‹ Aux IndesChapitre 62 sur 120 · CAPTURE D L"N COBRA · texte numérisé non relu

CAPTURE D L"N COBRA

dieux; ils se bornent, le plus souvent, à sortir d'un sac tout un grouillement de bêtes rampantes et visqueuses, à leur jouer sur un galoubet une ritournelle de trilles monotones et faux, et à les exciter en leur présentant des chifïbns d'étoffe rouge. Les cobras se dressent sur leur queue, dardent leur langue fourchue, et, en signe de colère^ gonflent cette étrange poche qui leur sert de cou, sur laquelle se dessine grossièrement la forme d'un lorgnon fd'où le nom de « serpent à lunettes »), Le spectacle, curieux la première fois, devient vite assommant, d'autant qu'il ne présente même pas l'attrait du danger, le premier soin des jongleurs étant, naturellement, d'arracher les crocs de leurs vilains « sujets ».

Mais ce qui serait tout à fait intéressant, par exemple, serait précisément de voir ces opérations préliminaires : la capture du cobra et l'arrachement des crocs. C'est ce spectacle que nous demandons au shikari de nous donner. Comme, à ce jeu dangereux, notre bonhomme risque sa peau, nous lui promettons, en cas de réussite, cinq roupies,... somme énorme, dit le capitaine Boardman, qui ne pense pas qu'une peau d'Hindou ait jamais pu valoir si cherl

Nous quittons le bivouac et nous nous mettons en quête : la recherche n'est pas longue, cinq

minutes à peine, et, à moins de cent mètres de notre campement, le shikari nous montrant un las de feuilles sèches : « You see? master, hère... cobra I »

Eflcctivement un reptile est là, immobile et semblant dormir; à pasl'urtifs et étouiïes, retenant son souffle, s'approc liant en une sorte de marche rampante, notre homme arrive à coté de la bête qui ne s'aperçoit pas du danger qui la menace; brusquement, en une foudroyante détente du bras, le poignet du shikari s'abat,... moment d'inoubliable émotion,... mais la main se relève aussit(M, tenant étroitement serré le cou du cobra, tout contre la tête, faisant, par la rudesse de l'étreinte, l'affreuse bète momentanément inofl'ensive. Voilà le premier acte joué.

Comme je n'ai pas Tame plus dure qu'un autre, je ne vous cache pas que je suis tout palpitant d'émotion; j'ai beau me dire, en effet, que l'homme n'en est pas à son coup d'essai, la pensée qu'une maladresse, une distraction, un simple relâchement des doigts, tueraient cet homme aussi sûrement qu'une balle de revolver tirée à bout portant, est infiniment désagréable, sans compter qu'il s'y mêle une vague appréhension personnelle. Oui me dit que, si le shikari rate son coup, l'horrible hête ne tournera pas sa fureur contre nous? Il se

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