UN PEU D HISTOIRE
conteste, unissant l'Inde entière sous un seul gouvernement et élevant Tempire au plus haut point de sa gloire et de sa puissance.
Mais les plus belles choses Ont le plus court destin;
et, aussitôt après la mort d'Aureng-Zeb, la prospérité de l'empire mogol commença à décliner, victime d'une trop ambitieuse extension. Les gouverneurs des provinces et les représentants du Mogol tentèrent de s'affranchir et de secouer le joug. Parmi ceux-ci , le plus considérable était le nabab du Deccan, Nizam-ul-Moock, qui, nommé à ce lucratif et puissant emploi par l'empereur Mohamed-Shah, s'aperçut, Tun des premiers, que l'étoile de Delhi touchait à son déclin.
Une autre étoile venait de se lever à l'horizon politique de l'Asie, celle des Mahrattes.
Xizam-ul-Moock , en homme pratique et sans scrupules, ayant d'ailleurs de l'éducation et des lettres, fit de la fable de c Bertrand et Raton » une édition à son usage personnel. Il fit toucher du doigt au prince Mahratte la décadence de Tempirc Mogol et lança Nadir-Shah à la curée. Beaucoup d'ennemis intérieurs et extérieurs déchiraient déjà les lambeaux de l'héritage d'Aureng-Zeb; Tentrée en scène d'un nouveau compétiteur, aussi puissant
que le Mahralle, dcvail laisser au soubab du Deccan ses coudées franches. 11 ne larda pas à en profiler, à rompre définitivement le faible lien qui rallachail encore à son ancien souverain, et se proclama monarque absolu du Deccan, fondant ainsi la dynastie qui siège aujourd'hui encore sur le trône d'Hyderabad.
Du nouveau pouvoir, ainsi fondé par des moyens d'une contestable légitimité, ne disons pas trop de mal, nous, Français, car il nous fut, aussitôt né, très fidèle et très puissant allié.
Vous trouverez, fidèlement narré et impartialement critiqué, dans le beau livre du colonel Malleson, le récit de la longue odyssée qui mit, pendant la seconde moitié du xviii^ siècle, les Français aux prises avec les Anglais. Le nom du Nizam revient à toutes les pages, celui de Dupleix à toutes les lignes. Cet homme extraordinaire, après avoir réussi à faire prévaloir Tautorité des armes et du nom français dans tout le Carnatic et tout le Deccan, ayant noué avec les princes indigènes de solides amitiés, parmi lesquelles celle du Nizam était Tune des plus fermes et des plus précieuses, à la veille de donner à sa patrie le vaste empire que son ambition avait rêvé et que son génie avait presque créé, devait voir tous ses efforts rendus stériles par la criminelle incapacité du plus bon-