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LA RÉSIDENCE

énorme banian dont le tronc ne mesure pas moins de 30 pieds de tour et dont Mrs Plowden n'est pas médiocrement fière, à fort juste titre, enfouissent les belles allées sinueuses dans la sérénité rafraîchissante de leurs ombrages. C'est exquis de retrouver dans ces beaux salons tous les raffinements d'un luxe parisien de haut goût, et dans les vertes frondaisons de ces jardins enchantés la fraîcheur des sites familiers de notre si lointaine Europe. .J'y ai passé des heures charmantes et S. Exe. le Résident peut se vanter d'avoir fait de moi un homme pleinement heureux.

Ces lieux pacifiques n'ont pas toujours été aussi calmes, et les échos de ces profonds ombrages ont retenti naguère de clameurs guerrières. A maintes reprises, la population d'Hyderabad s'est soulevée et, notamment en 1857, Tagitation venue du Nord a failli se propager jusqu'ici. La Résidence a dû soutenir un véritable siège qui, fort heureusement, s'est terminé le mieux du monde. Mais l'on se tient, depuis, fort prudemment sur ses gardes : le parc est enclos dans un robuste mur bastionné, et de nombreux canons profilent sur les parapets leurs silhouettes rassurantes. Un piquet de 350 hommes, commandés par un major, est de service journellement, et si, ce qu'à Dieu ne plaise! les mauvais jours devaient revenir, j'ai la

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joie de conslaler que le très aimable Mr Plowden

serait bien gardé

11 est trop lard, aujourd'hui, pour visiter la cilé, elle mérite mieux qu'une rapide inspection, et ce ne sera pas trop que d'y consacrer toute notre journée de demain; d'ailleurs, c'est l'heure du polo, el le polo, c'est sacré.

Le Résident, sa famille et sa maison, militaire et civile, sont, avec votre humble serviteur, les seuls Européens qui résident dans l'ac^glomération d'Hyderabad; la ville anglaise» esl à six milles d'ici, elle a i)Our nom Secunderabad, autrement dit ville d'Alexandre, sans que je sache très bien d'où lui vient ce nom fameux, car je ne pense pas, sauf erreur, que les incursions du glorieux Macédonien soient venues jusqu'ici. C'est, naturellement, à Secunderabad que se joue le polo, et c'est là que nous allons. La route qui nous y mène, située sur les bords d'un étang parsemé de rochers très suftîsamment romantiques, est pittoresque et gaie. C'est le rendez-vous du monde fashionable, et la fashion d'tiyderabad est, comme vous le pensez, fort cosmopolite et bigarrée.

Les Anglais, en très grand nombre, car Secun-

FORTUNES ENDORMIES. 9i

clerabad est ruii des camps retranchés les plus importants des Indes, ont de très beaux chevaux et de très magnifiques équipages; ce n'est pourtant pas à eux que revient la palme. Incomparablement plus opulents sont les équipages des nababs, des rajahs, de toute la noblesse musulmane ou hindoue, qui font de la cour du Xizam Tune des plus fastueuses du mond{\

Il y a ici des fortunes prodigieuses : M. Cotteau déplore que les innombrables millions qu'elles représentent dorment stériles au fond des cotïres-forts et que les valeurs du gouvernement, les grandes entreprises de travaux publics, etc., jouissent auprès des capitaux indigènes d'une faveur négative. Mon Dieu, certainement avec tant de millions on aurait pu faire bien des choses; ce que les nababs en font ne me semble pas déjà si béte : ils achètent de jolis bijoux, de jolis chevaux et de jolies femmes,... qui donc leur jetterait la pierre? Pas moi, à coup sùrl

Du polo lui-même je ne vous dirais rien que je ne vous aie déjà dit à Madras. J'y retrouve le même accueil empressé, la même aimable société, les mêmes jolis poneys allants et vigoureux, et le même beau jeu bellement joué!

19 février.

<( My floar Lioiitoiinnl,

« An Eléphant will be ready for yoii and yonr iViend to morrow morning al 8 .'iO a. m. al Sir Salar Jung's Palace in the City »

Voilà comment débute une lettre que le très aimable aide de camp du Résident, captain H. A. Lane, m'a envoyée hier soir, comme j'étais de retour à rhôtel, après un exquis dîner à la Résidence, où il avait été longuement question de la Cité, de nos désirs de la visiter et des meilleurs moyens à employer pour mener à bien cette visite.

Il y a quelque vingt ans, c'était toute une afïaire que cette excursion : la population, très ombrageuse, fière et extraordinairement fanatique, témoignait sa haine contre les Européens de la manière la plus significative; il était déjà délicat

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