‹ Aux IndesChapitre 5 sur 120 · DUPLEIX · texte numérisé non relu

DUPLEIX

France. Que de choses entre ces deux .dates (( 174:2-17o4 » gravées sur le socle! que de gloire, que de génie, que d'infortune et de souffrances imméritées I Quelle pitié aussi de penser que c'est tout juste s'il a pu rester quelques acres de terre française pour porter l'image de celui qui avait rêvé de donner à la France le plus merveilleux des empires coloniaux I Si l'âme de Dupleix pouvait passer dans cette effigie de bronze, de quelle amertume ne serait-elle pas inondée I si les yeux de la noble figure pouvaient un instant s'éclairer, quelle tristesse y passerait en voyant si près d'elle, à quelques centaines de toises, flotter le pavillon britannique, si profondément, si souvent humilié naguère !

Encadrant la statue, rangés en demi-cercle autour d'elle, s'élèvent huit piliers en pierre grise curieusement sculptée et ornée, pareils de tout point à ceux que nous voyions l'autre jour dans les pagodes de Trichinopoly. Le nabab de Carnatic en fit naguère hommage à Dupleix, lorsque celui-ci était à l'apogée de sa puissance. Ces colonnes soutenaient le plafond du sanctuaire dans le temple de Gingi, et cette sainte provenance accuse l'inestimable valeur d'un tel présent : on a bien fait de les dresser toutes proches de l'image du grand homme, elles forment un cadre digne de lui.

Derrière, voici un kiosque tout pareil à ceux qui font Tornement des promenades de nos sous-préfectures; au crépuscule la musique des cipayes s'y fait entendre, les dames de la ville font les cent pas aux sons de pots pourris serinant le Domino noir ou le Pré aux Clercs; les toilettes « dernier paquebot » sont arborées et épluchées, les petits potins vont leur train, c'est une amusante et touchante évocation du pays.

J'en aurai fini avec les monuments que renferme la ville blanche quand j'aurai mentionné la a Cour d'appel ». L'édifice est quelconque, mais il abrite les délibérations de plusieurs tribunaux et les travaux de nombreux magistrats.

Oh, ces magistrats! les Anglais nous les reprochent-ils assez !

Vous savez que, même chez nous, c'est plaisanterie courante que de prétendre qu'en nos colonies on ne sait cultiver autre chose que le u fonctionnaire »; les Anglais, renchérissant tout naturellement, n'ont pas assez de moqueries à ce sujet, et rien n'égale la joie triomphante qu'ils ont à proclamer que notre petite ville de Pondichéry a plus de juges à elle seule que toute leur présidence de Madras.... D'abord il faudrait vérifier le fait, et nos bons voisins feraient bien de nnéditer la fable de la Paille et la Poutre, car enfin leurs fils de

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