VIII PRÉFACE
application la plus détaillée, car un principe qui ne vivifie pas les plus menus détails de l'existence quotidienne n'est qu'une abstraction desséchée, morte.
À examiner de près et avec la plus entière sincérité la vie de nos instituteurs, on ne tarde pas à les aimer pour leurs efforts et pour leur vaillance. Cependant cette année ils n'ont point été ménagés. Un romancier a eu la prétention, sans en rien connaitre, de peindre la vie de l’institutrice en province. Le roman est un roman naturaliste : l'auteur a imaginé des anecdotes grossières, voire même ordurières : ses personnages sont uniformément grotesques et ignobles. L'œuvre, dans les détails et dans l’ensemble, est d'une fausseté complète. Elle est d'ailleurs illisible : aussi n'est-ce point du roman que nous parlons, mais de la presse parisienne qui, à son propos, a témoigné d’une ignorance déplorable des choses de l'enseignement primaire.
Plus récemment la plus importante Revue française publiait sur les femmes qui enseignent, un article inspiré par l'esprit de parti, et que nous considérons comme regrettable à tous égards. L'aveuglement des « classes dirigeantes » qui perdent peu à peu, par leur faute, la direction des esprits, est inquiétante pour l'avenir.
M. Buisson l’a dit récemment en excellents termes:
« Jusqu'à quand durera donc en France cet aveuglement, jusqu'à quand ce parti pris chez ceux qui font l'opinion ? Quand donc se trouvera-t-il