‹ Aux incrédules et aux croyansChapitre 13 sur 19 · A LA MISSION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

A LA MISSION DE JÉSUS-CHRIST

Ces faits sont : 1^ les pro]ihéties deVArjcierï' Testament qui ont annoncé la venue d^ui.- Messie^ d'un Libérateur, et qui Font peinf a>ec divers caractères que Jésus-Christ a réunis en sa pt- rsoDuej 2^ celles qui ont annoncé l'état des Juils après la venue de ce Libérateur* .

§. I. PROPHÉTIE^ QUI ONT AKIiOft'GE LA VENUE DtJ. lUESSIE,

Les prophéties qui oni annoncé le Rédempteur du genre humain forment , dans leur ensemble ,. un tableau pcjirlait qui nous montre Jésus-Christ de manière à ne pouvoir le méconnaître. Les Prophètes les plus anciens en tracent la première esquisse; à masure qu'ils se succèdent., ils achèvent les tiaits laissés imparfaits par leurs devanciers j plus ils approchent de rcvèncùiént, plus leurs couleurs s'animent; et quand le tableau est terminé y les artîs\es disparaissent.

11 suffît à nolie but de présenter ici un choix de ces nombreuses prédictions. Ainsi , nous ne parlt-rotis pas de la pi oraesse que Dieu fit , en style figuré , à nos premiers parens après leur chute ^

d'un ÎJbéralenr qui les affrancbîrail de la servitude ihi^démou I, f Gen. c. IIL 15. J^piomesse assez ciairement expliquée parles plus anciennes traditions du genre ^lumiin comme la reconnu Boulanger lui -mi me, Y ^72/1^. dévoil, ) ( 1 ). iNbusne parlerons pas non plus d^la promesse plus claire faite à Abraham /'.Ge/^. c, XIL 13- "- XXIL l8. ^\, et renouvelée à Isaac et à Jacob dcsceudans d'Abraham f Gc/z. XZ>r/. 3. 4. -^XXFIIL 13. \L ). Nous commencerons par la prophétie de Jacob luimême, qui, éclairé au lit de la mort d'une lumière nouvelle , distingue entre les douze tribus auxquelles il annonce leurs destinées celle de Juda , comme devant donner le jour au Désiré des nalions, *^ . . ^

« Le sceptre, dit-il, ( c*est-à-dîre^rautorité du » commandement ), ne sortira point de Juda , et » l'on verra des magistrats de sa race , jusqu'à ce » c[ue vienne Celui qui doit être envoyé ^ et qui » sera L'atteAte des nations (G. c. XLIX, 1().).)>(2)

( 1 ) Il est remarquable que cet Envoyé dVn haut est désigné ilaiis~piapîeurfe nivlliologics sous Timugo d'un Dieu inrarné qui écrase la ttted'tin serpent^iuiAih/eau^enre hnmai/i. ( ^o^ea la note de la juige 82 pn'fé-dente j r ouvrage de FalKT : f^i'rœ monaïcœ , eect. I. c. ni ; VJEs^ai aur l'ùuiif/érence , t. ïll. c XXV II p. 408. etc. >

( 2 ) « Les Juifs modernes , embarrassés de cette prophétie , n'ont rien négligé pour en éluder la force , et même pouc lui donner un olijct tout différent de celui <(ue nous lui attribuons. I^ais une observation décisive tranche toute difficulté. Il est certain que tous les Juifs anciens , soit avant Jésus-Christ , soit même pendant les premiers sièdes du Chri.stianisrae , appliquaient aus4f}>ien que nous au -Messie cette -prédiction. I^ Version des Septante , antérieure à Jésu^Clirist de près d« troi^ ceuU

Il est évident 1^ que Jacob prédit loî k Ju-cW*J de mêbae qu a ses autres eniaûs, des ckoses futiyes et relatives à sa postérité. ^ /<

2"*. Que cette prédiction atnnoiice fjvie se» descendans forinerdftt une nation , ixne société politique; que cette nation sera i*é||ie par des^ chefs pri» au-dedans d*elle-6iêtnej qu'elle consei^vera son au-* torité politique et ses chefs jiis^ju'à ce que vienncT un personnage gui doit être envoyé'^ ei>6n*qu€f ce perspnnagé isera \ attente dèÈ nations ^ ( ou que les nations se réuniront à lui , ou que les nations lui obéiront : (leS'différeAtes versions présentent, dans les expressions , une variété qui ne laisse pas de conserver luniformité danls le sens. )

3^ Qu'il était 'impossible à Jâcob de prévoir par ses seules luii^ièresr naturelles toutes' ces deslinéés*

aAs y tei paraphrases ot éom^entai^ès p6bli^ par ttn Juifs depmi la ve^ une de Jésus-Gbrist , (^ Foy^z ^ da/u la'Polyglotte d'Angleterre > les ptt^ raphrûses d'Onkelos ^ dé Jonaihdli et de jférusàlem ) ^ tous les t crits dcr leiirs anciens docteurs, ( Thalmiid j Gemar. Tract, sahh. cap/ IL J , adoptent unaDimement TexpUcation que nous donnons encore aujourd'hui de cette célèbre prophétie. Que penser donc des interprétation» imaginces par un petit nombre de docteors modernes ^ après une si Iongue suite de siècles? Ne sommes-nous pas fondes à tes attribue^ itfiiqilement au besoin de défendre une cause désespérée? De quel droit les Juifs^ de nos jours peuvént-ils se vanter d'avoir mietix pénctré le sens des prophéties , que ces doctes interprètes , d'ailleurs si voisins du Vemps où 1» langue hébraïque avait cessé d'être, vulgaire ^ et qui devaient posséder' enc(n<e dans toute son intégrité te dépôt des anciennes traditions y C Dé-' Jense du Christianisme , t. IL p. 302.^ » ?

Voyez la Bible de f^ence revue par M. Drach , t. II. p. 383 ; et les dissertations de M. de la Luzerne "sur les ]p(%>héties j t. I. p. 108 et suir*.

Allures (le sa fld^iterîlé-: la cessation cle Xwwioviié J>l*ôtclans^le^ autres tribus que dans celle (Li Juda ; la conservation de Tautorité dans celfo-ci jiis-^ qii*à l'arrivée de Celui, qui devait être envoyé ^ et lattiente des natiotis , ou la réunion des peuples sous le po^ivoir de oQt Enijoyé.

4^ Qu'il serait absurde d'attribuer au hafsard lef rapport avec la prédiction d'évè'nemens fi éloignés, si compliqués , si dépendans de calise's diverses , libres ei inCîonnUes.

Or , la partie de cette prédiction relative à là permanence de Taûtoi^ité dans la tribu de Juda s'est littéralement accomplie pendant un inteivalle de près de quinze siècles, et malgré les révolutions à travers lesquelles cette tribu a pnfssé: r'évolutions qui n'ont jamais détruit son exisDencse politique , qui ne lui ont pas ôté Ifef droit d'uvSer deses propres lois, d'être régie par ses chefs, dé jugçrles procès, d'infliger aux coupables des peines , même celle de la mort , en un mot d'administrer ses affaires.

Imrtiédiatement après l'établissement (\\x peuple hébreu dans la terre promise , les douze tribus formèrent douze cantons séparés, ayant chacun son gouverneïïient. Il est vrai que de temps en temps la nation eut des chefs communs sous le nom de Juges; mais outre ces juges communs les tribus avaient leurs chefs particuliers , conformément à l'ordre donné par Moïse , ( Deut. Xf^L 18.J; plusieurs endroits .de l'histoire Scunte en font une mention expresse, (Vo^-^YX/Z \ZAii Jud. ^.9.10.^.

Pendant le temps des rois ^ quelle que fut leiïT autorité suprême , les tribus formaient, aussi jles corps séparés et avaient leurs chefs; et (railleurs , depuis Uavid , tous les rois de Juda furent du sang de celle tribu.

Le royaume d'Israël finit d'exister lorsqu'il fut conquis par Salmauazar^ celui de Juduv, lorsqu'il le fut [)ar Nabucbodonosor ; et les deux peuples furent amenés en captivité. Mais la ruine d'Israël fut totale , sans reïour; et Josèphe atteste que les descendans des membres des dix tribus qui composaien t ce royaume, étaient encore, de*son temps, audelà de rEuphrate,oùlejsdix tribusavaientété transportées. Il en fut tout autrement de la tribu de Juda, et de sa ftaplivité : cette trrbu cessa d'avoir des chpfs de^son sang , portant Je titre de roi ; mais elle ne cessa pas d'en avoir sous un autre titre , ni de former un corps de nation , ni de se régir par ses lois: l'histoire de Suzannç en fait foi; celle d'Esther nous le prouve aussi , puisque A ssûérus , trompé par Aman, donna contre les Juifs un premier éJit où il les accusait de se gouverner par des lois nouvelles, d'agir contre les coutumes de toutes les nations , d^avoir des lois perverses; et que désabusé par Rsther, il publia , en leur faveur^ un aulre édil dans lequel il déclarait qu'ils usaient de lois justes , ( Esth. c. XVI. 15. ). D'ailleurs, en admettant que, pendant les soixante-dix ans de la captivité de Babjlonc , cette tribu n'ait conservé aucune autorité sur elle-même , on pourrait dire

( 2nj )

arec raison quart temps si court tlans lespftre rie quinze siècles ne saurait êire regardé comme une cessation (1 ), vu surtout que pendant ce même temps celte tribu avait toujours respérance du ■rétablissement dans son pays , espérance fondée sur les prophéties qui le lui promettaient.

On sait assç:^ qu^après le retour de la capl i vite • et jusque sous les Asraonéens qui étaient de la tribu de Lévi , celle de Juda consei*va , avec son état de nation y son autorité propre; quoiqu'elle né jouît pas toujours d'une indépendan<ie entière , elle ne cessa pas d'avoir ses lois , ses jugps , soli droit de glaive, par conséquent de posséder le sceptre.(2)

Environ soixante- trois ans avant Jésus- Christ , Pompée s étant emparé de Jérusalem, y établit roi Hircan , issu du sang asmonéen ; vingt-cinq ans . «près , Hérode , iduméen de naissance , fut fait par les Romains roi de la Judée; plusieuis de ses des* cendans lui succédèrent dans la souveraineté soit de tout le pays , soit d'une partie ; et sp|3rès , des chefs romains furent changés, du gouvernement

( 1 ) On n'a jamais dit que le Portugal ait cessé d'ôtre un royaume , quoique, pendant soixante ans, il ait été assujéti à la couronne d'Espagne.

( 2 ) '( Le liiot hébreu traduit par sceptre , ne désigne pas toujours la toyuulé. Dans le style des Futriarclios , ce nVst autre chose que le bâton d'un vieillard ou d'un rh<*f de famHlc : il exprime seulement une prééminence , une autorité analogue aux diveis étals de la nation. Ce 8<'ns est encore déterminé par le mot t^ui suit , dans la prophétie de Jacob ^ et qui signifie un Clief , un Magistrat ^ nu Dt'positaire de lois, ou d'archives , C Dict, IL Thèol art, Juda.^. »

( 2p2 ) jusqu'au temps de ]a «leslrucrtioii de^-Jéf-nsa-em par Vespasîen et Tite. Quelle qu'ait été oelîe de resdîvfM'ses é[)(K|nes où Yaittorilé du comjnan dément a < cessé d'élre riaiiji la tribu de Juda , il est toujours certain que cetïe tribu a cessé d'avoir sa forme de gouvernement régi par .ses lois et par des chefs pris dans son sein , seulement un ])eu de tii*mps avaiït, ou un p^M de lempsaprès<{ue Jésus-Christ a paru dans le moirde; et xîela suffit pour l'acromplissement de la partie de la pro|)liétie de Jacob relative à la permanence de rantorité dans cette tribu , et à 11 venue du Messie vers le temps bu cette permanence aurait cessé.

Quant à la partie relative à Vattentedes nations, ou a la vocation des peuples mi myaume du Messie après sa venue , elle exSt aussi accomplie -évidemment en Jésus-Christ ; el il serait superflu de prouver qu'il ne s'est élevé y ni à cette époque , ni auparavant , ni depuis^ aucun autre personna^^e auquel conviennent ces caractères.

Jésus-Christ est Uonc- le Libérateur manifesté divinement à Jacob , tant de siècles avant sa venue y donc sa mission est divine.

La prophétie de Daniel est plus précise , el l^ccomplisscment i;n est encore plus évident.

(( Dieu a fixé lé temps à soixante-dix semaines )) en faveur de votre peuple et de votre ville sain- » te , afin que les prévarications soient abolies ,

» que le péché trouve sa- fin, que l'iniquité soit ex- ».^>iéé, que la justice éternelle soit amenée , que

(293') w les visions et les pro[)liéties soient accomplies, et

I) que le Saint des Samts reçoive ronctipn. Soyez » donc aUenlif à ce que je vais dire et remarquez » Lien cette prédiction : Depuis Tordre qui sera » <]onné pour rebâtir Jérusilem jusqu'au règne du » Clu'ist , il y aura sept semaines, puis soixante- » deux semaines. Les [)laces et les murs (^ la ville » seront rebâtis parmi des temps fâcheux et diffi- )} ciles. Et après soixante-deux semaines le Christ » sera mis à mort , et celie immolation ne sera pas D pour lui-même. La dernfère semaine confirmera » lalliance du Christ avec plusieurs. » ( DanieL cb. 1X.J(1)

Remarquons d'abord que le Christ annohcé dans cette prédiction est incontestablement le Messie , puisqu^il n'y a que le Messie qui , dans les livres saints^ soitîippelé \e Chiist , ou \Oint purement . et simplement et par antonomase^ et que toutes les fois que la qualité d'oint y est appliquée à un autre personnage , il y a dains le discours quehjue chose qui l'indique. D'ailleurs^ quel autre que le Messie, Daniel aurait- il pu appeler le Saifd des Suints , en qui les prophéties seront accomplies , qui mettra fin à l'iniquité ^ qui amènera lajustite éternelle^ Aussi , le petit nombre de Juifs modernes, qui ont essayé de donner à cettc^prophétie un autre objet , sont-ils siu' ce point comme sur une foule d'autres, en conti*adiction manifeste avec. les

( 1 ) Le n'ste de la prophétie regarde Tétat des Juifs après la mari du Ckrisl ; il en «ora parlé dans le seeond paragraphe de ce éiiapitre.

(29i) plus anciennes et les pluvS constantes traJiiloiis de leiiF nation , f Thabnud ^ Geni. Tract, Sarihed, V. IL J,

Remarquons encore que lès Juifs conDaissaient deux espèces de semaines: des semaines de sept jours et des semaines de.sept années ( Lév^U XXl^^ 6. ). En supposant qu'ilvs agisse de semaines de jourSj Daniel aurait annoncé que Jérusalem serait rebâ» tie en quarante-neuf jours , malgré hs temps fd-^ cheuxet(liJficilesi\}x\\.^Yéà\i\cei\\i\ est visible^ ment absurde. Au contraire, en prenant ers sennai* nés» pour des semaines d'années, sa prédiction a un gens simple et raisonnable , et cadre avec Tévènement. Les temps fâcheux annoncés par Daniel sont effectivement arrivés; car les livres d'Esdras t*t This' torien Josèphe nous attestent que les nations voi* sines ne cessèrent de traverser les Juifs dans la reconstruction de leur ville. Il n'est donc pas étonli^nt que 1^ restauration de Jérusalem n'ait été complètement achevée quau bout de quaianté-neuf ^nSy à dater du temps de la permission de la rebâtir : ce qiii donne l'emploi des sept premières semaines. Si la première partie des soixante-dix se* maines doit s'entendre de semaines d'années , il est évident que les autres doivent s'entendre égale* ment , puisque le prophète divise la totalité des semaines en trpisparties, et que si ces trois parties jfi 'étaient pasdemême espèce,ce ne seraient pas trois fractions d'une même durée. D'ailleurs , lorscpie Daniel parle d^ns' se? prophéties de semaines de

C 295 1 jouî's , il le marque expressément,(lDaw. X. 2. 3.J.(1) . Il suit de là Cjue le Messie annonce par Daniel a (lu ajrrivei* et être .mis à mort après quatre cent quatre-vingt-dix ans, depuis Tordre donné pour le rétablissement de Jérusalem. Or, qu'on date le compte de* ces années dç l'émission de cet ordre , ou dti commencement de l'exécution-, qu'on le date de redit deCyrus , ou de celui de Darius ulsdUystaspe , ou de ceux d'Artuxercès-Longue-Main , les soixante-dix semaines cadrent aisément avec la.ve-. nue et la mort de Jésus-Çlirisl, puisqu'une différence de peu d'années n'empêche pas le rapport dé' ces deux évènemens avec l'époque indiquée par Daniel. ( 2 )

Donc le premier caractère tracé par la prédiction

( 1 ) Quelques Juifs modernes ont imaginé de dire que les soixanledix semaines de Daniel sont des semaine» de siècles , et que le Messie ne doit paraître sur la terre que quarante^neuf mille ans après ce prophète. Dans cette supposition qui est visiblement arbitraire , et qui n'a aucun fondement ni dans les coutumes des Juifs .ni dans celles des autres peuples , les Juifs n^aaraient rien comprit atf langage de Daniel, n^ayant aucune idée d'une telle espèce de semain^s ; et cep<*ndant Daniel parlait «ans doute pour être entendu , et il ne voulait pas tromper le peuple en lui faisant espérer, dans un temps plus rapproché ce qui, ne devait avoir lieu que dans un beaucoup plus long intervalle.

( 2) On peut dire , avec Bossùet , que Dieu a tranché toute difficulté «ur le calcul des 70 semaines par une décision qui ne souffre aucune ré' plique j par un événement manifesté qui nous met au-dessus de tous les, rqfjfinemens des chronologistes. En effet , la ruine totale des Juifs qui est prédite par Daniel immédiatement après la mort du Christ', et qui a suivi 'de si près la mort du Sauveur , fait entendre aux moins dairvoyaiis faccomplissement de la prophétie. C Foyez le .Disc, sut" Thistuniv. //'. part» c. IX. J

i^ODvient pnrfaitémeiit. à Jésiiiî-Chr.ist.

En geconcl lieu , le nom de CV^mt aboolumenl; pt sans addition , lui a été conslamrujpnt donné, elt il n'a été donné de cette sorte à ^ucùr^ autre personnage.

En Iroisième lieu, ce Saint des Saints diiiéniis à mort par une sentence juridique , au l)oi4 des soixante-dix semaines ; et iî a élé snpplicié, non pour lui-même , mais pour tous les Uoninies. Quje Ton clierclie un autre personnage qui ait csubi à' celle époque la peine capitale , et auquel s'applîtr quenl les cîrcoastances marqtiées par le prophète.

En (ïualrième lieu , la dernière semaine devait confirmer t alliance du Christ avec plusieurs. Par le j)acJe ou l'alliance lès Juifs entendaient une loi ilonnée par le Seigneur , à laquelle on s'engageait ^ ob(*ir: c'était ainsi qu'ils appelaient la loi que Ijieu lenr avait donnée par Moïse, Or , il est évident que Jésus-Christ a apporléau monde une loi nourelle , qui est appelée la nouvelle alliance'^ c[ue c'est dans la derpj^i'e des soixantç-dix semaines quil l'a donnée : car sa prédicatio|i a précédé im-r médiatement sa mort, et n'a duré qu'un peu plus Je trois ans; et qu'il n'y a que lui qui ait donné à cette époque une loi nouvellie.

En cinquième lieu ^ à cette même époque , /g pechc devait avoir s A fui , [iniquité, devait être expiée , et la justice éternelle amenée sur la terre. J,é- 5US Christ a epcore accompli cette partie de la p<*édicr fion, non pas dans ce sens qu'il ^it riendule^ homiT

fiïes {mj>eccables : il n'est pqinl venu renverser la j^atCue hiimaîne et.nous ôlçr la liberté , source de mérites , mais il a #?^pié par sa mort le péoljié origine} et le^ au{;re$ péchés ; il a douné des.nioypns ^eflitacçs de s en préserver et de les. réparer ; étaiij: luri-uîêine la justice fiternelle /\\ est venu aâ moiw xlô piiblicr une loi sublime cjui élève ceux qui la |)ruitiqrieu.t ^u plus haut degré de saiiUe»é et <le perfecûon. Acj-uelatUre personnage tout cela peut-? il être applif|ué?

Eli six,ième lieu , à la Qn des soixante-dix se:* paauies , l^s visi.pu:> et les prophéties devaient être iàccomplieî^^ ou scellées et terminées. Or , loutes les prophéiies se sont accomplies en Jésiij?-Christ, comme il le dit lui-même au moment de sa mort: on le verra clairement quand on aura lu tout ce septième chapitre; et depuis Jésus-Chrisl, les prOf phélies judaïques oqt cessé > ie§ Rabbins eux-mêmes en .conviennent. -

Peut-on , liia in tenant , n*être pas frappé dii concert entre. la proj)hétie de Dlikniel et la muUiplici^ té , la diversité des évènemens quelle annonce , éyènemens qui tous sont arrivés exactement aux époques marquées , préciséœent et de la manière et avec toutes les circonstances indiquées? Il . est si clair , d'une part, cpaé ce prophète ne pouvait, par ses propres luniières, prévoir cetle lon- •giie suite d'évènemeos , éloignés de toute vraisemblance , et dont les causes secondes lui étaient ^b;iolun;^enl inconnues; de laulre, ati'uue préUic-

( 298 ) tîon sî compliquée d'évèïîemeiis el iVépociurs fixes, n^a jiii êlre lilteralement aceomp'ie par liasaid , ijuedeloùs les ennemis de la Religion, juifs, païens, incrédules, aucun n'a imaginé de le contester. ( 1 )

Deux autres prédictions caraclérisenl rëporjue de la venue du Messie , ei conviennent à Jésus- Christ parfaitement Au letour de la captivité , les Juifs étaient découragés par les obstacles qu'ils éprouvaient pour la reconstruction du tem[)le de Jértisalem. Le prophète Aggée leur demande s'il nVst pas honteux pour eux d'habiter dans <res maisons liiribrisséès^ tandis qu'ils laissent la maison du Seigneur abandonnée ; il lc§ encourage n la reconstruction , en leur assurant cpie Dieu sera avec eux, que leur ouvrage lui sera agréable, et il ajoute :

« Voici ce que dit le Seigneur des armées : En- » core un peu de temps , et j'ébranlerai le ciel et )) la terre , la mer et tout l'univers. J'ébranlerai » tous les peuples ; et le Désiré de toutes les un- /) tions viendia, et jérernplii'aide gloire ce^^é ma i- » son- Oui, la gloire de cette dernière maison sera

( 1. ) C'est IVvidence de Paccoinplissement de cette pi'oplictie qni a fait |>roiioncer aux Juifs dHiorribles imprécations contre ceux qui désormais supputeraient les années de la venue du Mesi>ie : Injlata rumpàntur ossa eorum qui periodos teinporum computant , ( Ifialm. cod. Seuiehdrin. c. XI. J. Lé m«^we livre noiis apprend que la tradition couforine à la prédiction de Daniel annonçait la venue du Messie au temps où Jésus^ Christ parut : Tradhio domûs Eliœ : sex mille annis durât mundt^ ; bis mille annis inanitas , r sine IcgeJ y bis item mille cumis lex / bis mille awiis diet Chrisli , ( Huilm. tom. SantJtd. p. 96. J

(299) » plus grande qiie c)elle de la première , et dansr<?

» lieu je donnerai la paix , C ^Sê' ^^' "*' ^^^- )- *^

Miilachié, le dernier des prophètes , et postérieur à Aggée de près de quatre-vingts ans, a aussi une prédiction relative au même objet:

«Voilà (juc je vais vous envoyer moï4 ange , cpâ » pré|)ai*era ma voie devant ma fate; et aussi (al 1^ » Dominateur que \o in cherchez , et XAiige de )) l'alliance que vous désirez viendra dana son » temple : voilà qu il vient , dit le Seigneur des ar- » mées f Malach, III, 1 . etc. J. »

Lé personnage im[>orrant qu'annoncent Aggoe et Malachie est évidemraèiit Je Messie (1 ): à lui ëeul peuvent sappliquer ces grands caractères de' Désiré des nations^ de Désiré de la nation juive, de Dominateur par excellence , d^Jnge d! alliance ou de Testament ; lui seul a pu être représenté comme devant mettre pur sa venue le ciel ^ la ter* re, les peuples en mouvement ;de lui seul il a pu être dit quM entre dansle temple comme dans ^t^ demeure. Et voilà le titre de gloire qui doit relever Tinfériorité du second temple ( 2 } au-dessus de toute la magnificence du premier, c'est qu'il sera honoré par la présence du Messie.

( 1 ) Les Jaifs en conviennent , C Seconde lettre d'un Babbin converti p. 165. y^.

(2)1. Esdr. ni. 12. Le second temple était inférieur non sealement parce qu'il n était pas décoré avec la inéioe imignificence y mais aussi parce qu'il n'tivait ni l'arche d'alliance , ni la verge d'Aaron ^ ni les tablw de la loi ([ui relevaient Tcclat et la gloire de l'autre.

( 300 ) Le Messie a donc <îû venir iHiidtscjnere ferajile iélaii encore (lebont. ; et i^imme ce lemnle est détruit depuis plus de drx-iept cenls-ati^s, il y a plus .de dix-se[vt siècles que le ^îessiea dû {laraî Ire dans Je monde. •

Ainsi y. selon l^onicle de Jacob , 1 autorité du coininajidement: devait deineuixTdans la tribu de Juda jusqu'à son a-i^rivée.; selon les oracles d'Agî;éé et de Malachie , ce nouveau Législateur de vh il paraître avant la ruine du second temple de Jérusalem; et selon l'oracle de Daniel , il devait être mis à moit environ cinq siècles après Tordre donné pour la i^econstrilction du lemple: trois époques (fui aboutissent précisément ai époquede Jésus Christ, c'està-dire^ à Tespace de temps écoulé entre le règne d'IIérode, et i'exj>édiiion d<? Tilus conire la Judée.

Et voyez comme les autres caractères , .tra(*és par Aggée et par Malachie , trouvent en Jésus-Christ une application exacte,

11 a'eu lui précurseur qui a déclaré n'ayoir pas d'autre mission que celle ik^ préparer les 'voies de^ vant lui.

Qu'on entende la partie de la prédiction qnl parle du mouvement du ciel , de la terre et des peuples y à son arrivée, dans un sens figuréou dans lui sens h'itéral , l'histoire du Christianisme nousU montre également accom pi ie,

Le titre de Dominateur di^^^^rX ient à Jésns-Christ nniversellemejit adoré;' celui d'///ig<? dalliance\m a])partient aussi , puisqu'il a douné à la terre un

Testament nàiweau j Jé;>us-Chrîst Dominateur et j4 nge de l'alliance 2L\yàr.\\ tlans le ttnfijile de Jérusalem, qni était son propre temple , puisqu'il est le Dîeu, qu'on y adorait; enfin il est venii donner la paix ^ en prêchant 1 union des cœurs , la charité iVaternelle , et en réconciliant la terre avec le Ciel par son sacrifice.

IjCs deux pro|)lïétiesd'Agtjéc etdeMalachiespnt donc parfaitement accomplies en Jésus-Christ, et ne se trouvent réalisées (jue dans lui , puisqu^oii ne saurait citer un seul personnage qui ait paru pendant la durée du second temple , et qui ait réuni tous ces caractères.

Mais, d'autre part, on ne saurait prétendre que ces deux prophètes aienl puprévoirnalurellement, à la dislance de tant de siècles, des évèliemens qui étaient, de letwr temps, si éloignés de toute probabilité; il sera il également ridicule de soutenir qne le hasard a fait concourir. avec leurs prédiction» , non seulement l'événement principal , mars tqiAes les diverses circonstances prédites, et de la maniere dont elles étaient prédites.

Donc, Jésus-Christ est ici i'o,bjét de deux prophéties divines ; il Test jiussi de deux au(res j>ruphélies divines faites, Tuné par Jacob , lautre par Daniel ; donc sa mission est divine , donc le Christianisme est divin. , ■'

Nous pourrions sans doute nous borner aux trois prophéties dont nous venons de démontrer en Jésus-Christ le j>arfuit accomplissement. iSIai»

( 3«2 ) nous croyons iilile d'indiquer au moins quelquesunes des anciennes prédictions cfiii ont caraclérisé sa personne, et son ministère.

Isaïe annénce qu'il naitra delà famille de David: « Un rejeton sortira de la lige de Jessé^ (père de » David J\ il sera exposé comme un étendard ii la « vue de tous les peuples. Les nations lui offriront » leurs prières, et le lieu de son repos sera envi- » ronné de ^^o\ve ^ ( Isaïe XL 10. etc. ). »

Michée annonce qu'il naîtra à Bethléem : « Beth- » léem-Ephrata ^ tu es petite entre les villes Ac » Juda : néanmoins c'est de loi que sortira celui )) qui doit régner dans- Israël , celui dont la gêné-' » ration est dès le commencement , dès î éternité^ » ( Michée V. % ;. »

Isaïe anfionce encore son précltrseur ( i ); sa douceur , sa charité sans bornes ( 2 ) ; la multitude de ses miracles T 3 ); les ignominies et les souffrances qui doivent le conduire à la gloire ( 4^ ) J soi^alliance nouvelle avec tous les peuples^ la j)rodigieuse fécondité de son Eglise ( 5 ): en un mot, il fait une histoire anticipée de l'Evangile. Voycai en particulier la prédiction des ignominiesetdela mort dé ce Juste qui doit venir :

« Qui a cru à notre pi^role ? Et à qui la puissan*

» ce du Seigneur a-t*elle élé révélée? Il s'élèvera

•» devant le Seigneur comme un arbrisseau , et

( 1 ) Isaïe , XL 3. ~ ( 2 ) XLH. 1. etr, - ( 3 ) XXXV. 5. etc. - ( 4 ) LUI. 5. etc. - ( 5 ) LU. 15, LV. 4. etc. LIV. 1. etc. LXVI. 18. etc.

» comme un rejelon qui sort cVune Cerre sèche. lî » est sans éclat et^aus beauté: nous l'avons vu, ei » il n'avait rien qni attirât Foeil ; et nous lavons

0) méconnu: il nous igt |iaru un objet dsilédain, le » (lernî-er des hommes , un homme de douleurs , » et qui. saij; souffinr. Son visage était comme ca- » qhé , et il paraissait méprisable, et nous n'eu avons, » fait aucun cas. Véritablt ment il a pris sur lui nos » langueurs , et il s'est chargé lui-ijfême de nos dou- » leurs.. Nous lavons considéré comme un^lépreux, » comme un homme frappé de Dieu et humilié. » Mais il a été percé de plaies pour nos iniquités ;

1) il a été brisé pour nos crimes; le châtiment par » lequel nous devions acheter la paix est tombé )) sur lui^ et nous avons été guéris* par ses noLeur-r ')) Irissures. Kpus^nôus''etions tous égarés cooMne }) des brebis erwin tes; diacun s'était détourné pour » suivre sa propre voie , et c'est lui seul que Dieu » a chargé de l'iniquité de nous tous. Il a étésacriyyfié , parce que lui-même l'a voulu , et il n'a poj^t M ouvert la'bouche pour se plaindre; il a étémené

>» à la mort CQmpie une brebis qu'on va égorger ; ^. » il est demeuré muet comine un agneaux devant » celui qui le tond. 11 est mort au milieu desdou* » leurs ^ ayant été condamné contre lès règles de » la justice. Qui dira sa postérité , après qu'il aura )) été retratiché de la terre des vivans, et qu'il aura » été frappé à cause des primes de mÉHi peuple? Et » le Seigneur lui donnera les impies pour le prix ». de sa sépulture , et les riches pour là récompense

h (ïe sa niàH ; parce qu^il n'a point côÊSmis Viuîqiît- » té, et qvie le mensonge n'a jamais été dans sa boil- » che. Et le Seigneur a^vOulu le briser dans son in-* h .firmilé. (♦) Ç'il b>re sa tîe ponr ïe pétUé, îl verra » sa race diinT long-temps, et la volonté de Dieu )) s'accomplira pa^ son ministère. Il recueillera des

♦)) fruits abondant de ses travaux , et il en sera ras- )) sasié. Le Juste njon serviteur justifiera pai* sa* » doctrine un â|||nd nombre d'hrfttmes, et fï pnr- » fera lui-même leurs Iniquités. Cest pourquoi je » lui donnerai pour partage une peuple nonilîrrux; )) et il distribuera lui-même les dépouillés des » forts, parce qu'il s'estlivré à la mort , et qu'il a » été rangé parmi les scélérats , parce qu'il sVst )) chargé des péchés d'une multitude crimilhelle f

» )> c^qii'il a intercédé pour les coupables, r^ (h^LUI ) Les traits divers de ce tahîeau rffe peuvent convetîir ni au corps de la nation* juive y ni ay roi Josiâstué dans une bataille contre lcs'EgyptienS>ni à Ji'rémie , comtïl^ l'ont prclendu quelques fî a J> bins: il suffit pour s'en convaincre de leur en essayer

* l'application qui se trouve , sous pUasieurs ra])ports, eiHièreiHenl fausse* Mais ils contiennent exacte-'

(1 ] Le texte hilircn a itn autfc sens : « Son srpulcrc'srra donnt' à Id

» garckàes impies ; mais sontorps mort s(ra conjiék un honinte 'riciiCw

» Qndîqu'fl lirait poiiii commis de vi<»]ciice ni cT in justice' et nm^ jamais

i> h uitnsoni^e ^i la tromperie n'aient t'té dans sa lîoucne , néanmoins ïc

» Soi j;iieur a voulilir briser de.donleur pour fios projrres iniqutiés. »'

il" Jtsus-Cbrist fut enseveli psir Joseph trArimathie qui était un ho4niu«

riche } et son 8éj)ulcre fut gaftié par des soldats romains que se» ennemi»-'

y ayaieut eux-mêmes placés. ( Bible de P'cnce rei'ue par M. Drach. J

fiien t / parfaiterâen t à Jésus-Christ. îS^ous y voyonsf

Son'ohlatlon volontaire: d lia éiésacrifié», par- )) ce que lui-même Taf voald ; ( Vers. 8. ). »

Son innocence personnelle: « Il r^^a 'point corail rais d'iniquité , et le niensongç n'a (ainais été )) daiïs sa boiiclie > ( V. 9. ). >)

Son immolation poui^ nos péchés dont il eîit chînrgé : a II a été percé de plaies pdnrnas péchés; » il a élé brisé pour no» crimes-.jpDieu l'a chargé » de l'iniquité de nous tous... Il a été frappé à cause des crimes <^e ^lon peuple j ( V. 5. 6. 8. ). »

INotre salut opéré par sa passion : o JNous avons » été guéris par ses nieurtrissures... Le juste, mou )), serviteur, justifiera un grand nombre d'hommes, Q \t, 5. 4 1, )v ) » ' .

Ses souffrances ^ ^es plaies , ses humiliations : « Il est s^s btî^uté, sans éclat ; nous l'avons vu , » et il n'avait rien qui attirât l'œil, et nous lavons » méconnu : il nous a. paru un objet de dédain., le )) dernier dès hommes , un homme de douleurs , j) familiarisée avec la souffrance ; son visage était )) tomme caché, «et il paraiîjsait méprisable, «t nous » n'en avons^ fait aucun cas..; JVous l'avons considé- » ré comme un lépreux. , comme un homme frap* )) pé de Dieu et humilié, ( V. 2. 3. 4. ). ))

Son assimilation aux larrons : « 11 a ét^rangé » parmi les scélérats > ( V. 1 2. ). » ^

Sa patience inaltérable, et-sa mort#iolente: « Il n a été mené à la mort , comme une brebi» qu'on 7) ra égorger j il est demeuré muet , comm« un

( 3(»*» ) » agneau tlerant celui qui le toyd , ( V. 7. ). n-

La gloire et la puissance que lui procurera sai passion : « Il recueillera des fruits abondans de ses w travaux , et il en sera rassasié... C'est pourquoi je » lui donnerai pour partage une grande multitude » d'hommes: et il détruira les dépouilles des forls^

I) r V. it. 12. ). )y

Les prophètes ont prédit aussi que le Messie serait appelé Dieu:

(t Tl sera apprié l'Admirable , le Conseiller, DieUy i) le Fort, le Père du siècle futur, le Prince de la » paix , ( Isaïe y IX. 6. J. »- ( 1 )

« Je ferai sortir de David" un germe de justice , » et il agira selon Ténuité , et îl établira la justice » sur la terre. En^ ces jours -là , Juda sera sauTé»j » et Jérusalem habitera dans une entière assuran- » ce ; et voici le nom dont il sera appelé : Jéhova , » ( Jéremie XXXIII , 1 5. 1 6. J , » , nom qui, dans TEcrilure , est exclusivement résen'é à Dieu : les Juifs en conviennent.

Or , il est certain que Jésus-Christ est le seul personnage auquel ôti ail donné constamment le tilre de Dieu ^ et auquel on ait toujours rendu les hommages dûs à TElre-Suprême. ( 2 )

( 1 ) la S^naigogne appliquait ces paroles , comme nons , «u Messie ^ tous les aiici^îs livres le prouvent. Ce ne sont que les Rabbins moderne» qui ont ima^^iné de les appliquer au flls d^Isaïe: opinion absurde qui ne soutijL^nt pus lexarnenr

(^ 2 ) Oh trouve dans les Lettres de M. Drach, des preuves nombreuse» àk lu croyaucc des anciens Juifs à k diviâiti^ du Messie futur.

Fhfin i dans le psaume XXî , Darifl a ^\i sëS rionletus er sa gloire: « Ses mains et ses pieds pev^ )) ces , tous ses os marqués sur 3a peau , ses hahits » partagés , sa robe jetée au sort j sa lahgne abrenj) vée de fiel et de vi?iaigre n ; et pnis , tous les jx^ii-* pies de la terre s:^ souvenant du Dieu quiU avaient oublié depuis tant de siècles 4 les pauvres venant les premiers , ensuite les riches et les'puissans se convertissant au Seigïieur, toutes les nations Va dorant et le bénissant , et le Seigneur étendant son empire sut le monde isntier.

. Il y a bien d'antres prophéties relatives à Jésus- Christ , çur sa descendance de David , sur sa nais^^ Mnce d'une Vierge ( 1 ), sur sa qualité de législa-» leur , de docteur du genre humain , de pasteur, dé rédempteur ,, de prêtre, sur ses miracles , sur la conversion des nations , etc. ( 2 ). Pimr abréger ^ nous nous contenterons de faire obseiver que de l'ensemble de toutes les prédictions qui regardent le Messie , jaillit la plus vive lumière sur la mission divine du Fondaleur de la Religion chrétienne.

( 1 ) Voyez , dans le N^. ^^ de« ^nnrr&s ffr phtos. ckrf^f- , Vexamen tie la wlèl.re proplit'tie dlsaïe , ^ y II. 1 1. etc. J, extrait de la TriHstènt» teiire de M. Dracii k ses anciens coreligionnaires , dans 1 jquiile le &avant Hél>raïsant jTouve la tradition universelle des anciens peuples sur une f^ierge mère ci un Dieu ou d'un homme extraorclinaij'e.

( 2 ) Voyez les Dissertations sur les firophèties^ par M. de LaX.azfT:ie, et le Dictionnaire de théologie , paf Bergier, art- prophéties ^ V Essai sur l'indifférence , t. IV. chap. XXXll. — Voye* atissi, sur la prétendue ôb»* (uritc , ou 1 isolement de certaint» propliéties au milieu d^autrtf^ «bi^lfl § U Défende du Christianisme ji.lL p. 356 «tt?

( 308 ) « L'événement qui à reiTi|)li les propliétîes , Ait )) Pascal , est un miracle existant dopais W nais- » Hunce (le î'Kylise jns(]uVi la fin. Dieu a suscité des » prophètes durant seize cents, ans , et pendant » (piahe cents ans après , il a disperse toutes ces » praphoties, avec lous les Juifs qui les |)orlaieiit, » dans tous lés lieux du monde. Voil^ quelle a éié » la préparalion à la naissance de Jésus-Clirist , w dont l'Evangile devait être cru j>ar ^outle mon- » <Je. Il a tallu, non seulement qu'il y ait eu des » prophéties pour le faire croire , mais encore que » ces j)rophéties fussent répandut^s par tout le » monde , pour le faice embrasser par tout le raon- » de. Quasîd un ^eul hom-nie aurait f^iit un livre » des prédictions de Jésus-Christ |)our le temp^ et » pour la manièï^e , et que Jésus-Christ serait venu » couformémcnt à ces prophéties , ce serait une » force infinie. Mais il y a bien plus ici. C'est une » suite d'bomaies qui , durant quatre mille ans , » constamment et sans variation, viennent, l'un en » suite de l'autre, prédirecemênaueavènem,ent. C'est » un peuple tout entier qui .Fannonce et qui sub- )> sisle pendant quatre mille .années, pour rendre » en corps témoignage des assui^nces qu'ils en ont, » et dont îl§ ne peuvent être détournés par quel- >) ques menaces et quelque persécution qu'on leur i> fasse. Ceci eîit tout autrement considérable,( Pen- » sées y art. prophéties. ) ( ^ ). »

( 1 ) II ctl important d'dbservcr que nûn seulciBfiai le« proplié(i«t «ur

« Ef c'est up avantage , ajouterons- nous avec w Maupertuis^ qu'a la Religion chrétrentre et dont » aucune autre ne peut sre vanter , tl'avôir été an-, » noneée un grand non^bre de siècles avant qu'on « Ja vîtëclore, dans une Religion qui conserve éri- » core ces témoignages eii sa faveUl* , quoiqu'elle » soit devenue sa plus cl-uellè ennemie^ f Essai ih » philosophie morale, J. »

§.'11. PKOt>UÉTIES QUI ONT ANT^ONCÉ l'eTIT !)E8 SVifF* APRÈS LÀ TENUE DU MESSIE.

Les Juifs, dépositaires des prédictions qui annonçaient la venue de Jésus-Christ , l'ont cependant méconnu; mais cela même était prédit , et cela même confirme dès lors la vérité des prophéties qui ont fait l'objet du paragraphe précédent. <( Leur refus de croire, dit Pascal , est le fonde- « ment de notre croyance. Ceux qui ont rejeté et » crucifié Jésus-Christ , qui leur a été uh scandale, » sont ceux qui .portent les livres qui témoignent )) de lui , et qui disent qu'il sera rejeté et en scan- » dale. Ainsi « ils ont marqué que c'était lui en le » refusant , ( Pensées , art. prophéties, J, »

lesquelles cettfe remarqué a été di'jà faite , mais encore la plû))art des autres (fui regardent le Messie j sont prises |3iar lei atitebrs des Targum ou Paràphî^aises , dans te sens ^ue nous teur donhbnb : ce qui Aoob autorise h compteb pour i'ieh les ôbjectionfs des Swih rùoàtStat^ , paisc^e nous avons pour garans des auteurs jttrfs qui écrivaient dans un t^inpK où ils avaient uiTe parfaite coniiaisisaii(% des tl-aditions nationales. (^/^o^e« Jks Lettres d'un Rabbin converti , par M. Drach.J

Le Roi proplièïe avait dit : ^< La pierre que le» )) ui cliilectes oui rejelée , -eî>t devenue le chef de » tungle , ( Ps. CXVIL 22. ). v

El Ibiïe : u Nous l'avons vu , et il n'avail rien qui » mtirâl l'œil; ainsi nous lavons méconnu... Noua )) n'en avons fait aucun cas..l Nous lavons considé-r » ré comme un lépreux , comme un homme frap- )) pé de Dieu el humilié^ ( LUI, 2* 3. 4, J. »

Et Daniel : « Après soixante-deux semaines , le » Christ sera mis à mort , ( IX- 26. J. « ( 1 )

Et en même temps il avait annoncé le châtiment de Tir^crédulité des Juifs: « Un |)eupl6 , avec son » chef, qui doit yenir, détruira la ville et lesanc- » tuaire; elle (inira par une ruine entièi^e j et la » désolation à laquelle elle est condamnée lui ari) rivei'a à la fin de la guerre. Le Christ confirmera » son alliance avec plusieurs dans une (dernière ) » semaine; et dans le milieu de cette semaine, les » hosties et les sacrifices seront aholis; Tabomina- » lion de la désolation sera dans le temple ^ et la )p dcsolation durera jusqu'à la consommation , et » jusqua la fin., ( IX, 26, 27. ). »

Malàchie prédit aussi que les sacrifices des Juifs perout rejclés , et qu'un sacrifice nouveau et uni- Ci ) Ix'ii ancieus Babbinc , compilstteujrs du Tbabuud , ont reconnu qu'à la venue du Christ la Synago^çuc devait être aveujçle et incrédule : ils disent : n Au siècle où le Fils de David viendra , la nuit>on de Tensei » guetnent si'ra li^ rée à la fornication j la sagesse des Scribes rendra une i> odeur de mort... Vous u^avez pas pu voir le Dieu saint et béni, comme » il est dit dans Isaïc : Le cœur du ce pehple est endurci etc. t* ( Dic^,. d^ ^héol. art. Juifs. ) '

(311) ver^cl les remplacera: (( Mon affection n'est point » en vous^ dit le Seigneur, et je ne. recevrai point ^^ d'offrandes de votre main. Car de VOrient au » Couchant , mon nom est grand parmi les nations, j) et en tout lieu on sacrifie, et on présente à mon TU norn une oblation puce ( 1 ) , parce que mon 3) nom est grand parmi les nations, dit le Seigneur i) des armées, ( MalctcJùe , I. 10. 1 1. J« »

Voilà certes des évènemens qu if n'était pas ppsfihle à Tesprit de l'homme deptévoir, eldonLlacconiplissement n'a pu aniver fortuitement , suriofît pour les circonstances peimanentes depuis dix-linit siècles.

Or , qui ne sait que l'histoire des Juifs A: celle <les Romains nous montrent , quarante ans après la mort de Jésus-Christ, Ti(^ à la tête d'une armée mettant fin à la ré|Hiblique judaïque , s'emparant de Jérusalem , la rasant de fond en comble ; et m^algré ses ordres et les efforts de son armée pour arrêter l'incendie, le temple consumé par les flammes? Qui ne sait qu après la destruction de Jérusalem, le peuple juif a été dispersé dans Funivers, et que dix-huit cents ans sont passés sur lui , sans qu'il se. soit reconstitué en corps de nation , sans qu'il ait ni autel ni «crifice, tandis que de rOrve/i^ au Couchant , un sacrifice pur est offert à Dieu par les prêtres de la nouvelle alliance ? Fermons

( 1 ) Le mot hébreu signifie proprement oblation de pain et de vin , comme |>our désigner d'une liianière encore plus exprrssc le pain et le via qui «crvcnt à id consécration du corps et du sang de Jésu«-Christ.

J'eeil , si l'on veut, à cet accoinplis?ement si frap? j>aiàt (les prédictions de Malacbie et de Daniel: no |L*oij sidérons que l'état pttserit des Jnirs( 1 ) : cet état n"est-il j)a4 un prodige dont l'explication ne j>eut se trouver que dans le châtiment d'un grand crime, d'un crime inouï; dan* la jtistice éternelie <|iii , en punissant ce vœu impie d'un peuple déicide : Qiœ son sang retombé sur' nous et sur nos rff/if.ns y accomplit à la lettre ceà menaces terribles faites à ses ancêtres par Moï>e: %, Si tu ne veut. )) point écouter la voix du Seigneur ton Dieu , tu )) seras rnaudit dans toutes tes voies , maudit dans )) 1^ ville , maud't dans la' campagne. Lfe Seigneur . »' te frappera de démence et d'aveuglement , et d'un » prt)fond désordre d'esprit , et tu tâtoilneras en » plein midi comme un^ayetigîe dans les ténèbres, » et lu netrouver.MS point ta roule. Tu jîorteras en » tout temps le poids de l'outrage, tu seras oppti- )) nié [>ar la viQlence ^ el personne ne te délivrera. » L'étranger qui'babitfcra la terre avec loi prévau-: » dra , et s'élèvera sur toi. Tu descendras , et tu sei) ras aU-de&sous de l,ui. Uu peuple que tu ignores » dévorera le fruit de ton travail : lu supporteras }) toujours l'opprobre ; opprimé tous les jonus , tu » seras trappe de stupeur et^l'épouvante à l'aspect )) de ce cjue ttes yetix verront ; tit passeras en pro- » verbe j et tu seras là fable de tous lés peu j des chez » lesquels je te conduirai, dit le Seigneur.» (DeUté^,

( 1 ) Voyé^ le Dictionhtrin de théologie par Bcrgicr , wt. Juifs,

ponome , chap. XXf^lïi. Vers. 1 5. et suiv, )

Est-ce une prophétife ? Est-ce une histidire ?... Et cependant depuis près dfc quatre mille ans bes paroles sont écrites; ej, il y en a prè^ de d^ux mille qu'elles se voient accomplies Jitléralemenl dans lés Juifs, et que cet accomplissement. vérifie la promesse de vefv^eance que Oi^tl avait faite, par la bois^ che de Moïse, à ceux qui méconnaîlraientle Messie : M Je leur susciterai du milieu de leurs frères , » un proplèète ^(ir.iblable ci vous] et Je mettrai mes » paroles dans sa bouche, et il leur annoncer i tout » ce que je lui ordonnerai. Quifïonfjue refusera » d'écoulef les paroles que ce |>ropliète pi-ononccrà » en mon nom, moi j'en tirerai vengeance, fDèttn ter. XFIIL 18 , 19. j. » ( 1 )

Ce peuple n'a plus de pr.>^liètes pour conàoler son infortune ; tout est muet pour lui de ià part du Ciel , et la terre semble ne le porter qu'à régrbt; il est depuis si loîig-temps plongé dans les mdux ,

( i ) Ge< paroles ne sauraient être appliqu(''et \ Josue , pùiàque celui-ci avait reçu sa mtssiou lorsque Moïse annouçaitce prophète (Nutn.WWl, 18 ticj'^ et que, d'ailleurs , il d.;vait être assujétl , comme \v» autres , à consulter le grand- Prétr&Eiéazar , qui devait consulter lui-même le Seigneur p*ur Josuë comme pour les aut res : ce qui démontre que Josuë ne fut pas un prophète semblàbU à Moïse. Jésus-Ctirist est le seul prophè^ te semblable à Moïse par sa qualité de Législateur , par le don continuel des miracles , et parce qu'il a été le Libèralew^ de son peuple. Au reste , quand on entendrait ce texte tle tous les prophètes que Dieu devait envoyer aux Juifs pour leur maipfcster ses volontés , il est clair que les Juifs ûe pouvaient , sans encoitir la vengeam e divine , refuser d'écouter J. G. qui leur parlait au nom du vrai Dieu et kur prouvait sa mission , ^omme Moïse , par des miracles.

(3ii)

enivré de larmes (1)^ accablé de mépris ^qu il aurait dû chercher à s'incorporer aux autres peuples, et à supprimer tout cequi [>ouYait len distinguer, et 41 ue l'a pas même essayé. Il a vu les jours où sou Messie devait venir, s'éloigner de plus eii plus; il a vu les éi)0.qiies diverses que les Rabbins trouvaient au bout de leurs nombreuses supputations^ passer en trompant ses espérances ; et malgré le laps du temps et ses. perpétuels mécomptes, il con- ^erve , partout où il se trouve dispersé j et la nriêaio crédulité, et la même ignorance, et le même attachement obstiné à une croyance, à des pratiques, a des usages ^ à des espérances qui le rendenl odieux à toutes les nations: toléié on persécuté^ il est toujours le même; ni moins crédule , ni moins aveugle^ ni moins opiniâtre ^aux époques où il n'est pas persécuté, dans leslieux où i\ est toléré , qu'aux autres époques et dans les autres lieux. Le temps, les progrès ou la décadence des arts agissent sur tous les peuples de la terre , les réforment, les changent et les lendent absolument différens de ce qu'ils étaient à des époques plus voisines de leur origine; parmi les Juifs il ne s'est opéré aucun changement qui le rendît nâéconnaissable aux hommes des premiers siècles de l'Eglise , si ces hommes renaissaient pour examiner les nations modernes. Les peuples les plus célèbres ont disparu. Des Egyptiens ^ des

( 1 ) Expression! tirées d'un discours pfoiioncé dans une assemblée d'Israélites par M. Théodore Katisbonne , ( Ployez l'Ami de la Religion^ sefh-

Grecs , (les Romains il ne reste plus qvie des sou» venirs : ceux qui leur ont succédé habitent les pays qu'ils habitèrent, mais ils ne sont ni les restes ni les ilescendans de ces nations détruites. Et le peu* pie juif, le plus ancien du monde, honni, bafoué, vilipendeen tous lieux, subsiste en tous lieux, malgré une disper>ionqui date de dix-huit siècles; il se multiplie et se perpétue, toujours mêlé^ jamais con^ fondu avec 1rs aut es nations. D'où lui viennent ces

privilèges, <loni Thistoire n'oiTre pas d'exemple?

Ah ! reconnaissons la main de Dieu qui le conserve dans l'état de dégradation où la jeté ladeslruclioa de Jérusalem et du temple, et qui , tirant le bieu du mal y se, sert de son obstination libre et volontaire pour manifester , par l'éclatante vérité des prophéties , la vérité du Christianisme,

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