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LE MUSÉE

dans la poche des vieux professeurs de mathématiques ou sur la tête des commères de village, et qui ont porté le nom de la ville où elles ont été fabriquées, jusque dans les bourgs les plus reculés de notre vieille Europe.

Qu'y a-t-il encore? Des instruments de musique aux formes contournées, des petites figurines de bronze représentant les divinités hindoues, des pierres ouvragées provenant des débris des pagodes des environs, enfin une merveilleuse collection d'histoire naturelle.

Tous les spécimens de la faune et de la flore du pays sont rassemblés dans d'innombrables vitrines, très soigneusement préparés, très remarquablement conservés; tous les animaux qui peuplent la campagne avoisinante, ainsi que les profondeurs sauvages des plus lointaines Nilghirries, sont réunis pour le plus grand plaisir des yeux; c'est intéressant et instructif, amusant et joli.

A tout seigneur, tout honneur : le serpent occupe une place à part, et la vilaine bete est représentée par une variété d'espèces réellement prodigieuse, depuis le colossal python de seize pieds de long jusqu'au minuscule u fer de lance », grand comme une aiguille à tricoter. Par une ingénieuse disposition, à côté du reptile empaillé l'on peut voir, dans une grande cage vitrée, son frère vivant et

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remuant. La pensée que toutes ces liideuses bètes sont à peu près aussi communes dans les campagnes de ce pays que les sauterelles dans nos prairies ou les grenouilles dans nos marais, est bien faite pour donner un peu la chair de poule et inspirer la plus salutaire méfiance; et je suppose que plus d'un visiteur, en rentrant chez lui pour se coucher, après quelques heures passées en cette répugnante compagnie, doit tâter son tapis, soulever ses oreillers et ses couvertures, finalement trouver un sommeil peuplé de rêves peu séduisants.

Du musée au People's Park, il y a à peu près aussi loin que du Louvre au Jardin des plantes; dans ce pays-ci, avec ces formidables distances, auxquelles je commence à mliabituer. il n'y a qu'un pas.

Pauvre People's Park, il ne faut pas évoquer, sous les ombrages rabougris, les éternelles splendeurs du Péradiniya de Kandy ou du Cinnamon- Garden de Colombo ; quelle aridité et quelle désolation ! et pourtant, ce n'est pas l'eau qui manque ; il y a là toute une série de lacs artificiels, sans compter le « Gochrane Canal », qui longe presque

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