiens de Jérusalem se retirèrent à Pella ; miiis dès que Jérusalem eut été détruite y ils revinrent en habiter les ruines , et honorèrentjjusqu'au temps d'Adrien, les Saints Lieux dont les Evêques conservèrent soigneusement les traditions. Adrien rétablit là ville sous le nom d'y£-

la mort <'t de la résurrection de Jésus-Christ ; lo «igné de la croix ufeité dès les premiers temps, comme rattestent TeriulWcn (^ De corond, t, 4.^, Origène ^ Select, in Esech, c,9.J, saint Cyrille de Jérusalem , (" Cateck. ^.J , etc. , retrace la même idi-e : .car les Apôtres n^auraient certainement pas empreint le signe de la croix sur tout Textérieurdu Christianisme , s'ils navaient été persuadés que la certitude de la résurrection de Jé«ns-dirist effaçait pour iamais ropprol)re de sa mort.

( 1 ) Voyez le Dictionnaire de Théologie par Bergi«r, articles Fétu , P dilues , l'enteiôte , Ascetuion.

lia-Capiiotina , éleva une slalue à Vé»\is sùf le? Inont Calvaire >- une autre à Jupiter sur le saint sépulcre; et la grotte de Betkléenl fut livrée an cul-» le (l'Adonis. *

Constantin ayant emtrasséla religion chrétienne^ chargea Macaire ^ ëVêque» de Jérusalem , de déco-' rer d'une supcrhe basilique lé tombeau du San-' veur. Hélène, mère de- Constantin , se transporta en Palestine, et fit elle-même chercher le saint se-pnlcre , qui avait été caché ï*ou9 jes fondations de* édifices d'Adrien. Outre Péghse qui fut bâtie près^ du tombeau, celle prinçe^î^e en fit élever deux autres, l'une ^ur la crèche de Jésus , l'autre sur \e mont des Oliviers, consacré par son ascension ; et peu'à-peu des chapelles , des oratoires , des autel» marquèrent tous les autres lieux consacrés'par de pieux souvenirs^ ainsi fut écrite , en caractères durables^ la tradition orale qui y depuis l'origine du Christianisme , n'avait cessé de tj'ansmetlre des fait* €1 intérc^sans pour les disciples de cette religion , et de confirmer l'histoire écrite par les Evangélis-' • tes. ( 1 )

( 1 ) Pendaïit les 240 ans environ , (\xx\ s'écoulèrent ^puis Tincendie* du temple jusqu'à la conversion de Constantin , Ft-glise. de Jérusalem fut gouvernée pas des Patriarches , parvenus la plupart à une vieillesse très-avanrtfe. Saint Narcisse , mort l'an 216 , de notre ère , avait vécu avec saint Siméon qui fut crucifié à Fâge de 1 20 ans , et qui était. contemporain de Jésus-Christ ; et ce même saint Narcisse avait choisi lui-même , pour son cucccsseur , saint Alexandre de Flaviade , qui motirut extrêmement vieux. De saint Alexandre à- saint Narcisse , élu en 31 4 , il ne s'est pas éconlti un si grand nombre d'années qne les contemporains du pre'

(■27.11 . Dès cette.épOqué , les Saints l^eux enrenl liri ëclat que les siècles n'ont point obscurci, Eusèbe , saint Cyrille , saint Jérôme , ( relire à Bethléem Vet^s l'an 38i5 ) , nous leildécrivent à-peu-près tels qpils sont aujourd'hui; et dalns sa leltrti XXIK , le même saint Jérôme assure que des pèlerins de rinde, de l'Ethiopie, de la Br^etagné et de l'Hibernie , allaient à Jérusalem honorer les sancliiairés^ alors si nombreux qu'on nfe pouvait les visiter en un seul jour j « Jl serait trop long, ajoute- » t-il ^ de parcourir tous les âges, depuis l'ascen- » sion du Seigneur, jusqu'au temps où nous vi- « vous, pour raconter combien d'évêques, demar- » tyrs et de docteurs, sont venus à Jérusalem: car ï) ils auraient cru avoir moins de piété et deseien- » ce , s'ils n'eussent adoré Jésus- Christ dans les » lieux mêmes où l'Evangile commença à bi'iller j) du haut de la ci'oix. v

Depuis la description dé ces lieux faite pai^ saint Jérôme , notamment dans sa lettre à Eustochie fille de sainte Paule, ( écrite l'an 404 ), jusqu'à nos jours, une suite non interrompue de voyages nombreux nous donne , pendant quatorze siècles , des relations unîlbrmes: quelle tradition fut jamais actompagnée d'une masse de témoignages aussi im-* posante? ( 1 )

micr niaient pu être aussi les contemporains du second; Ainsi , le fil de la tradition orale avait dû aisément se conserver sans la moindre inter" faption.

( 1 ) Voyez Touvrage intitule : De locis hebraïcis , cité avec beaucoup

5^ Les Juifs et les Païeii§ des premiers siècles , ataient certainement le plus grand iiilettit , à ré-

dY'logo» par Erasme , Scaliger et aalv^ critiques. Voyez aussi Vlttndraî" * refk Paris à Ji.'ruMiltiu par M. àv tiliàteau})ri;ind » <l»ranru'o 1*806 ; et le félfrinagc à Ji'rusaftm par le P. cl<* (jcrarub , de l'aiiiit'e 183^.

Il existe encore un nioimiiient "remarquable du treinblemnit de terre qui se fit a lii mort du Sauveur r cVât ia fente du rocher du Calvaire. De» voyageurs anglais et des historiens très-instruits , M.itlar , Fiéming*, Maundreli , Sliaw (t d'autres attestent que ce rodier n'csi |>oint fendu uatureilement. selon les veines de la pirrn^ , mais d'une manière ^»vid einimut »urn;»tureIle.On trouve, à ce sujet,- dans un ouvrage du célèbre Addisson , une anecdote curieuse ,C Deia liel. chréi. t. JI. p* 120. J:

n Un gentilhomme AngUiis très-estimable , qui a^ait voyagé dan»

» !a Palestine , m'a a.ssuré que son compagnon de voyage , Dt'iste

ii plein d'<*sprtt , s'amusait , chemin faisant , de toutes les hi.stoi-

» res quele» Prêtres catholiques voulaient lui conter sur les lieux sacrés

M et les reliques. Ce fui dans ia vue de s'en moquer , qu ii alla visiter le»

» f{ ntes du rocher que l'on montre sur le mont Calvaire , coiyme l'effet

.)} dii tremblement de terre arrivé à la mort de J. C. , et que l'on voit an-

i> jourd'hui renfermé dans le vaste dôme construit par l'Empereur Cons^

» tantin. Mais , lorsqu'il vint à examiner ces ouvertures avcîc l'exactitu^

)) de et l'attention d'un naturaliste, il dit h son ami : Je comment e à pu'-

» sent a être Chrétien. J'ai fait , continua-t-il , |ine lonirue étuile de la

» pliy sique et des matht matiqlies , et je suis convaincu que le» ruptures

» »!u rocher n'ont jamui* été produites par un tremblenuiit de terre cir-

w dinaire et naturel. Vu ébranlemenl pareil eut, à la V( rite , séparé par

i> ses sccousscîi les divens lits dont la masse est composée : mais c'eut t'té

« eu suivant les veines qui les^distin<;uent y et en rompant leur liaison

» par les endroits les plus faibles. J'ai observé qnecel«43si; ainsi en d'.iu-

» très, rochers que les trembleimuis de terre ont soulevés, et la raison ne

» nous apjirend nen qui ne s'y conforme. Ici , c*est ïoute autn? chose , le

M roc est partagé transversalement ; la ru{:)ture croise les v eines d'une

» manière étranfj[e et sunialuvelle. Je vois donc clairement et démoustra-

n tivement que f 'est le pur effet d'un miracle , que ni l'art ni la nature

M ne pouvaient produire^ c'est pourquoi, ajouta-t-il^ je rends grâce k Dieu

» de m'avoir conduit ici po,urcoutemplerccmonument de son merveilleux

» I ou>oir ,/n.oiiUUK.'iît qui met dans un si grand jour là Divinité d» J.C»

1fO({ner en donte les faits du Nouveau Testament* Si donc , loin de les révoquer eh doute, ils les ont avoués, leur témoignaj^e donne la plus grande for* ce au témoignage dés hiftoriens évangéliques.

Or , nous, voyons d'abord Taltente de la venue du Messie, précisément à lepoque où Jésus Christ parut sur la terre , attestée par Tacite ( HisL I. V^* c. 1 3. ) ) par Suélone (In Vespas, ) , et par Josèplie (Guerre des Juifs ^ 1. VI* c. 3t Jj la prédication , les verlus, et la mort injuste de saint Jean* Baj)risle , attestées par le même Josèphe ( Antiq. 1. XXVIir c. 7. J; le supplice de Jésus-Christ sous Ponce-Pilate , attesté par Tacite ( Ann. 1. XV. Ci

Cent ans à peine étaient écoulés depuis la mort de Jésus-Christ , que Celse, philosophe païen , publia contre le Cliristianisme Un traité en forme , dans lecjuel il commence par soupçonner que les chrétiens ont la science des enchantemens^ et qu'ils opèrent des merveilles par le moyen des es|»rits ( 1 ). Dans la suite de l'ouvrage, ts^otôt il dit que Jésus ou s'est rendu coupable, en faisant des choses extraordinaires par Tart magique, ou a eutort d'inculper ceux qui^^par le même art, ont fait des prestiges; tantôt, voulant exjdîquer comment Jésus-Christ avait acquis cet te science, il Fattriboo à l'éducation que le Fils de Marie avait reçue en Egypte^ pays de secrets merveilleux; tantôt, n'o«

( 1 ) Origène , evntj^à Celt. 1. h

fiant pas pîçr les résurreclîons rapportées par le# Evangélîstes , ni le prodige de la multiplication des pains y ni les guérisons miraculeuses : « Eh bien , » dit-il y supposons q^ae Jétus a fait tout cela , il n'y j) a rien là que n'opèrent tous les jours noscharla- » lans: faut-il donc les reconnaître pour lesiilsde » Dieu?» Pourquoi Çelse avait*il recours à cette accuH^tion de magie ^ et à la comparaison des miracles de Jésus avec le/j tours des charlatans , si ces mêmes miracles étaient destitués de preuves? Il était, certes, bien plus naturel , bien plus simple de les nier absolument , dé démontrer que l'histoire évangélique était faussé, et de terminer ainsi la dispute. Celse ne Ta pas fait, lui qui déclare, dès le commencement de son ouvrage , qu'il n'attaque leschrétians qu'en connaissance de cause, qu'il sait toutes leurs preuves: Noi^i enim omnia (1 ); donc il était dans l'impossibilité de le faire* Ce philosophe avait dû voir, dans sa jeunesse, des pei^sonnes qui avaient connu ou Jésus-Christ lui-même , ou des hommes de son temps; il avait, eu soin, d'après sa déclaration , de s'informer de tout cç qui avait rapport à l'histoire llu Sauveur: si donc quelque contemporain avait nié les faits de cette histoire , il l'aurait su indubitablement ; et animé , comme il l'était , d'une haine violente contre le Christianisme , ingénieux a trouver des argumens pour le combattre, comment aurait-il manqué d'opposer fortement

( 1 ) 0rig^ne , contra Ceh. 1. 1. p. 11. .

(277) cette dénégation , et de soutenir que Jésus-Christ n'avait eu aucun pouvoir, au lieu de;lui imputer un pouvoir magique?

Du reste, cette inculpation de magie n'était pas nouvelle, puisque saint Justin , mort vers le milieu du second siècle , défend les miracles de Jésus- Christ contre cette 6bjt*clion ( t ); et après Celse, les ennemis de la Religion continuèrent d'y recourir, puisque Arnobe la réfute avec force ( 2 ) , et que nous voyons Porphyre ,, dans le troisième siècle , attribuer aussi au\ piesligés du démon les miracles de Jésus-Christ et ceux de ses disciples (3).

Hiéroclès ne niait pas non plus les œuvres miraculeuses àtL Sauveur; mais il croyait qu'elles pouvaient avoir été opérées par un homme ami des dieux ( 4 ); et Julien , ennemi si ardent et si éclairé du Christianisme , les avoue nettement, et cherche à en rabaisser Timpoi tance ; il avoue aussi qu'après la mort de leur maître, les apôtres ont fait des enchanlemens, et il reconnaît saint Paul ( 5 ) pour le plus grand faiseur de prestiges ( 6 j.

( 1 ) Apol. l. L c. 30. — ( 2 ) Adv. Gent. 1. 1 c. 43. — ( 3 ) S. Hieron. contra yi^^l- — ( 4 ) Euseb. , contra HierocL — ( 5 ) S. Cyrili. Alex. , Adv. JuUan. 1. VI , X , HI. — OEuvres de Julien , 1. VI. p. 191 ^ édit. Colon. 1688.

( 6 ) On peut ajouter , relativement à VëcHpse et au tremblement de terre arrivés à la mort de J. G. , le témoignage de Phiégon de Tralles , qui florissait , en Asie , au milieu du second siècle, et qui était un savant attache à la cour d'Adrien : «r La quatrième année delà CCII'*> Olympia- » de , C c'est-à-dire la 33^ année de l'ère unitaire J , il y eut une céli|ise » de soleil , la pins grande (pi'on eut encore vue. Il se forma à la 6i.\ième » hcLrc du jour une imit si obscure , que les étoiles parurent d^uis le

Pour ëliuler lanlorilé de TaYeu des païens, on a <iit fjue laveu des Pères de rEj^lisf^ qui ont atlrU l)iié à la magie les prétendus prodiges soit dT-scu- Jape, soil de Pjtliagore, soitd'Ajwlloniusde Ihyajie, nen prouvant pas la réalité, laveu des païens jie prouve pas non pins la réalité dés miracles du Nouveau Testament. Mais on n a réussi qu'à donner une nouvelle force aux aveux des païens en iaveur du Christianisme.

Laven des Pères ne prouve nullement la réalité des piodiges païens, 1^ parce qu'il y en a parmi eux qui soutiennent que ces lYrodiges n'étaient que des illusions, et qui font voir Timmense suf^'io* rite des miracles évangéliques^ ( Athénagore ^ it. 27 , note F ; ^ la suite de saint Justin , p. 305 ; — /frnobe ^ adv. Cent L L c. 48.^: .— 2^ parce que < {t^s prétendus prodiges manquent de la |)reuve j>iincip«le et indispensable, delà déposition constante de témoins oculaires, ou instruits à la sour-

»CicI. Il se fik de plus an grand tremblement de terre, qui renversa plu- » sieurs maisons de la ville de Nicée en Bytliinie , f Histoire des Oîym- )> piiicles , l. Xlfl , XI y ; Chrome. Euseb, L I. J. » 0r il n'a pas pu y avoir d'éclipsé naturelle du soleil Tannée de la mort de J. G. , surtout clans ie temps de Pâques , on à la pleine lune de mars ; mais , selon les tables astronomiques , le 24- novembre de Tan 29 , à neuf heures du matin , lu méridien de Paris , il y en eut une qui ne peut avoir rien de comuiun av(x; celle dont parle Plilégon , avec lequel il est remarquable que Tîiaïlus , dans ses Histoires Syriaques , est d'accord sur ce point. Ce fait était aussi conservé dans les archives de TEmpire , puisque Tertuiien dit au Sénat ., djins son Àpolof^étiffue , c, XXI : Eum mu mit n suDi relatiim in archit'is vestris habetis. ( Voyez le Dictionnaire de ikèylo^e par Bergicr , art. Eclipse j et la Biblt vengée j t. V. p. 384 «t fuiy.^

<îe des évènemens, n'étant rapportés qao par des Ijisloriens de beniK oup postérieurs à l'époque où on les place , et parce que , d'ailleurs , îls n'ont produit aucun effet : défaut auquel f îen ne peut suppléer ; — 3\ parce que les Pères, pour détromper efficacement les païens, devaien* employer , non des argumens anxqifels le peuple né comprend rien , et auxquels il ne cède jamais , mais dés faits: or, c'est la maix'he qu'ils ont suivie, en néjj;lîgeant de discuter ces préletidus prodiges , en les attribuant au démon , et en opposant aux païens un fait public el incontestiible , la puissance du Christianisme sur le démon , puissance dont les païens eux-mêmes avaient été souvent témoins oculaires, et qui en avait converti un grand nombre. Cest ainsi qu'Octave, dans Minuti us Félix ^Tertulien , Origène^ St. Cyprién,Lactanceetc.,aHèguent hautement ce pouvoir, dont ils attestent les effets comme également publics et fréquents. En s'adressant à des gens entêtéî? de tliéurgie, de magie , le mieux était de les prendre par leur faible , et d'en appeler à leurs veux sur la soumission de leurs divinités aux chrétiens. ( 1 )

L'aveu des païens est, au contraire', une excellente preuve de la réalité des prodiges évangéli-

( 1 ) Voyaz le Dictionnaire de théologie , par Bcrgier', art. Dèmonitt- <ju€ ; et l'ouvrage intitulé : De la perfectibilité humaine, par A-. M. 1835, chapitre XH , daus leqnt;! Fauteur prouve la certitude historique de cm fait. Nou« croyons devoir fuire ol)serTcr avec lui , en réponse à un ccftaia article du Dicliomiaire des sciences médicales , t. XXIX. p. 551 ,

qu'\s, par 5a liaison .avec les effets éclatans et du» i:*ables de ces prodiges . avec les dépositions dos té» ^loius oculaires, et avec les avfux antérieurs dej» antagonistes contemporains. Cel^e et les autres phir lôsophes païens n'ignoraient pas Jes argumens dc§ eïinemis de 1^ foi , leurs prédécesseurs. Si ceux-ci avaient nié lès faits évang#liques, certainement leurs successeurs auraient employé comme l'arme la plus puissante cette dénégatioii ; puisqu'ils ne Tonl pas employée, leurs liveuxsupposentévidem^ inent les aveux deSk prédécesseurs , ce qui forme une chaîne continue de témoignages remontant; jusqu'à Jésus- Christ : témoignages qui, unis aux antres preuves historiques de la vérité die.s Evangiles^ acquièrent toute la force d'une démonstration.

Aux aveux des ptïens se joignent ceux des Juifs, Dans le Talmud de Jérusalem , écrit sous le règne d'Adrien , environ Tan \ 50 de notre ère , par le ^abbin Juda-Haccadosch, et commenté par d'au-? très rabbins , il est dit que le mot Jehovah , prononcé d'une certaine manière , suffit pour opérer les plus grandes merveilles , et que Jésus avait apr pris le secret de cette prononciation qui lui faisait fs^ire ses prodigps. Le Talmud àe Babylone , com-^ posé vers la Qn du cinquième siècle ^ contient lë|

que le^ plu& célèbres physicfeiis et mëdecips modernes», tel«rc(ue IVewton, Descàrtes , Pascal , Boerhave , Haller , Daniel Sefinert , Férnel , Purt^ , Haen , Hofiuan y Huoter-. etc., crojaicat aux ppsiiessioDà et aux miracles, ^t que ces croyant o^habitaieut oi fes umdis delà sottise m hs hutic^ de^ Jjf^pons,

(. 261 ) même assertion , qvii, étant évidemmeRt la plus pu toyaWe défaite , équivaut à un aveu formel des miracles de Jési^s-Christ. ( 1 )

Du silence des contemporains Philon et Josèphe, ( en supposant que 1^ passage qu'on lit dans ce dernier ne soit pas aqthen tique ( 2 ) ), et de l'inaction des. chefs de la njation juive,, on peut aiussi induire la vérité des faifs de TEvangile.. Ni les uns ni les autres n'ont pu ignorer ce que les chrétiens publiaient touchant Jésus-Christ ; ils n'ont pu ignorer qufi les Juifs étaient accusés d'avoir mis à mort ï Envoyé de Dieu , le Fils de Dieu, S'ils n'ont pu l'ignorer j pourquoi , pendant les trente-sept ans écoulés depuis l'époque de la mort de Jésus-Christ jusqu'à la ruine de Jérusalem, les chefs de la nation juive, s'entendant accuser d'un horrible déïcide, sont-ils demeurés muels, et n'ontils opposé aucune démarche éclatante aux miracles qu'an publiait hautement pour les convaincre 4e ce crime abominable ? Ils avaient l'intérêt le plus grand à se disculper j le nioyer^ le plus simple

( f } Les anciens docteurs de FFiglUe qui ont di$put(f contre les Juifs , saint Justin , Tertulicn , Origène , etc. , ont tous Supposé quUls admettaient la réalit<^ des faits de J. C. , mais qu'ils les attribuaient à la magie. Le juif Tryphon ne niait point les miracles allégués par saint Juêr tin : il soutenait que Jésus n'était pas le Messie , pai^ce qu'Elie n'était point encore venu ♦ CDicd. cum Tryph, , n^. 39 , 49 , 69. J. { Voyez VHistoirmde VétalUssement du Christianisme , tiî'ée des seuls auteurs juifs et païens , par Bullet , p. 124. et suiv. )

( 2 ) Voyez , sur Tauthenticité de ce passage , dans lequel Joscphe re« ponnaît la prédication de Jésus , ses miracles , sa mort et sa réc>urrectiou^ )e Traité de la Religion par Bergier , t. VL p. 27 et suiv.^

( 282 .) a la fois et le plus certain était de s'inscrire m faux contre la réalité des faits sîir fe*w}uels on établissait la (livinemissibndeleur victime; la puissance était entre leurs mains; Hs éfaient les mîiitres d'ordonner des enquêtes juridiques , de faire venir tous les témoins des lieux où on annonçait que s étaient opérés les miracles , de recevoir et de publier les dépositions; leur crédit , la confiance qu'on avait eu eux, la crainte qu'ils inspiraient, auraient encoie donné à leui's informations une "rande autorite : un seul de ces miracles démoiitré faux aurait fait tomber la secle naissante et son inculpation. Et néanmoins , il lî'j a pas le pb.is léger vestige dans aucune liistoire, ni sacrée ni profane ^ pas le plus léger vestige ni dans les livres ni dans les traditions de leurs descendans , que ces qhcfs qui «levaient à leur ministère , à leur honneur outragé, à leur religion ébranlée, de démentir les apô- ^^res, aient essayé de prouvei* que ces derniers en imposaient en publiant les miracles de leur maître.

Pourquoi , encore, Philon et Josèphe, qui paraissent, dans leurs ouvrages, si zélés pour la gloire de leurs frères, qui chercbent à les laver de reproches moins importans, n ont-ils rien dit, et ontils laissé Terreur s'accréditer ?

La notoriété des faits a pu et a dû les porter à se laire ; mais, dans l'iiypolbèse de la fausseté de ces mêmes faits , Tinaction des uns , et le silence des autres seraient inexplicables. On peut même dire que le silence de Josèpbe sert ici autant que

r 283 ) fon témoignage: car il devait néce<vsairemeut dire ce qu'il s.ivait de Jésus et de ses disciplesr, conformément aux Jois de l'histoire , et à Isi méthode qu'il .s'était prescrite* de parler exactement de tous les <hets de sccle ou de parti qui s'élevèrent parmi les Joifs clepuis l'empire d'Auguste ju^îqu'à laruine.de Jérusalem. S'il, crovait faux ce que l'on publiait de Jésus,. tout le portait à parler: l'intérêt de la vérité , le zèle fiour sa rr4igion et pour la ?ecte des Pharisiens à liiqueUe il appartenait, l'amour de sa nation , le désir de plaire aux Empereurs qui j)ersécutaient le Christianisme naissant. S'il ne le croyait pas faux , il, était naturel qwe la crainte de déplaire à sa nation , aux Romains , aux Empereurs sous les jeux desquels il écrivait, daos leur capitale, et dont il avait reçu les caresses les plus flatteuses, lui fermât la bouche; et alors son silence est tme évidente preuve de la vérité des faits évanjjéliques. ( 1 )

( 1 ) La conduite dos apostats peut être encore citi'c en confîriiLition des fuits du Nouveau Testament. « Dès le temps des apNtres et dans les âges suivans , dit BerTier , il y eut des apostats «lu Cliristianisnic. Saint Jean les nomme des Antéchrist : (( il y en a plusieurs ; ils sont » sortis d'entre nous , mais ils n'étaient pas des nôtres ; s'ils en avaient » été , ils seraient de^ieurés avec nous , ( I, Joan. c. 2. v.-A ) ». Pline en vivait interrogé plusieurs , ^ Lettre à Trajart ) \ le nomliro en aucfiwînta lorsque les persécutions devinrent plus violentes, (St. Cypr. (là LapsisJ. Y en a-t-il quelqu'un qui ait dévoile aux Juifs ou aux païens le secret de l'Eglise , la fausseté de l'histoire de J. C. * et qui en ait fourni des preuves ? Il aurait été comblé dY*lo<re8 et de bienfaits ; le judaïsme et le paganisme auraient triomphé '<, les chn'tiens auraient été confondus. Au contraire , la plupart n'avaient succombé que par^'rainte et par faiblesst* ; après l'orage passé , iU revinrent à jXHiitenre \ il fallut étdilir des règles |»nr leur récoiiciliati<»n f Traité dt la RfUgùm j t. f^I. p.Sl.J ».

(284) Et Tnaintenartt , quel est le lectem' cl« bonne foi -qui ne reconnaisse que les faits évangéliqués sont iiêmontrés ,et qu*il n'y a aucune histoire ancienne à laquelle appartiennent de si nombreux et de si piiissans moti& de certitude? Celles auX(|uelIes tout l'univers , et les incrédules de même que les autres , ajoutent une foi entière , ont de leur vérijé quelques uncisdes preuves que nous venons d'ex- |K>ser; aucune né les présente ni si fortes, niréufii'es. L'histoire du Nouveau Testament est donc la nlus ceîrtaine, la plus évidemment incontestable(l ).

Pour satisfaire cornplètement au titre de ce chapitre sixième , il i*ous reste à établir la vérité de quelques autres faits qui servent de base à certaines preuves du Christianisme*, et qui ne sontcom- ])ris ni dans ceux de TAncien ni dans ceux du Nouveau Testament; il nous reste aussi à prouver que des uns et des autres résulte déraonslrativemcnt la véi fié de la mission de Jésus-Christ. Nous accompliirons cette double tache dans les trois chapitres

( 1 )« DironsHioiM que l'histoire de rEvangiîe soit inventée à plaisir ? Ce n est pas ainsi qu'on invente j et les faits de Socrate dont personne ne doute sont moins attestés que ceux de J. C Au, fond , c'est reculer la difficulté sans la détruire ; il serait plus inconcevable que plusieurs homlues d'accord eussent faJ)riqué ce livre , qu'il ne l'est qu'un seul en ait fourni le sujet. Jamais des auteurs Juifs n'auraient trouvé ni ce ton , ni cette morale ; et l'Evangile a des caractères de vérité si grands , si fruppans , si parfaitement inimitables , que Finventeur eu serait plua étonnant que le héros , (Emile de Kou«6eau, tom« ///. l. ^J »

(285) suÎTans. Ils seront consacrés à continuer le snjei du sixième chapitre : Timportance delà diseassion exige que les faits des deux Testamens dont nous venons d'établir. la certitude , soient appréciés en détail; la clarté, que. la preuve des autres faits qui n'y sont pas compris , soit rapprochée des conséquences qui doivent en être dédiiites; et Tordre., que toute cette matièi'e soit divisée conformément à l'ordre des faits , dont les uns ont précédé , les autres ont accompagné , et les autres ont suivi la mission du Fondateur de la Religion chrétienne.

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