‹ Aux IndesChapitre 43 sur 120 · FERMONS LA PARENTHÈSE. J · texte numérisé non relu

FERMONS LA PARENTHÈSE. J

droit , peut-être même le devoir, de m'intéresser, je ne vous infligerai ni le récit de ce quej'ai fait, ni la nomenclature de ce que j'ai vu à Trimulgherry. Après un vaste tableau d'ensemble, même imparfaitement brossé, il ne sied point de s'arrêter à de maigres croquis de détail.

Nous allons donc, si vous voulez bien, déposer le harnais guerrier et redevenir simple touriste comme devant.

En revenant de Trimulgherry , comme il est plein midi, comme j'ai l'estomac vide depuis le matin, comme le soleil est d'une déplorable indiscrétion et comme la route s'allonge interminable, toute blanche, poudroyante dans l'air embrasé, je vous en demande bien pardon, mais je suis fort embarrassé de vous décrire quoi que ce soit : il y a là un trou de deux grandes heures passées à somnoler, inerte et ruisselant sous la capote de ma voiture.

Une éclaircie pourtant, un réveil de quelques minutes à deux milles environ avant le retour à l'hôtel.

Au sommet d'une petite colline arrondie dont la route contourne la base, se dressent, au milieu

de larges banians, trois tours massives, basses et trapues, toutes blanches, sans une ouverture, sans un ornement sur les frustes parements de la maçonnerie.

Dans les rameaux serrés des arbres voisins, une mullitude de taches sombres, immobiles, semblant quelque énigmatique floraison monstrueuse, quelque assemblage inquiétant de lourdes grappes vivantes. Dans les airs, très haut dans le bleu, les grands vols circulaires des oiseaux de proie tournoyant par centaines dans la flamboyante lumière.

Par moments, l'un d'eux se détache de l'aérien tourbillon, se laisse tomber tout droit, comme une masse, les ailes repliées, plane quelques instants, avec de bruyants battements précipités, au-dessus de Tune des tours, puis s'y engoufl're soudain, pour bientôt reparaître emportant en son bec rougi quelque chose d'innommable et d'ensanglanté.

Nous sommes au cimetière parsi, et ces lourdes constructions blanches qui écrasent la petite colline sous la masse de leurs pesantes maçonneries ne sont autres que les fameuses u Tours du Silence ».

Je ne vous apprendrai pas que les Parsis, très nombreux en ce pays, sont les derniers fidèles du culte de Zoroastre, qu'ils adorent le soleil et qu'ils

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