‹ Aux IndesChapitre 60 sur 120 · INVASION DE SINGES · texte numérisé non relu

INVASION DE SINGES

gourmander les négligents petits bonshommes qui mont si mal gardé,... désastre! je ne peux pas mettre la main sur mon « inexpressible )>.

Même sous les tropiques, un homme en bannière est un objet fort ridicule, et, comme mes compagnons rentrent au bivouac juste au moment où je saute de mon lit dans ce simple appareil, un immense éclat de rire accueille mon apparition; éclat de rire qui redouble, lorsque le capitaine Boardman, désignant le sommet de Tarbre qui abrilait ma tonga, me montre ma pauvre culotte entre les pattes d'un vilain macaque qui lagite désespérément, et fait dégringoler mes clefs, ma bourse, mon couteau, ma pipe,... une vraie pluie.

Mon premier geste est de sauter sur mon fusil et de mettre en joue la sale bête, mais Boardman m'arrête incontinent. Ou'allais-je faire? Tuer, en présence de tous nos shikaris, fervents serviteurs de Vishnou, Tanimal entre tous sacré, quelle inconséquence! sans compter que Tinnombrable tribu qui peuple les arbres voisins pourrait fort bien chercher à venger la mort d'un des siens, et que je n"ai nulle envie de faire connaissance de trop près avec les millions de dents acérées qui, sous les babines retroussées, brillent éblouissantes, toutes blanches dans la verdure sombre.

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Un sliikaiM grimpe lestement à Tarbrc et, fort heureusement, le macaciue, prenant peur, lûehe enfin mon indispensable vêtement,... mais dans quel état, mon Dieu! Il na pas fallu moins de plusieurs heures à mon boy pour lui faire subir les lavages et raccommodages nécessaires, et encore n'est-ce qu'avec la plus extrême répugnance que je me résigne à Tenfiler à nouveau, il me semble que je sens le singe à dix pasi

Presque aussi nombreux que les singes dans ces parages, pullulent les serpents, et pour être, heureusement, moins indiscrets, ils ne constituent pas moins un voisinage [)lut(M (h'sagréable. Lorsque nous nous enfonçons dans la jungle pour faire le coup de feu, nous avons soin de nous guêtrer jusqu'à mi-cuisse, et, comme le cuir de nos houseaux est fort épais, cette indispensable précaution ne laisse pas que d'être une gêne et une fatigue : sous ce soleil de feu, tout ce qui n'est pas toile, et toile très légère, devient bien vite d'une insupportaljle chaleur; il faut pourtant nous résigner, car nous rencontrons des reptiles, pour ainsi dire, à chaque pas.

Quelques-uns sont inoffensifs : entre autres, un

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