‹ Aux IndesChapitre 22 sur 120 · M. RAYMOND · texte numérisé non relu

M. RAYMOND

teux des gouvernemenls. Cela a beau s'être passé 1res loin et il y a déjà très longtemps; quand on voit, comme je le vois, cet admirable pays, on ne peut se défendre d'une vigoureuse poussée de rancune et de mépris.

De caractère moins pur. de cœur moins haut placé, mais d'esprit très ingénieux et dune extrême adresse, M. de Bussy devait, après le départ de Dupleix, prendre une renommée et une influence égalant presque, dans le Deccan, celle de ce dernier. Il commandait une petite armée d'élite, jouissait d'un absolu pouvoir sur l'esprit du Xizam. et son souvenir est demeuré jusqu'à nos jours très vivant en ce pays.

Moins pourtant que celui d'un autre Français, que vous ignorez sans doute, que j'ignorais aussi, je dois l'avouer, et qui, pourtant, est plus célèbre ici que Louis XIV ou Napoléon : M. Raymond.

M. Raymond avait servi pendant de longues années sous Haïder Ali; une fois les Français balayés de la péninsule indienne, il avait, comme tant d'autres, épousé la cause des princes natifs qui avaient été nos alliés, et, quand il mourut, en 1798, il commandait une petite armée de 15,000 hommes bien disciplinés et possédait plus de pouvoir que le Résident anglais. Son souvenir est resté Tobjet d'une vénération extraordinaire,

sur laquelle je reviendrai loul à Iheure, car elle est fort typique et curieuse.

Avec M. Raymond, les armes et le nom français disparaissent du Deccan.

Abandonné à lui-même, le .\izam resta pendant de longues années en guerre, d'abord avec les Mahraltes, puis avec les Anglais, et finit par succomber devant Talliance de ces deux ennemis. Il est, depuis, resté pour l'Angleterre un allié fidèle, mais ombrageux et fier. Il a toute sorte de raisons, d'ailleurs, pour estimer très haut le prix d'une amitié qui tira naguère la Grande-Bretagne <l'un très mauvais pas.

Vous avez tous présente à la mémoire Thistoire de la grande révolte de 1857 ; nous retrouverons plus tard, dans le \ord, le souvenir et les traces des atrocités qui la signalèrent, et le moment sera venu alors de chercher à en tirer une philosophie et à comprendre comment la domination anglaise put résister à ce terrible choc. Mais nous pouvons indiquer tout de suite que la principale raison fut la radicale absence de tout sentiment de nationalité ou de patriotisme dans ce soulèvement, qui ne fut autre chose quune rébellion militaire, purement locale et limitée à Tarmée du Bengale. Si les corps de troupes des résidences de Bombay et de Madras avaient suivi le mouvement, il est hors de doute

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